À la séance du 27 septembre. Arch. Seine-Infér., C
L'industrie rouennaise traverse une crise terrible depuis la conclusion du traité de commerce du 26 septembre 1786: entre la France et l'Angleterre. Des Anglais inondent la province de leurs marchandises, mais ils n’achètent rien en retour. Les résultats sont désastreux : « Plusieurs de nos fabricants diminuent successivement le nombre de leurs ouvriers; quelques-uns occupent leurs ateliers à donner la dernière main à des ouvrages qu'ils font venir d'Angleterre dans un état de fabrication imparfaite. » La Commission s’est éclairée auprès de la Chambre de commerce. Celle-ci a composé un mémoire qui a servi de bases au travail de la Commission. « La ruine de nos plus importantes fabriques ne doit pas être l'effet nécessaire de la concurrence ouverte à nos rivaux; mais toutes les manufactures ont besoin d’amcéliorations très importantes et d’encouragements très efficaces. »
Parmi les causes de la supériorité des Anglais, deux sont intéressantes à relever : le bas prix du charbon de terre, qui coûte quatre fois plus cher à Rouen qu'à Manchester, et l'usage des métiers mécaniques inconnus en Normandie *.
Nous ne pouvons entrer ici dans tous les détails fournis par le rapport sur les grandes industries de la région : le coton, la laine, le lin, les faïences et les industries secondaires. Disons que s’il ne dissimule pas l'étendue du mal, il indique par contre les remèdes sur lesquels l'Assemblée devra se prononcer.
* 4. I ne fut mis en application que le 16 mai 4787. La Chambre de commerce rédigea bientôt ses Observations sur le trailé de commerce entre la France et l’Anglelerre. Rouen. in-8°, 1788. — Cf. Dumas. Étude sur le hrailé de commerce de 1786. Toulouse, in-8°, 1904.
2. Procès-verbal, p. 57. « Les campagnes de Manchester, et toute la province de Lancastre, sont remplies de ces grandes machines qui, mues par un courant d'eau ou par une pompe à feu, servent à décarder, à filer, à tisser, à apprèêter, à blanchir ; etles jennys, petits instruments par lesquels une femme peut filer jusqu’à quatre-vingts fils, remplacent les rouets simples dans les villages. »