‹ La vie et l'œuvre de Jean-Baptiste BiotChapitre 5 sur 12 · ARE · texte numérisé non relu

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Jean-Bapüste Biot naquit à Paris Le 21 avril 1774. Quand il eut terminé ses humanités au Collège Louis-le-Grand, ses parents le destinant

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au commerce l’envoyèrent au Havre chez un négociant. Biot, ressentant déjà un gout très vif pour les sciences, se soumit avec peine à une besogne qui ne l’intéressait pas. Aussi, dès qu'il eut dix-huit ans, pro. fitant de la loi sur les engagements volontaires, il s’engagea le 18 septembre 1792, comme simple canonnier. Il partit pour l’armée du Nord, ayant dans son sac l’Algèbre de Bezout, et prit part à la bataille de Hondschoote. La bravoure du jeune canonnier appela l'attention de ses chefs et de ses camarades, qui voulurent le retenir sous les drapeaux à la fin de son engagement. Mais il refusa l'avancement qui allait lui être donné par voie d’élection. Sa santé d’ailleurs était gravement compromise, et, n’attendant même pas le congé qu'il avait demandé, il quitta l’armée en septembre 1793 pour revenir à Paris. Biot racontait plus tard que cette fugue aurait pu avoir les plus graves conséquences, si le hasard ne lui avait fait rencontrer sur la route un personnage important, probablement Saint-Just, qui, le prenant on ne sait pourquoi sous sa protection, le fit monter dans sa voiture et le ramena dans la capitale.

Au début de 1794, l’ancien engagé de l’armée du Nord entra à l’École des Ponts et Chaussées, mais il y resta peu de temps. Dans le courant de l’année avait été créée l'École Centrale des travaux publics, . qui prenait le 1 septembre 1795 le nom d'École Polytechnique. Biot fut avec Poinsot et Malus de la première promotion de la nouvelle École. Le programme d’entrée était simple; les candidats devaient avoir une bonne conduite, être attachés aux institutions républicaines, connaître l’Arithmétique et les éléments de l’Algèbre et de la Géométrie. En fait, les examinateurs s’efforcaient de juger des qualités intellectuelles des candidats; le souci de leur instruction mathématique ne venait qu'ensuite. On sait que Poinsot fut admis, quoiqu'il ne sût pas d’algèbre, mais ayant promis de l’apprendre avant la rentrée. Les connaissances scientifiques de Biot allaient au contraire bien au delà du mince programme exigé, et le Traité d’Algèbre de Bezout lui était familier. Aussi fut-il à l'École un des moniteurs ou chefs de salle

chargés de répéter les lecons des professeurs, qui furent au début

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ZA Lagrange, Prony, Monge, Berthollet, et d’autres dont la renommée contribua au succès de la nouvelle institution. Les relations étaient intimes entre les maitres et les élèves les plus distingués de l'École: c’est ainsi que Biot fut remarqué de Monge, dont il a toujours parlé

avec respect et reconnaissance. Un jour cette amitié lui fut singulièrement utile. Le 13 vendémiaire an III, plusieurs polytechniciens, parmi

lesquels Biot et Malus, s'étaient Joints à la petite armée des sections, luttant, sinon contre la Convention expirante. du moins contre les débris des Comités révolutionnaires que Barras avait appelés à son secours. Les deux jeunés gens étaient sur les marches de l’Église Saint- Roch, quand la mitraille du Général Bonaparte les contraignit à une retraite précipitée. Biot et Malus ne purent sortir de l’asile où ils s'étaient réfugiés que grâce à Monge, celui-ci ayant menacé de quitter l’École Polytechnique, si ses deux élèves n'étaient pas autorisés à y rentrer.

En sortant de l'École Polytechnique, Biot retourna à l'École des Ponts et Chaussées, mais il abandonna bientôt la carrière d'ingénieur convenant peu à ses goûts, et continua ses études scientifiques. Nous le trouvons en 1797 à Beauvais, professeur à l’École Centrale de l'Oise, où il enseigne les mathématiques et l'astronomie, et c’est de cette époque que datent ses premières relations avec Laplace. Cinquante ans plus tard, dans une séance de l’Académie française, Biot a raconté avec quelque solennité les débuts de ses relations avec l’illustre géomètre, qui réunissait alors le magnifique ensemble de ses découvertes dans son Ouvrage La Mécanique céleste, et le premier volume était sous presse. Biot lui écrivit pour le prier de permettre que le libraire Jui envoyât les feuilles du livre à mesure qu’elles s’imprimaient, ce qui fut accordé, et le professeur de Beauvais eut ainsi accès chez Laplace. [ne craignait pas de lui soumettre les difficultés qu'il rencontrait dans cette lecture, et aucun savant ne s’étonnera de ce que ces difficultés se présentaient surtout aux endroits où l’auteur avait écrit « Il est aisé de voir ». Une anecdote se place ici, qui témoignait de la délicatesse paternelle de Laplace. Biot venait de terminer son premier travail,

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