‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 51 sur 234 · Mouard, p · texte numérisé non relu

Mouard, p

2. Voir son discours sur les biens du clergé (23 octobre 1789) et celui où le Roi est appelé « premier fonctionnaire public (28 mars 94).

3. Il serait trop long de citer les passages où revient cette épithète. Les journaux d'extrème gauche l'emploient souvent en 1791, surtout après Varennes, pour suspecter la sincérité de Thouret, quand ils n'incriminent pas sa probité.

4. Michel-Augustin Thouret, néle 5 septembre 1749, docteur en médecine des facultés de Caen et de Paris, agrégé 1774, membre de la Société royale de médecine 1776, publia plusieurs mémoires dont le plus important est intitulé : Recherches et doutes sur le magnétisme animal (1787) ;fut chargé de lexhumation du cimetière des Innocents (1786). 11 occupa plusieurs postes administratifs et fut adjoint au comité de mendicité de l’Assemblée nationäle. Après thermidor an LIL, il devint le premier directeur de l’E£cole de santé de Paris qu'il dirigea jusqu’à sa mort. Membre du Tribunat (mars 1802), vota contre l'établissement de l'empire, membre du Corps législatif, conseiller de l'Université 4809. Mort le 19 juin 1810.

5, François Thouret, né le 23 septembre 1752, fit toute sa carrière dans l'administration des-ponts et chaussées. Ingénieur en chef de 1e classe (1806), retraité 1815, mort à Rouen 7 mai 1829.

Marie-Anne, qui épousera en 1775 le chirurgien Laumonier‘. Tous luifirent diversement honneur. Quant à l’aîné, il montra; dès l'enfance, une mémoire extraordinaire *.

Son père lui fit prendre les leçons des meilleurs maîtres, et, pour lui donner ce qu’il ne trouvait sans doute pas à Pont-l’Évêque, il l’envoya terminer ses études au collège de Caen.

Caen était déjà la ville savante de la province, témoin le nom flatteur qu’elle se donnait, d’ « Athènes de la Normandie ». Son Université, fondée en 1431 par Henri VI, roi de France et d'Angleterre, confirmée par ses successeurs, conservait encore les traits essentiels de son organisation primitive, malgré les réformes dont elle avait été l’objet *. Elle comprenait les quatre facultés de théologie, de droit, de médecine, des arts. C’était cette dernière qui donnait en réalité l’enseignement « secondaire » dans ses deux collèges des Arts et du Bois. Nous ne savons de laquelle de ces deux maisons Thouret fut l'élève *. Ce qui est sûr, c’est que, comme plus d’un des hommes marquants de la Révolution, il fut un brillant écolier. Admis en rhétorique, au bout d’un an il remportait six prix, dont le prix d'honneur. Ses succès dans les exercices oratoires et les conseils d’un de ses maîtres l’éclairèrent sur sa véritable vocation : il résolut de se faire avocat, Ses classes étaient terminées; ses études professionnelles allaient commencer.

La Faculté de Droit était double *, le droit canon et le

4. Jean- -Baptiste Laumonier, né à Lisieux le 29 juillet 1749, chirurgien en chef de l'Hôtel-Dieu de Rouen, mort le 40 janvier 1818.

2. « Dès l’âge le plus tendre, sortant d’un sermon, il le répéta en aies mot pour mot. » (Mouard, p. 2.)

3. La plus importante est celle de 1582. À une date plus nous avait paru le règlement de 1699,

4. Il existait un troisième collège, celui du Mont. Cédé aux Jésuites sous Henri IV, il revint à l’Université en 11763 après leur expulsion. Le collège des Arts possédait une chaire de grec. Or, Thouret savait le grec ; il composa, entre autres, une grammaire pour l'instruction de son fils.

5. Sur ce sujet, voir Cauvet : Le collège des droits de l'Université de Caen.

LES ORIGINES. ANNÉES DE JEUNESSE ET D'ÉTUDES Fi

droit civil formant chacun une faculté distincte. Mais à elles deux elles ne comptaient, outre les agrégés, que cinq professeurs régents qui passaient par voie de roulement de lune à l’autre. Un professeur expliquait les Institutes de Justinien, un second les Décrétales de Grégoire IX, deux autres se partageaient le Digeste. Il n'existait, et seulement depuis Louis XIV', qu'un professeur de droit français ; lui seul faisait son cours en français ; tous les autres enseignaient en latin.

On aimerait à savoir ce que valaient les professeurs qui se chargèrent d’initier le jeune Thouret à la science des lois. Par malheur, rien n’a subsisté de leurs leçons. Un d'eux, cependant, Roussel de la Bérardière?, publia en 1782 une « Institution aux droits de la Normandie » et un « Plan détaillé de législation criminelle ». De ses collègues on ne peut rien avancer, sinon qu’ils ont fait des leçons et conféré des diplômes *. Là sans doute se bornaient les exigences de leur auditoire. Les étudiants, au nombre de 200 en 1765, étaient astreints à trois années d’études. Mais leurs professeurs évitaient de les rebuter par une sévérité excessive : en 1788, sur 240 candidats, la Faculté recevra 116 bacheliers et 117 licenciés. Les cours étaient-ils au moins suivis avec recueillement? Il nous faut mentionner un décret du Collège des Droits (1744) interdisant aux étudiants le port de l’épée, « qui tendait à transformer en gladiateurs turbulents les paisibles adeptes de la science des lois* ». L’étaient-ils avec assiduité? Un cahier de bailliage, celui de Saint-Sauveur

4. Institué par lettres patentes du 28 mars 1862. (Archives du Calvados, D :520.)

2.1727-1801. 11 publia, en outre, un Discours sur les crimes el les moyens de les détruire, courronné par l'Académie de Mantoue, 1773. (Voir Notice dans Lebreton.)

3. Ajoutons qu’ils se querellaient volontiers entre eux pour des questions théologiques. Thouret fut témoin des luttes épiques soutenues par un agrégé, Le Lorier, contre ses collègues.

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