‹ La vie et l'œuvre d'un constituant: Thouret, 1746-1794Chapitre 2 sur 239 · M} •••• •.•': ; •'• * -V» . INTRODUCTION · texte numérisé non relu

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la réforme judiciaire. Il fut Ffime dû Comité de Constitution. D'autres sans doute ont servi davantage la cause de la Révolution par leurs écrits ou par leurs actes ; aucun n'a plus que lui contribué à en faire passer Tesprit dans la législation^ Michelet Ta appelé « un Sieyès pratique » et le mot est très juste. Ce n'est pas tout, l^rovincial, bourgeois, avocat, homme d'étude, ouvert aux idées nouvelles, passionné pour ce qu'on appelait alors le « bien public », il représente d'une fac^on éminente cette élite du tiers état que les bailliages avaient envoyée à Versailles avec la mission de régénérer la France. Ce n'est pas tant un politique qu'un législateur; logicien et dialecticien sans rival, la foi qu'il professe dans refficacité des principes de la raison appliqués au gouvernement, est tempérée malgré tout par sa prudeûce native. Il est par excellence un constituant, mieux encore : un constitutionnel.

Toutefois, ce ne sera pas assez de retracer son rôle à l'Assemblée nationale. Thouret en 1789 n'est pas un débutant, comme Barnave, par exemple. Agé de quarante-trois ans, il est en pleine possession de son talent ; il apparaît armé de toutes pièces. Il s'impose aussitôt à l'estime de l'Assemblée. Quels étaient ses antécédents et ses titres? C'est en Normandie, à Ponl-l'Évêque puis à Rouen qu'il s'était formé à l'art de la parole -, c'est là qu'il avait conquis très vite la réputation d'un grand avocat; c'est à Rouen qu'il avait fait un apprentissage instructif de Tadminislration locale, en sa qualité de procureur-syndic de l'assemblée provinciale de la haute Normandie ; c'est à Rouen encore que Thouret,

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