De la Constitution normande, p
2. Mémoire présenté au Roi par les avocats au Parlement de Normandie (1788). IL fut envoyé par le syndic Ferry, le 4 décembre. Arch. nat., Ba 58, et Bibl. nat., Lb 39/6614.
celles de la commune de Rouen. Il fut livré à l'impression et envoyé aux différents barreaux de la province et aux autres Parlements. Celui du bailliage de Pont-l'Évêque, auquel avait appartenu Thouret, s’adressa directement au Roi, en reproduisant, sous une forme plus rude, les arguments du barreau rouennais. « Aujourd’hui ce peuple, jadis abâtardi par l'oppression, partage avec la noblesse et le clergé le sentimentde sa liberté. Or, à sa stupide faiblesse, qui le rendait peu propre à coopérer au bien de la chose publique, à succédé une sage énergie qui le rend capable de tous les sacrifices. Les droits et les devoirs de l’homme et du citoyen sont également connus de tous les ordres *, » Cette dernière phrase est significative.
Il y eut, cependant, des voix discordantes, même parmi les confrères de Thouret; un assez grand nombre d’entre eux restaient fermement attachés aux idées du Parlement, c’est-à-dire réfractaires à toute innovation”. L'un d’eux, de la Foy, le détracteur attitré de Thouret, crut devoir publier la « lettrè d'un avocat au Parlement à MM. les notables » (16 décembre 1788) *. Son analyse serait sans intérêt ; nous citerons seulement ce trait qu'il lance à Thouret : « Le rédacteur paraît avoir le despotisme dans la tête et dans le cœur, et il a justifié maladroitement les imputations graves qu’on lui a faites récèmment dans le public" ».
S'il faut en croire un autre parlementaire vieilli qui écrivait sous le premier Empire, toutes ces pétitions de villes et de corporations n'étaient nullement spontanées, mais provoquées secrètement par Necker qui comptait ainsi peser sur les notables. Même dans certaines provinces, ce seraient les intendants qui se seraient chargés d’ameuter