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l'achèvement de la constitution 257
articles dont quinze seulement déjà décrétés antérieurement. La lecture du rapport se poursuivit sans incidents, mais lorsque Thouret prononça cette simple phrase : « Il reste h résoudre deux questions : Les membres des législatures pourront-ils ^tro réélus à la législature suivante ? S), un mouvement extraordinaire se produisit dans l'Assemblée : «Un grand nomb/ede membres, dit le Logographe, de tous les points de la salle, s'écrient avec beaucoup de chaleur : Non 1 non ! (vifs applaudissements). La lecture finie, Robespierre demanda la parole pour une motion d'ordre : il s'agissait de décréter préalablement qu'aucun membre de TAssemblée actuelle ne pourrait être membre de l'Assemblée législative (très vifs applaudissements . Les deux côtés de l'Assemblée se lèvent et demandent il aller aux voix). » Le vote allait suivre, sans débat, quand Thouret, bravant les interrupteurs, s'opposa à ce que l'Assemblée votât sans avoir entendu le Comité de Constitution ^ Ce fut un de ses plus mémorables discours'*.
Après avoir réfuté l'argument de Garât : que le décret du H septembre 1789 avait préjugé la question, Thouret, fidèle à sa méthode, pose ce principe : « Le fondement du gouvernement représentatif est le droit d'élire. Il faut donc respecter le droit du peuple dans la liberté des élections. Le corps constituant, dira-t-on, peut en limiter l'exercice. Non, car étant délégué du peuple, il ne peut user de son autorité qu'avec une extrême circonspection toutes les fois qu'il s'agit de restreindre les droits essentiels du peuple.
« Or, qui propose-t-on d'exclure ? des citoyens constitutionnellement éligibles, qui ont déjà bien mérité de la chose publique en acceptant la mission qui leur a été con-
1. La queslion avait déjà é\é examinée par Le Chapelier dans la séanco (lu 19 avril 1790. Bibl. nat. Le 29/601.