Arrêt du Parlement, 3 décembre
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naître par la Cour la validité d'un mariage entre protestants (l'arrêt fut, il est vrai, cassé par le conseil) *.
Ilfait rejeter la demande du curé de Barneville-sur- Seine ^ qui réclamait à ses paroissiens la dîme des fèvesharicots, récoltés sur un terrain labourable et décimable*'.
En revanche, il soutient les prétentions d'un autre curé, le sieur Godefroy, qui veut exiger de ses paroissiens la dîme du sarrasin au champ, à la onzième gerbe au roseau, alors que ceux-ci offrent, suivant la coutume, de payer la dîme au grenier, c'est-à-dire un boisseau par acre. Cette fois, il perd son procès *.
On pourrait citer d*autres cas où Thouret prend la défense des privilèges qu'il devait condamner si hautement dans ses écrits. Ainsi la communauté des écrivains intentait une action à Tabbé Langlois, « chez lequel on avait trouvé deux sortes d'écoliers, les uns faisant des versions, les autres écrivant en différents caractères sur du papier pot ». Une consultation d'avocats appuya leurs réclamations. « Il n'est pas douteux, disaient les signataires (et Thouret était du nombre), que les prêtres qui enseignent le latin ne peuvent ni enseigner eux-mêmes à écrire, ni faire enseigner en leurs maisons que parles maîtres -jurés**.
L'affaire suivante est encore plus significative. Les officiers du bailliage dé Rouen s'étaient permis de contester le droit de haute justice exercé par le prieur et les religieux de la Chartreuse de Saint-Julien sur le fief de la Fontaine-Jacob^; droit qui remontait, paraît-il, à sept siè-
i. Houard, Dictionnaire Ul, 706.
2. De la Quesnerie. Coutumes du pays et duché de f^ormandie^ p. 571).
3. « Je plains le sort d'un curé de campagne obligé de disputer une gerbe de blé à un malheureux paroissien, de plaider contre lui. d'exiger la dfnn* des lentilles et des pois. » (Voltaire, Dictionnaire philosophique, article Curé}