Ami du peuple, n° 522, 18 juillet
tation du Roi. Or, l'Assemblée avait rendu au jour le jour une foule de décrets Sur toute espèce: de matières. Il s'agissait de les classer, de distinguer ceux qui devaient entrer dans la Constitution de ceux qui devaient être considérés, suivant l'expression du temps, comme réglementaires, c'est-à-dire susceptibles d’être modifiés. Pour opérer ce travail de triage, l'Assemblée avait, sur la motion de Chapelier, élu depuis plusieurs mois, un comité-de revision, adjoint au Comité de Constitution (23 septembre 1790). Ses membres étaient Duport, Barnave, Al. de Lameth, Clermont-Tonnerre, Beaumez, Pétion, Buzot. On observera qu’il appartenaient, les deux derniers surtout, à une nuance plus démocratique que leurs collaborateurs
Or, l’idée était venue à quelques personnes, soucieuses de raffermir la prérogative royale, d'obtenir de l’Assemblée qu’elle revint sur quelques-uns de ses décrets; dans leur pensée, la Constitution eût été non seulement revue, mais corrigée. Dès le mois de janvier 1790, La Fayette parlait dans ce sens à Gouverneur Morris*. Mirabeau, dans les derniers mois de sa vie, avait combiné tout un plan d'opérations que la mort l'empêcha d'exécuter.
Montmorin le recueillit et réussit, nous l'avons dit, à gagner à ses vues Lameth et ses amis. Nous avons cité le témoignage si important de Montlosier sur l'esprit conservateur qui devait présider à cette revision, et sur la part prépondérante qu’on y réservait à Thouret. La revision était done chose tacitement convenue avant l’événement de Varennes, au moins entre les chefs des groupes les plus importants *. La fuite du Roi, la demi-captivité qui suivit son retour, dérangèrent nécessairement ces projets sans