Timée, 23 A
5. Lois, II, 656 D. — Pour ceux qui croient à l'authenticité du Politique, ce dialogue mérite à cet égard d'être remarqué. En eflet, on peut admettre que l'auteur ne parle du caractère sacré des rois d'Egypte (290 E) que d'après la tradition ; mais les détails dans lesquels il entre sur les procédés de pisciculture en usage sur les bords du Nil trahissent la curiosité personnelle d'un voyageur (264 G).
PLATON APRÈS LA MORT DE SOGRATE i33
c'est qu'on y est amené par la vivacité d'impressions toutes personnelles. — On objecte que Platon a fort incomplètement saisi leearactère spécial de l'ancienne civilisation égyptienne. — Mais quel est l'écrivain ancien, quel est, avant ChampoUion, le voyageur moderne qui soit à Tabri de ce reproche ?
Il convient donc sur cette question de s'en rapporter au témoignage unanime des anciens ^ plutôt qu'aux scrupules peu justifiés de certains critiques de notre siècle ^. Gardons-nous toutefois d'exagérer les emprunts faits par Platon à l'Egypte ^. Entre l'organisation sociale qui avait prévalu dans cette contrée et le gouvernement idéal de la République^ il y a des analogies incontestables : cependant l'Etat rêvé par le philosophe grec exclut absolument la caste sacerdotale, toute-puissante au contraire à Thèbes et à Memphis. Si Platon loue l'éducation scientifique qu'y reçoit la jeunesse *, il la blâme d'être trop exclusive et parla même d'allumer trop facilement dans les âmes la soif du gain ^ De même il condamne en termes exprès les mesures de rigueur longtemps opposées à l'établissement des étrangers *• Platon a jugé cette civilisation si différente de celle
1. Aux textes cités précédemment il faut ajouter : Gicéron, de Rep,, 1, 10, De Fimbus, V, 29. — Strabon, XVII, 806. — Diodore, I, 96. — Pline, Hist. 'w/.,XXX, 2. — Lucain, Pharsale, X, 181. — Pausanias, IV, 32.
2. Niebuhr {Kleine hist. und phil. schrifteriy 1828, p. 475) avait révoqué en doute le voyage de Platon en Egypte, que M. Chassang (Histoire du roman ^ tantiquité grecque et latine, p. 198) croit supposé pour répandre par un ^ait matériel et sensible l'opinion de riniluence exercée par la sagesse égyptienne gur la philosophie grecque. M. von Stein se contente d'affirmer que le fait ne repose sur aucune base certaine : a Ërweislich ist der ^Egyptische Anfenthalt keinenfalls, selbst wenn er Thatsache gewesen sein soUte. » {Skhen Bûcher zur Geschiçhte des Platonismus, II, 173.)
3. Cf. L. Ménard, Les ouvrages hermétiques. — Ce qui domina en Egypte, Aous dit-on, au point de faire négliger tout le reste, ce fut Tidée de TÊtre ^n et de son imitation par l'homme, appelé à être bon comme lui. Sommes-nous en présence d'un rapprochement purement fortuit avec le rôle prépondérant joué dans la doctrine de Platon par l'idée du Bien? En toute hypothèse il y a loin do considérations morales, si admirables qu'on les appose, à la profonde syntiièse d'un système philosophique.
*. Lois, VII, 819 A.
5. Uis, V, 747 G et II, 657 A. Platon va môme jusqu'à employer cette expression : icovoupyta àvTl ao^iaç.