Procès-verbal du 23 septembre
2, Cf. Esmein. Gouverneur Morris, p.145.
3. C’est d'André qui fut, sans mandat officiel, l’artisan le plus actif de la revision. Lui-même aurait été l'agent du comité La Fayette-La Rochefoucauld. (Et. Dumont, Souvenirs, p. 335.)
les détruire. Puisque l'Assemblée était décidée à laisser Louis XVI sur le trône, elle ne pouvait se passer de son adhésion à la Constitution ; elle lescomptait d'avance. Or, au moment de partir pour Montmédy, le Roi avait laissé une protestation, qui fut lue en séance publique, contre les décrets de l’Assemblée : décrets revêtus de sa propre sanction. Comment espérer, dans ces conditions, qu'il ratifierait, les yeux fermés, une constitution faite sans son concours? Les constitutionnels jugèrent donc nécessaire, même après Varennes, de la modifier pour la rendre acceptable au Roi. Tout gardé à vue qu'il était, Louis XVI faisait savoir, à en croire un témoin d'ordinaire bien informé, « qu'il ratifierait librement la Constitution, si VAssemblée nationale adoptait les changements qu'il proposait. Ces changements, sans porter atteinte à la liberté du peuple, modifieraient cependant la nouvelle constitution et surtout les décrets qui ne faisaient qu’embarrasser la marche du gouvernement. » Le succès n’était possible que si la droite prêtait son appui aux constitutionnels. Malouet, sondé par Barnave, promit le sien? ; mais son influence était restreinte à un petit groupe, une sorte de « centre droit ». Le gros du parti était moins que jamais disposé à pactiser avec des hommes qu'il abhorrait autant et peut-être plus que les Jacobins *. Exaspérés par le décret qui suspendait le Roï de ses fonctions, deux cent quatre-vingt-dix députés avaient signé une déclaration secrète, d’une fière intransigeance : désormais, ils ne prendraient plus part aux délibérations de l’Assemblée. Leur protestation ne fut publiée que vers la fin