INTRODUCTION III
devenu publiciste, avait plaidé la cause du tiers état dans deux brochures très populaires, inspiré plusieurs cahiers dans la province entière et agi puissamment sur l'esprit public à la veille des élections. De là la nécessité de mettre en lumière la période provinciale de la vie de Thouret.
La seconde partie de sa carrière politique commence à Touverture des États généraux; c^est de beaucoup la mieux connue. Indécis d'abord et soupçonné d' « aristocratie )), il se rallie à la majorité, et TAssemblée le désigne pour entrer dans son Comité de Constitution, le plus important de tous. C'est là, et non seulement à la Iribuiie qu'il dépense une grande puissance de travail et de rares facultés d'organisation. Son œuvre est considérable ; il nous suffira, pour rendre compte' de son activité, d'analyser ses discours en les replaçant dans leur cadre. Mais il ne saurait être question, à propos d'un discours de Thouret, de reprendre ah oro la question des biens du clergé, ni d'exposer en détail l'état de la justice ou de l'administration française en 1789. ' Nous rappellerons les principaux arguments des ses adversaires à la tribune ; mais nous ne nous arrêterons pas à discuter les cent soixante-seize articles du projet d'organisation judiciaire de Sieyès, encore moins le plan de Duport qui tient tout un volume. Si grande qu'ait été la part prise par Thouret à la confection de la Constitution de 1791. il y aurait abus à personnifier en lui, par exemple, la réforme judiciaire ou la réforme administrative. L'idée première de la division de la France en départements appartient à Sieyès ; et nous