Ne pas oublier qu'il s'agit des districts
LA RKFORME ADMINISTRATIVE 493
Il faut encore conserver les cantons, car ils sont nécessaires pour la formation des assemblées primaires, trop d'inéfçalités subsistant entre les paroisses. ]
Il termine en montrant huit points de ressemblance entre le plan du CoHÙté et celui de Mirabeau ; lorsqu'ils différent, les avantagées sont du côté du plan^ du Comité.
L'argumentation très s(»rrée de Thouret avait produit une vive impression sur l'Assemblée ; Mirabeau le sentit. Très courtoisement, il demanda à son coUèg^ue de lui communiquer son. manuscrit et dilFéra sa réponse jusqu'à la séance du lendemain.
Sa conviction n'était pas entamée ; il avait vu les cartes : certaines communes, de six lieues sur six, ne pourraient même pas former une assemblée primaire. La distinction entre les pouvoirs municipaux et les pouvoirs d'administration générale lui paraissait inutile. Bref, il s'en tenait à son système des cent vingt déparlements qui rapprochait 1 administration des administrés, et intéressait davantage les citoyens à la chose publique ^
Il fiillait en finir. Thouret, qui avait, lui aussi, demandé a Mirabeau son manuscrit, fit un dernier effort pour réfuter point par point hî plan de son redoutable adversaire ^
Le Comité, disait-il, a examiné lui-même le projet de Mirabeau ; la méditation la plus sérieuse» Ta forcé à le rejeter. En voici les raisons :
Pour former les départements, Mirabeau combinait le sol, la population, les richesses, et compensait ces valeurs les unes par les autres. Or un pareil travail était impraticable au cours de cette session. Le Comité, au contraire, y parvenait par des moyens plus simples : il établissait les divisions fixes et permanentes, et tenait compte ensuite
i. Courrier de Provence, t. IV. n« 64.
2. Troisième discours de M. Thouret... (11 novembre). Le 29,319. Lebêgue. 13
des éléments fournis par la population et les contributions. Avec Mirabeau, il fallait changer et recomposer sans cesse les départements*.
Dans les pays pauvres et peu peuplés, chaque cent vingtième de la population totale correspondrait à une étendue immense. Au lieu que la surface de trois cent vinçt-quatre lieues carrées n'a pas été choisie au hasard ; elle permet aux citoyens d'c'^lre à portée du centre des affaires et aux corps administratifs d'être occupés sans être surcliargés. Voilà ce qui justifie le nombre de quatn*vingts départements. « Cependant, ajoute-t/-il (et celle concession a son prix), le nombre de quatre-vingts n'est pas si absolu qu'on ne le puisse réduire ou augmenter de quelques-uns, si les observations faites par MM. les députés sur le vu de la carte en établissent la convenance*. »
En supprimant les districts, dit-on, les degrés d'élection seront réduits à deux. On parviendra au mêrat* résultat en envoyant les députés de Tassembiée primairt* à l'assemblée de département^.
Dans l'ordre administratif, on prétend rapprocher davantage les hommes de leurs administrateurs. Seront-ils plus près d'eux avec cent vingt déparlements ou sept cent vingt communes? 11 y a mieux : on verrait dans le plan de Mirabeau des administrations bornées, si le district est peuplé, à une ville et quelques villages; ce serait un établissement dérisoire*.
Mirabeau prétend encore affaiblir davantage Tesprit de province. Non, puisqu'il en respecte presque religieusement les frontières. « D'ailleurs, ajoute Thouret, si les divisions administratives doivent rompre un jour FesfMrit de province, cet effet sera suffisamment opéré par le tra-