‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 188 sur 234 · Nous avons donné plus haut tn adm de ce discours · texte numérisé non relu

Nous avons donné plus haut tn adm de ce discours

4. Mémoires, ch. x. Lacretelle dit au contraire : « Thouret et Chapelier, deux hommes qui, sans produire les grands effets de l'orateur, charmaient et persuadaient par la lucidité de leurs discours. Le premier, quoique , homme de barreau, y joignait le mérite d’une improvisation serrée, précise toujours logique et jamais sèche. » (Lacretelle, Dix années d'épreuves, p. 40.)

Quelques réserves que nous ayons dû faire sur l’éloquence de Thouret. il est certain que ses lacunes étaient moins sensibles à ses contemporains qu'à nous-mêmes. Nous le lisons et eux l’entendaient. Sa diction nette, sa voix forte et sonore l’aidaient à conquérir, s’il en était besoin, l’attention de l'Assemblée. IL savait y jomdre ce que les anciens appelaient l « action ». Regardons le buste si vivant qu'a laissé de lui le sculpteur Deseine? : la tête est légèrement renversée, comme s'il voulait défier l’adversaire ; les yeux, enfoncés sous l'orbite, pétillent de vivacité ; le nez aux ailes retroussées laisse voir des lèvres fré= missantes qui vont s'ouvrir pour laisser passer le flot des arguments victorieux.

Au surplus, s’il fallait montrer en quelle estime le tenarent ses collègues, nous rappellerions qu'ils l'élevèrent quatre fois aux honneurs de la présidence : le 1% août 1789

. (Gil donna aussitôt sa démission), le 11 novembre de la même année, le 8 mai 1790, et enfin le 10 septembre 1791

pour clore la session de la Constituante. À l'issue de sa seconde présidence, l'archevêque d'Aix, qui avait était son

compétiteur, fit décréter par l’Assemblée, aux applaudisse-

… ments unanimes : « L'assemblée décerne à M. Thouret les remerciements les plus exprès et les plus significatifs pour la manière dont il a rempli les fonctions qui lui avaient été confiées». |

À quel parti appartenait Thouret? La question eût été

“embarrassante en 1789. On sait que, dans les premiers temps de l’Assemblée nationale, on n’en comptait que trois : le parti de l’ancien régime, le parti de la monarchie anglaise ou de la prérogative royale, le parti dela royauté constitu-

tionnelle qui se confondait alors avec le parti de la Révo-

4. © M. Thouret, dont la voix d'ordinaire estsi nette, si étendue et si soutenue, (Journal de Paris, 12 janvier 1791.)

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