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désintéressée, et cette influence, nous aimons du moins à le penser, est de tous les temps. Fontenelle, comme l’a écrit Voltaire, a aussi excellé
dans l’art de répandre la lumière et les grâces sur les sciences
abstraites. Il a maintes fois célébré dans ses éloges le charme et les
beautés de l’Algèbre et de la Géométrie, et a réussi à rendre intéres-
sants des géomètres et des algébristes à un public étranger aux sciences
mathématiques. Mais, à cette époque déjà lointaine, les savants
n'étaient pas si étroitement spécialisés, et peut-être la science intime-
ment mêlée à la philosophie était-elle plus humaine. Aussi depuis lors,
vos Secrétaires perpétuels, en choisissant le sujet de leurs lectures
dans les séances annuelles, ont-ils été souvent obligés de laisser de
côté-des savants éminents, sur les travaux austères desquels ils auraient
craint de ne pouvoir répandre la lumière et les grâces dont parlait Vol- : taire à propos de Fontenelle. |
Dans la première moitié du siècle dernier les sciences brillèrent
dans notre pays d’un incomparable éclat. C'était le temps de Laplace,
de Berthollet, de Fourier, de Cuvier, d'Ampère, de Fresnel, de
Cauchy; et, à côté de ces géants de la science, que de savants de
grande renommée, ayant attaché leurs noms à d'importantes décou-
vertes. Un d’eux a été oublié par nos prédécesseurs; c’estJean-Baptiste
Biot, que l’on peut placer en première ligne parmi ceux qui, au second
rang, honorèrent la science française par leur labeur acharné, leur
esprit curieux et fin, et leur vaste intelligence capable de tout embrasser.
Personne moins que Biot n’a été un savant spécialisé dans un étroit
domaine. Géomètre, astronome, physicien, chimiste, il fut en même
temps un lettré et un érudit, se délassant de ses calculs et de ses expériences par des études sur les grandes découvertes scientifiques du
xvu° siècle, et sur l’Astronomie des Égyptiens et des Chinois. Essayons
de faire revivre cette physionomie intéressante à plus d’un titre.