‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 48 sur 203 · Cf. Théétète, 143 D, et Mémorables, IV · texte numérisé non relu

Cf. Théétète, 143 D, et Mémorables, IV

2. Voir notamment p. 834. — A ce propos •Teichmiiller plaisante les biographes qui, un atlas en mains, croient pouvoir décider de l'itinéraire suivi par tel ou tel savant de l'antiquité au cours de ses voyages.

lui parait le plus décisif, il n'y a rien là qui doive surprendre.

Pour les uns, il voulait par une initiation approfondie aux sciences exactes, et notamment à Tastronomie, se rendre capable de pénétrer dans les secrets delà mathématique de Pythagore*. II est certain qu'en Egypte ce genre d'étude était en grand honneur *, encore que la multitude des observations pratiques n'y eût contribué que médiocrement au développement de la théorie.

D autres^ et c'est le plus grand nombre, songent surtout aux symboles en usage dans Tart hiératique ^ Strabon raconte qu'oQ lui montra aux portes d'un temple d'Héliopolis la maison où Platon, disait-on, avait passé treize ans avec Eudoxe: et Proclus, jaloux de passer pour mieux renseigné encore, n'hésite pas à nous donner les noms des prêtres dont il s'était fait le disciple *. Ceci montre tout au plus, dit Steinhart, que déjà dans l'antiquité les cicérone avaient une imagination ingénieuse. Diogène Laêrce donne Euripide pour compagnon de voyage au philosophe: assertion ridicule, ce poète étant mort sept ans avant Socrate.

Combien de temps Platon passa-t-il en Egypte 5? Ce voyage se place-t-il avant ou après celui qu'il fit en Italie * ? Se préparait-il à sa vocation future ou, comme quelques auteurs le pré-

1* Cf. Apulée : « Quod Pythagoreorum ingenium adjutum aliis disciplinis wnliebal » : assertion qui devait trouver et qui a trouvé en effet grande faveur auprès de toute l'école néo-platonicienne.

2. On lit déjà dans Aristote, MéL, I, 1, 981 b 23 : Aïo irep\ Ar-rvirtov al P*^|WTixa\ icpûTOv xé^vai auvéffTYio'av' exet ^àp àçeîôr) a-/oXa!îeiv xh tûv lepétov ^<»;.-Gf. Hérodote, II. 102, — Diodore de Sicile, I. 69 et 81.

3. Diogône Laêrce, III, 6, — Plutarque, Isis et Osirii, 10, — Apulée, de %«. Plat., 3 : « Astrologiam adusque iEgyptum ivit petitum, ut inde prophelarum etiam ritus addisceret »,— Olympiodore, 2, et la 28« lettre socratique, dont l'origine est incontestablement apocryphe.

i* Clément d'Alexandrie nomme également, parmi les maîtres de Platon à Héliopolis, un Juif nommé Sechnuphis {Stromates, I, 15).

5. Stallbaum suppose que Platon ne quitta pas l'Egypte avant 389 et ^l'ï'aossitôt après il repartit d'Athènes pour Syracuse.

^' Parmi les partisans de cette dernière opinion, je remarque Quintilion (^» 14) : V Non contentas disciplinis quas praestare poterant Athonaj, non pythagoreorum ad quos in Italiam navigaverat, iEgypti quoque sacerdotes *<^t, atque eorum arcana perdidicit. »

tendent, était-il déjà en possession d'une célébrité véritable ^ ? Sur tous ces points la tradition est flottante : mais outre que ces incertitudes se retrouvent dans presque toutes les biographies que nous a laissées l'antiquité, elles doivent d'autant moins nous préoccuper que dans les écrits de Platon des allusions indirectes et néanmoins suffisamment explicites attestent qu'il avait vu de ses yeux la terre des anciens Pharaons.

Ainsi cette légende à la fois si curieuse et si profonde de l'invention des lettres et des sciences par Theuth, légende esquissée dans le Philèbe et si ingénieusement développée dans le Phèdre^ y ne trahit-elle pas immédiatement son origine? N'est-ce pas un témoin oculaire qui en plus d'un passage décrit le régime des castes, tel qu'il se pratiquait en Egypte ^ ? Quand Platon signale la religieuse sollicitude avec laquelle les souvenirs historiques sont conservés dans les temples ^, ou qu'il vante la perpétuité des institutions et des coutumes égyptiennes % n^est-ce pas pour avoir constaté par lui-même et admiré rharmonie et la stabilité sociales qui en étaient le résultat ? En dehors de la Grèce, il n'est aucun pays dont la mention revienne aussi fréquemment sous sa plume ; quand on parle avec tant d'empressement d'une contrée, de ses lois, de ses usages,

1. Voici comment s'exprime Valère Maxime (VIII, 7) dans un langage bien digne d'un rhéteur : « ^Egyptum peragravit (Plato), dum a sacerdotibus ejus gentis geometriae multiplices numéros, atque caelestium obserTationum rationem percepit. Quoque tempore a studiosis juvenibus certatim AtbensB Platonem doctorem qua^rentibus petebantur, ipse Nili fluminis inexplicabiles ripas, vaslissimosque campos, effusam barbariem et flexuosos fossarum ambitus, iËgyptiorum senum discipulus lustrabat. » — Saint Jérôme {Adv. Buf.) semble favorable à cette 'supposition : « Quoique maître et paissant à Athènes, où sa doctrine était reçue dans toutes les écoles de l'Académie, Platon se fit voyageur et disciple. »

3. République^ IV, 433, Timée, 24 A et plusieurs passages des Lois mentionnés plus loin.

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