Liste des commissaires... Arch. nat. Ba
mêmes récriminations des intérêts qui se croyaient lésés !. Avant de se mettre à l'ouvrage, l’assemblée du tiers état décida d'envoyer une députation au clergé ainsi qu’à la noblesse. Ce fut Thouret qui porta deux fois la parole en son nom. Il se tira fort bien de cette mission délicate. Les nobles entendirent avec plaisir des phrases comme celle-ci : « Bien éloigné de méconnaître ou d’envier les prérogatives qui marquent la distinction des rangs, le tiers état fonde ses espérances en vous sur le principe même et l’objet de cette distinction? ». S’agissait-il là d’une démarche de pure bienséance ? Il est permis de penser que Thouret, quin’avait pas renoncé à son idée de faire rédiger un cahier commun aux trois ordres, venait en ambassade, non pas imposer au clergé et à la noblesse la renonciation à leurs privilèges pécuniairés, mais la leur suggérer : « Votre titre à nos respects est le même qui établit nos droits à votre justice * ». | __ Ces flatteuses avances se heurtaient à un parti pris absolu. Alors que dans le reste du royaume les nobles avaient fait, en général, l’abandon de leurs privilèges pécuniaires, ceux du bailliage de Rouen prescrivaient à leurs députés de déclarer « que la noblesse n'a à céder aucun de ses droits, aucune de ses prérogatives ». Ils proclamaient « que la nation est divisée en trois ordres, tellement distincts et indépendants que l'un ne peut être assujetti par les délibérations des deux autres ». Peu leur importait le vœu du pays en faveur d'une constitution : la