L. Les États provinciaux. — Là Normandie, pays de géné
1. I fut nommé le 21 juin (et non le 4) en remplacement de Me Jansse. (Archives inunicipales : Journaux du 21 juin 1787.) Déjà il avait plaidé
pour la ville, par exemple contre le marquis d’Estampes (ibidem,17août1775).
ralité, avait eu longtemps, comme le Languedoc ou la Bretagne, ses États particuliers où les députés des trois ordres votaient le subside annuel'. La royauté avait cessé de les convoquer depuis 1657. Mais le Parlement, gardien des droits et privilèges de la province, et spécialement de la charte normande, ne s’était jamais consolé de leur disparition. Il les redemandaiten 1759, en 1778 et plus tard encore, quand furent créées les Assemblées provinciales. On se souvient des clauses conservatoires qu’il inséra lors de leur enregistrement ?, Dès lors, ses réclamations se produisent avec une véritable obsession”. Ennemi déclaré des Assemblées provinciales, « ces tristes filles du despotisme ministériel* », c’est pour leur nuire qu’il évoquait le souvenir, cher au patriotisme local, de ces antiques assemblées, véritable représentation des trois ordres de la province. De même que le Parlement de Paris déclarait que les États généraux étaient seuls compétents pour voter de nouveaux impôts, celui de Rouen se retranchait derrière les États provinciaux. Ses remontrances, il est vrai, étaient restées sans effet : le coup d’État de mai 1788 avait brisé-sa résistance. Or, pendant qu'il se dépensait en protestations furieuses, le Dauphiné, placé dans des conditions analogues à celles de la Normandie, convoquait p&r un acte insurrectionnel ses États particuliers et refusait tout paiement d'impôts que les États généraux n'auraient pas consenti. Les arrêtés de Vizille eurent un énorme retentissement par toute la France”. En Normandie, on fut surtout frappé par
le spectacle d’une province qui restaurait d'elle-même les N
4. Cf. De la Foy. De la conslilulion du duché ou élat souverain de Normandie, 1789. d ;