Voir l’Appendice
et aux devoirs de leur état », restèrent rayés provisoire ment. En vain en appelèrent-ils au Parlement‘, célui-ci traînait indéfiniment l'instruction. -H fallut un arrêt du conseil pour aboutir {14 février 1718). Ce fut Thouret qui eut l'honneur de présenter leur défense, tâche difficile, puisque le Parlement était juge et partie. Déjà l'avocat général, de Belbeuf, avait conclu au rejet de l'appel. « Thouret, raconte Mouard, témoin oculaire, fait apporter à l’audience son client, vieillard vénérable, autant chargé d'infirmités que d'années ; il met en œuvre tous les moyens, toutes les ressources de l’éloquence ; il parle à la fois au cœur et à l'esprit. Aux arguments les plus convaincants, les plus vigoureux, il joint le pathétique le plus attendrissant, le plus véhément ; il émeut, il convaine ; tout l’auditoire est électrisé, des applaudissements partent de tous les points de la salle, les larmes coulent de tous les yeux ; jamais plaidoirie n’avait produit autant d'effet”... » Toutefois, l'esprit de corps ne veut pas s’avouer vaincu, car « l'appellation est mise à néant, mais la cour, eu égard : à l’interdiction de fait depuis la Saint-Martin 1774, et usant d’indulgence, ordonne la réinscription au tableau ». Le père fut néanmoins privé du droit d'assister aux assemblées de l’ordre pendant trois mois, le fils pendant un an°.
La réputation de maître Thouret était désormais fondée. Clergé, noblesse, tiers état, sollicitent à l’envi ses services. Il plaide ou donne des consultations pour des seigneurs, le chapitre de la cathédrale, des curés de campagne, des communautés religieuses, des administrations municipales, et presque toujours il obtient gain de cause. Il fait recon-
41. Mémoire pour Me'Pierre-Guillaume Roger, ancien syndic des avocals au Parlement de Rouen; el Me André-Pierre Roger, son fils, avocal au même Parlement, appelants d'une délibération du collège des avocals, du 9 décembre 1715. Les principes sur la juridiction correctionnelle des avocats ÿ sont exposés p. 32-05.