‹ La vie et l'œuvre de PlatonChapitre 98 sur 203 · E'j(i)^r,OT) 8'év iopTT,, xal virvôiv iizi^itù · texte numérisé non relu

E'j(i)^r,OT) 8'év iopTT,, xal virvôiv iizi^itù

^'I>eSeneclute. V, 13.

3. Voir Diogène Laërce, III, 37 : Dcnys d'IIalicarnasse, De composHione verborum, 25 et De adm. vi Demoslk., 51 : — Quintilien, VIJI, 6 : — Valère Maxime, VIII, 7, 3.

gesimum implovit sine ulla deductione K » Et ce qui acbëye de prouver que nous sommes ici en pleine légende, c'est ce que Sénèque ajoute aussitôt après; en apprenant cette remarquable coïncidence, des mages qui se trouvaient alors à Athènes se bâtèrent de lui sacrifier comme à un génie supérieur aux autres mortels. Une autre version, rapportée par Jean de Salisbury, qui d'ailleurs la déclare -apocryphe, explique sa mort d'une façon toute différente^. Terminons en rappelant une gracieuse fiction d*OIympiodore, d'après lequel Platon, ayant eu sur son lit de mort un songe prophétique, se vit changé en cygne volant d'arbre en arbre d'un vol rapide et déjouant les efforts des oiseleurs attachés à sa poursuite. L'invention n'est même pas un produit de la fantaisie alexandrine, car Olympiodore y ajoute l'interprétation qu'en avait donnée Simmias : ces oiseleurs, disait-il, ce sont les exégètes et les commentateurs impuissants à saisir la pensée des anciens.

Par une faveur du sort, Sophocle et Euripide étaient morts assez tôt pour ne pas voir Athènes leur patrie contrainte d'ouvrir ses portes à Torgueilleux Spartiate : par un privilège semblable, Platon, qui put sans doute soupçonner les projets ambitieux de la Macédoine, du moins ne fut pas condamné comme Isocrate à être témoin de la défaite et de l'asservissement de la Grèce. Divisée au dedans, impuissante au dehors, Athènes marchait à une décadence inévitable. Après le désastre d'iEgos- Potamos, arrachée à ses conquérants par l'énergie de Thrasybule, elle avait cherché à ressaisir l'empire de la mer. Mais la politique de ses gouvernants, sans but et sans principes, se traînait à la remorque des événements, selon l'énergique expression de Démosthène, au lieu de songer à les diriger et à les prévenir : ce ne sont que luttes mesquines et sans gloire, alliances aussitôt brisées que conclues. Pendant qu'Aristophon et Callistrate tentent de relever l'ascendant d'Athènes sinon sa puissance, Eubule et ses partisans réclament la paix à tout

Page 1