Cauvet, page
te) THOURET
le-Vicomte, répondra, peut-être en forçant le ton
« Dans les écoles de droit, il n’y a pas la cinquantième partie des étudiants qui suivent les leçons des professeurs. Ces étudiants restent chez eux, se contentent de faire à la fin de chaque trimestre un voyage dans la ville où est l’Université pour inscrire leurs noms sur les tablettes ; ils apprennent quelques définitions de Justinien qu'ils récitent aux examinateurs qu’ils se font choi- ‘sir. On leur donne ensuite à soutenir une thèse où sont les arguments et les réponses. Ils lisent cette thèse qu'ils n’ont pas eu le temps, ou qu’ils ont négligé d’apprendre, et voilà souvent, sans d’autres études, des jurisconsultes, des défenseurs de la veuve et de l’orphe- Jin ‘!... » Et de son côté l'abbé Laubry, avocat au Parlement de Paris, écrivait : « Les écoles de droit sont devenues entièrement inutiles, parce qu'on n’y assiste plus et qu'on accorde les degrés de cette faculté sans les preuves nécessaires * ». Aussi plus d’un cahier, en Normandie, demandera-t-il leur réforme.
Thouret, du moins, ne mérite aucun des reproches qu’on adressait à la majorité de ses condisciples. Il prit sa première inscription en novembre 1762 ; il avait seize ans. Bachelier à dix-huit (20 juin 1764), il était reçu licencié à dix-neuf (5 juillet 1765) et admis à l’examen de droit français *. Son ardeur au travail était si grande, à en croire son biographe, qu’il se serait mis en tête de concourir, ainsi qu'un de ses amis, pour une chaire de professeur de
1. Cahier du bailliage de Saint-Sauveur-le-Vicomte, B ILL 54, p. 423, publié par Hippeau, Les Cahiers de 1789 en Normandie, t. IL,-p. 51.