‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 104 sur 239 · Arch. nat.. K · texte numérisé non relu

Arch. nat.. K

THOUJIET tl LA PHuPAGANDK MLMCIPALE 87

fi novembre). L'exemple de ces deux provinces était conlagieux. Toute la France, depuis la mémorable assemblée de Vi'/ille, avait les yeux sur le Dauphiné. La Bretagne, proche voisine de la Normandie, agit plus directement encore. Quimper envoyait à Rouen une copie de ses délibérations (17 novembre) et Nantes, de son côté, lui faisait connaître (lettre du 20 novembre) son désir « de correspondre avec elle sur tous les grands sujets * ».

L'appel fut entendu; à l'instigation de la Commission intermédiaire — s'il faut en croire un de ses ennemis* — les échevins, assemblés en toute hâte, rédigèrent une requête et convoquèrent toutes les communautés pour obtenir leur ' adhésion (25 au 28 novembre) . Il en résulta le mémoire « que présentent à MM. les maire etéchevinsde Rouen les communautés, corporations et citoyens particuliers de .Tordre du tiers état de cette ville ' ».

En voici les idées principales :

Le tiers état pourrait réclamer une représentation en rapport avec le nombre de ses membres et le chiffre de ses contributions ; mais il se borne à demander l'égalité entre les deux ordres privilégiés et lui. Il n'existe, en effet, que deux classes, ayant chacune des intérêts opposés en matière d'impôts : celle qui veut le maintien des privilèges, celle qui en veut la restriction. Aucune des deux classes ne doit dominer l'autre ; mais, si elles sont égales en force, « les intérêts contraires mis en équilibre tendent naturellement aux rapprochements les plus équitables ».

En vain objectera-t-on l'ancienne forme, des Etats généraux. « En matière de droit public... quand il est question pour chaque individu d'un droit essentiel et inaltérable de l'homme libre,... il n'est permis ni de penser ni de dire

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