‹ La vie et l'œuvre d'un constituantChapitre 79 sur 234 · LV. —— MENDICITÉ · texte numérisé non relu

LV. —— MENDICITÉ

« La destruction de la mendicité est une de ces grandes réformes que la religion, le gouvernement et l'honneur de l'humanité sollicitent depuis longtemps. Il faut que des obstacles bien puissants s’opposent à son succès, puisque la mendicité, toujours subsistante, a triomphé de l'autorité des deux puissances éclairées par le travail des littérateurs politiques etsoutenues par l'intérêt général de la nation”. »

Ainsi s’exprimait Thouret au début de son rapport. II n'avait que trop raison : le gouvernement était impuissant | a enrayer les progrès d’un mal dont la Normandie souffrait autant que le reste du royaume. Ce n'était pas faute de mesures énergiques : la Déclaration de 1724 ?, celle de 1750 *, qui jetaient les mendiants dans les prisons ou les hôpitaux, étaient restées inefficaces. Une commission rédigea la Déclaration de 1764 contre les vagabonds et les gens sans aveu. Les hommes valides, âgés de seize à soixante-dix ans, étaient punis de trois années de galères ; les vieillards, les infirmes, les filles et les femmes étaient enfermés pour trois ans à l'hôpital le plus proche. Lorsqu'un arrêt du Conseil eut organisé des dépôts de mendicité (21 octobre 1767) *, on enjoignit aux maréchaussées d’arrêter mendiants et vagabonds. L'ordonnance fut exécutée « avec une rigueur effrayante »°. Traqués sans relâche,

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