Plutarque, Dion
Daicis inexpertis caltura poteniis amici, Experius metuit.
Tous les récits s'accordent à constater que pour avoir parl^ avec trop de franchise il faillit payer son courage de sa liberté, presque de sa vie. « Ces discours sont d'un vieillard qui n'est qu'un radoteur », lui disait Denys, et Platon de répliquer : n Les tiens sont d'un mattre qui n'est qu'un tyran. » Au reste, la tâche entreprise ne pouvait aboutir ^ « L*àme de Denys, écrit Plutarque ^, était comme ces tablettes sur lesquelles on a beaucoup écrit. Le philosophe la trouva chargée de souillures et ne pouvant perdre cette teinture de despotisme que le temps avait rendue ineffaçable. »
Ce n'est jamais impunément qu'on affronte la mauvaise humeur d'un tyran. Reçu la veille avec transport, Platon le lendemain fut chassé avec mépris. Ici encore l'imagination des biographes n'est pas restée oisive ^ Théodoret raconte qu'il fut enchaîné et condamné aux carrières : Diodore de Sicile *, qu'il fut mis en vente sur le marché de Syracuse; d'autres, que Denys, alors allié de Sparte, le déclara prisonnier de guerre et le livra comme tel à l'ambassadeur lacédémonien PoUis, lequel, à son tour, le vendit à Ëgine comme esclave. Platon, le
1. Niebuhr, avec sa rudesse habituelle» en a fait aa philosophe un reproche amer : « Ihn traf die gerechteste Strafe durch die Verirrung, den Versuch zu machen, einen Mohrcn zu waschen, einen heillosen bœsen Buben wie Dionysius zu bekehren uod durch ihn, im Pfûhl der syrakusanischen Lasturhaftigkeit undUeppigkeit, die Philosophie auf den Thron zu setzen, und die kaum geringere Thorheit in einem von der Tyrannei so tief angesteckten Verwegnen wie Dion einen Helden und ein Idéal zu sehen. Wer hier Erfolg moglich glaubte und an einem Volke wie das attiscbe verzweifelte, der hatte es weit gebracht im Mûckensaugen und Ëlephantenyerschlingen. » {Kleine hisiorische und politische Schriflen, p. 480). — Dans sa belle édition de Démosthene M. Weil rappelle qu'Ëuphraeos, un des disciples de Platon, onyoyo par ce dernier à Perdiccas, essaya non moins inutilement d'initier ce prince aux spéculations de l'Académie^ et de monter sa cour sur un pied philosophique.