‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 100 sur 234 · Lettres patentes du 25 janvier · texte numérisé non relu

Lettres patentes du 25 janvier

3. Arrêts du Parlement (10 mars), dela Cour des aides (23mars), arrètdu Conseil cassant les deux précédents (7 mai), arrèt du Parlement (16 mai), arrêt de la Cour des aides (27 mai), enfin LEE du Conseil du Roi (8 juillet). (Arch nat., C13, H 1589.)

4. L'arrêt du Conseil, autorisant le recouvrement de l'impôt de1789,ne parvint à la Commission intermédiaire que le 3 octobre de la même année! (Rapport de la Commission intermédiaire, p. 30.)

collègues ; il était surtout l’œuvre des cours et des officiers de justice acharnés contre l'institution nouvelle, parce qu’elle menaçait les intérêts des privilégiés. Il était dû aussi à la versatilité du gouvernement, énergique avec Lamoignon, pusillanimeavec Necker. On peutse demander pourquoi ce dernier, qui détestait les Parlements, préféra capituler devant eux, alors qu’il connaissait leur esprit d'irréductible opposition. C’est sans doute parce qu'il voulait calmer au plus vite l'agitation de quelques provinces. Mais c’est aussi parce qu'il comptait sur les États généraux pour briser les résistances des privilégiés. Dans une lettre adressée à la Commission pour la blâmer d’avoir assujetti les officiers de justice et les privilégiés à la contribution en rachat de la corvée, il terminait ainsi : « Il ne faut pas ajouter sans nécessité aux embarras que les circonstances font naître, lorsque tout fait présumer qu'un nouvel ordre de choses ne tardera pas à faire disparaître ce que celui qui existe aujourd’hui peutavoir de contraire aux principes de la justice distributive‘. »

Nous ne savons si Thouret, qui avait toujours été sur la brèche, goûta ces philosophiques consolations ; il est à présumer qu'il garda de cette petite guerre un souvenir: inoubliable. On s’explique ainsi ses sentiments à l’égard des Parlements qu’il avait vus si malfaisants, et l’empressement qu’il mit à leur porterle coup de grâce (novembre 1789). D'autre part, son passage aux affaires publiques ne lui fut pas inutile; il s’était préparé, par un apprentissage parfois pénible, à servir les intérêts du pays; il avait pu se convaincre que ni la bonne volonté d’un Roi « bienfaisant », ni les réformes contradictoires de ses ministres, n'étaient des remèdes suffisants ; en un mot, que pour guérir la France, il fallait la « régénérer ».

1. Archives dela Seine-Inférieure, C 2143 (Séance du 31 décembre). La lettre de Necker est du 28 décembre : le fameux Résultat du Conseil venait de paraître. |

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