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d'Athènes sans préveDtioD, mais sans enthousiasme. Isocrate parle quelque part de philosophes renommés dont l*Égyple est ridéal; s'il pensait à Platon, il s'est trompé, et en tout cas il est plus exact de répéter à la suite de Philostrate ^ : « Platon s*est servi de ce qu'il a emprunté aux prêtres et aux devins de l'Egypte comme un peintre qui prendrait une esquisse pour l'enrichir des plus brillantes couleurs. »
Après son séjour en Egypte, Platon a-t-il pénétré plus avant dans rOrient ? Diogène Laerce et Apulée lui attribuent le pro* jet de visiter la Perse ; mais, ajoutent-ils, les guerres d'Asie l'en détournèrent ^. De quelles guerres ont-ils voulu parler? L'histoire ne nous suggère aucune réponse. L'initiation de Platon à la magie orientale n'en est pas moins uue tradition courante dans l'antiquité, au moins depuis le premier siècle avant notre ère ^ Nous avons vu précédemment pourquoi cette étrange assertion a obtenu si facile créance. Au temps de Strabon, d'Apulée et de Philostrate, par exemple, les regards se tournaient comme d'eux-mêmes vers l'Orient : dès lors on comprend sans trop de peine comment ces érudits d'ailleurs si peu philosophes, oubliant ce qui s'enseignait de longue date à Eleusis et ce que nous pouvons à cette heure encore lire dans Homère et dans Pindare, ont été conduits à se représenter Platon comme redevable aux brahmanes et aux gymnosophistes de l'Inde de ses théories si profondes sur les récompenses et les châtiments de l'autre vie *.
1. Vie d'Apollonius, I, 2. — C'est à l'Egypte que Proclus rapporte les hypothèses et les allégories cosmogoniqucs auxquelles aboutit le Phédon.
2. Apulée. 159 : « Ad Indos et magos intendisset aniinum, nisi eum bella tune vetnissont Asiatica. » Il ne peut être ici question de la lutte entre Artaxerxès et son frère Gyrus, laquelle se dénoua d'une façon si tragique pour ce dernier à la bataille de Gunaxa.
3. Gicéron, Tusculanes, IV, 19. — Pline, IHsL nat.y XXX, 2. — Glémenl d'Alexandrie. Cohorl., 46 A. — Laclance, IV, 2. — Olympiodore, 4 : 'A^i- XSTO gîç Tr|v 4>oivix(av xal (xctYo:; èxeî èvtuowv napé/.aps ttiv (jLaYtxr,v. — Le biographe anonyme : Eïta éXOtov st; 4>&ivixf,v/iiepiéTU-/£^ èxgî TUp(7ai; xal ëpiaôc Tiap 'aÙTOÏ; ttjV Zwpoâaxpo'j -j^aiSsiav.
4. Gf. Philoslrate, Vie d'Apollonius, III, 6 et VI, 6, et Apulée (Florides, XV) lequel après avoir parlé des maîtres que Platon put entendre sur la terre
Quant aux assertions semblables de certains modernes, malgré Tapparence de démonstration historiquedont elles se réclament, il suffit de rappeler que ceux mêmes dont la conviction paraissait d'abord le plus assurée ont été peu à peu obligés par l'évidence à abandonner leurs premières affirmations. Laissons aux néo-platoniciens, quatre et huit siècles plus tard, l'honneur iDContestable d'étaler leurs relations personnelles avec des sages plus ou moins authentiques venus en Syrie et en Egypte des bordsdel'InduSjde TAraspe ou del'Euphrate. Platon a recueilli ce que de vagues traditions lui apportaient des croyances de ces pays lointains : il n'a pas songé, le premier ou l'un des premiers entre les Grecs, à se faire, lui l'un des maîtres de la science et de la raison helléniques, l'élève et l'adepte crédule des rêveries d'ailleurs à peine connues qui avaient alors cours en Orient.
De l'Egypte, où au contraire tout est prêt dès lors pour la naissance d'un nouveau foyer d'hellénisme, Platon passa selon toute apparence en Sicile et en Italie. Peut-être fit-il dansTintervalle un court séjour à Athènes : c'est un point qu'on ne peut établir avec certitude. Nous allons le suivre dans le pays où avait fleuri moins d'un siècle auparavant la ph ilosophie de Py thagore, plus tard celle de Xénophane : quoi d'étonnant si, à la différence du précédent, un tel voyage a exercé une réelle influence sur les transformations ultérieures do l'enseignement platonicien ?