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CHAPITRE VIT

LA CONVOCATION DES BAILLIAGES. L'AVIS DES BONS NOR MANDS ET LA SUITE DE L'AVIS. LA POLÉMIQUE ÉLECTO- RALE (JANVIER-AVRIL 1789)

Le 24 janvier 1789, avaient enfin paru les lettres de convocation aux États généraux’; la période électorale était ouverte. Thouret, que tout dés pour être le portedrapeau du tiers état, se jeta résolument dans la mêlée.

Il comprenait qu’il fallait, avant tout, faire connaître son programme politique; c’est pour cela, qu’au mois de février, il publia coup sur coup deux petites brochures intitulées, l’une : Avis des bons Normands à leurs frères tous les bons Français, de toutes les provinces et de tous les ordres, sur l'envoi des lettres de convocation aux États généraux, et l’autre : Suite de l'Avis des bons Normands dédiée aux assemblées des FR sur la rie du cahier des pouvoirs el instructions *

Avouons-le : les premières pages de l’Avis nous décon- . certent un peu. Que d’exclamations ! que d’apostrophes ! « Citoyens respectables !'bons et honnêtes citoyens ! » etc. Le style simple et précis-du procureur-syndic est devenu emphatique et sentimental, .à l’image de Necker. L'auteur se donne une peine infinie pour démontrer à ses compatriotes la nécessité des États généraux, sans doute parce que

1. Règlement, fail par le Roi, pour l'exécution des lettres de convocation, du 24 janvier 1189, suivi de l'État des bailliages… qui députeront direclement ou indirectement aux Étals généraux ; avec le nombre de leurs députations.

2. Avis des bons Normands. Bibl. a Lb 39/1249. Suite de l’Avis, Lb 39/1250. Elles parurent sans nom d° auteur.

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tous ne la sentaient pas comme lui. Sa thèse est la suivante : l'union de toutes les classes s'impose pour quella régénération bienfaisante puisse s’accomplir. Il faut qu'étant d'accord sur la fin, on le soit aussi sur les moyens.

Quel est le principal obstacle au bien commun ? l'intérêt particulier ? IL faut le combattre à tout prix ; dans l’état de société, l'intérêt personnel se confond avec l’intérêt publie.

On ne saurait trop admirer les précautions prises par Thouret pour rassurer les privilégiés. Voici pour le clergé : « Demandez à certains ecclésiastiques ce qu'ils peuvent craindre pour le clergé? Diront-ils : la diminution de ses dignités et la spoliation de ses biens ? L'intérêt public, loin d’inspirer ces idées, les réprouve. La religion importe à l'État. Il importe à la religion de maintenir le respect dû au clergé, et il importe à toutes les classes de citoyens de ne donner aucun exemple de la violation des propriétés ‘. » À

Voici pour la noblesse : « Demandez à certains gentilshommes ce qu’ils peuvent craindre pour la noblesse. Dirontils : sa dégradation par l'introduction de l'égalité des rangs et la perte de ses prérogatives ? L'intérêt public rejette ces spéculations dont l'esprit et les mœurs de la nation rendraient d’ailleurs l'exécution impossible. » La

noblesse n’a rien à craindre ni pour ses prérogatives per-

sonnelles, ni pour ses prérogatives réelles. «Les citoyens de tous les ordres sont également possesseurs de fiefs.

le bien public est intéressé à la conservation de plusieurs

droits féodaux... Enfin, les droits féodaux sont des propriétés : ce mot dit tout pour des citoyens *. »

Quant au privilège pécuniaire, il est déjà rayé à l'avance de la liste des abus.

Voici pour la magistrature : elle n’a à craindre ni des-

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