‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 146 sur 234 · Point du Jour, t. VHE, séance du 47 mars · texte numérisé non relu

Point du Jour, t. VHE, séance du 47 mars

3. Thibaudeau était de cet avis : « Des pensions, comme le proposent plusieurs de nos publicistes, pourraient n'être pas payées exactement, par mille événements qui peuvent survenir. » (Correspondance, p. 24.)

décidée... Depuis quand l’objet disponible n’appartient-il plus à celui qui en a la disposition? La religion est désintéressée dans la question. On dit que les biens du clergé appartiennent aux églises : c’est un sophisme. Dans tous les temps Les propriétés affectées au service des églises ont été soumises au chef de l’administration; à plus forte raison doivent-elles l’être à la nation elle-même. Si la nation a le droit de toucher à une partie, elle peut toucher au tout. Elle ne pourrait toucher à une partie si l’ensemble, si la totalité n’était à sa disposition. La société peut pourvoir, si bon lui semble, aux frais du culte, au soulagement des pauvres. Elle peut cesser de salarier en fonds de terre les ministres ; son devoir est de leur procurer un honnête nécessaire, une aisance apostolique ; mais elle peut le faire en les salariant pécuniairement! » (12 avril).

Cette réplique de Thouret, sans doute improvisée, d’un ton si vif et de logique si pressante, complète à merveille son discours du 33 octobre. L'Assemblée adopta d’ailleurs les propositions de son comité des dîmes : l'administration des biens ecclésiastiques fut confiée aux administrations de département et de district ainsi qu’à leurs directoires : les dîmes furent déclarées abolies à partir du 1° juin 1791. Le traitement fut donné en argent; une somme fut inscrite au budget de l’État pour le service du culte (14 avril 1790) ?. | | |

Thouret se fit encore entendre au sujet du traitement à accorder aux évêques et aux bénéficiers. « Il avait, dit-1l, exposé ses opinions lorsqu'il était question de l’anéantissement de ces corps moraux qui avaient si longtemps troublé la société. Il avait souhaité leur destruction. Celle-ci étant opérée, il ne voyait plus que des individus qui avaient formé d'anciennes habitudes qu'il fallait respecter. » Le revenu des bénéfices devait, d’après ses calculs,

Page 1