Aujourd’hui lycée Corneille
4. Le baïlliage principal de Gisors n'existait plus depuis 1772 ; il avait été érigé en duché-pairie en faveur du duc de Penthièvre. Les sièges qui en dépendaient étaient devenus des hautes-justices. Charleval seul avait été conservé comme bailliage royal. Or, le règlement du 24 janvier n’attribuait au bailliage de Rouen, y compris Gisors, que quatre députés. Il y eut des réclamations, dont celle de Thouret (lettre du 3 janvier à Necker). Un nouveau règlement royal, du 10 mars, attribuait aux hautes justices, ainsi qu’à Charleval, oublié, la qualité de bailliages secondaires de celui de Rouen. Arch. nat. (Ba 76,3; Bibl. nat. Le 28/12.)
Une messe célébrée par le cardinal, un discours prononcé par le président Boullenger, l'appel nominal, le serment prêté par les députés occupèrent cette première journée. Puis les trois ordres se séparèrent pour procéder à la rédaction de leurs cahiers *.
Allait-on voir se renouveler les scènes tumultueuses qui avaient marqué les séances de l'assemblée préliminaire ? Il ne pouvait y avoir de difficulté sérieuse entre le bailliage de Rouen et ses secondaires, puisque sur les huit sièges à pourvoir, trois étaient déjà réservés à la ville et un à sa banlieue. Mais on pouvait craindre que la lutte ne se rouvrît au sujet du cahier. Sur les quarante et un commissaires nommés pour l'unification des onze cahiers, la ville de Rouen n'en comptait que six, soit trois négociants et trois avocats, suivant la proportion invariable ; Thouret était en première ligne *. Le soir du troisième jour, il donnait aux commissaires lecture du cahier commun, qui était examiné article par article; le surlendemain il recommençait devant l’assemblée générale.
Nous ne possédons malheureusement pas ce cahier du bailliage principal; il est mème fort douteux qu'on le retrouve jamais. Mais tout porte à croire qu'il s'écartait assez peu du cahier du bailliage ordinaire, qui avait servi de modèle. La conformité des vœux politiques s'explique tout naturellement, si l’onsonge que la plupart des cahiers des bailliages secondaires s'étaient inspirés de la Suite de l'Avis des bons Normands. Dans leurs assemblées, l’influence des gens de loi et parfois des grands industriels, secondée par les lieutenants-généraux, s'était exercée avec la même activité qu’à Rouen, non sans prêter aux.
1. Procès-verbal des séances de l'assemblée générale des trois ordres du .bailliage principal de Rouen, les 15, 25 et 27 avril 1189. (Ba 76,6). Procès- verbal de l'assemblée générale des députés du tiers-état des villes, bourgs paroisses et communautés de campagne... du bailliage principal de Rouen el de'ses secondaires. Arch. nat.:(Ba 76/7.)