PORTE DU MILIEU
La porte du milieu — porla maggiore — a 6"', 80 de hauteur sur ^"^,44 de Lirgcur. Elle est séparée en deux parties égales : celle du bas et celle du haut par deux panneaux oblongs. Chaque partie comprend quatre bas-reliefs. Chaque bas-relief a 0^,74 de hauteur sur i'",o8 de largeur. Les personnages du premier plan du bas-relief ont o"\)} à o'",j4 de haut. Les huit bas-reliefs représentent dans leur ensemble la vie de la Vierge. Nous les décrivons en commençant par le bas, à gauche,
1'' Compartiment en bas, à gauche. — i. Naissance de la ]'icrge. — - Le groupe principal des femmes qui tiennent Tenflmt, les deux femmes debout, à droite, qui viennent visiter Taccouchée, celle qui soulève une portière, sont bien traitées. Ce petit sujet a du mouvement. Dans l'encadrement, en bas, est un jardin orné de grilles, avec la devise : Hortus concluons ■ en haut, un lis sur un buisson, et ces mots ; fxtenii e ccspile.
\" Compartiment en bas, à droite. — 2. Présentation an Temple. ~ Belle perspective, beaucoup de profondeur. Le groupe de femmes et gracieux. Encadrement au bas : une fontaine entourée d'une balustrade, avec la devise : Fous signatiis. Au-dessus, un aigle planant sur les nuages, avec ces mots : îmbres effugio.
2""-' Compartiment, à gauche. — 3. Maiiage de la J'ierge. — La di.-^position rappelle celle de la célèbre école d'Athènes de Raphaël. Dans l'encadrement supérieur, un chêne qui soutient une vigne. Devise : Tantummodo fuicimenlum.
2"" Compartiment, à droite. — - 4. Annonciation. — L'ange est bien posé. Ameublement de l'époque. Dans l'encadrement supérieur, une coquille ouverte contenant une perle. Devise : Rose ccelesti fœciindor.
Compartiment, à gauche. — - Visitation. — Les personnages épisodiques placés dans les coins, au premier plan, ont beaucoup de naturel. Dans l'encadrement, en bas, un temple de Janus : Devise : Non aperietur. Au-dessus, un navire chargé avec ces mots : Oni/stior hinndior.
j"'" Compartiment, à droite. — 6. Présentation de Jésus-Christ au Temple. — On remarque an groupe charmant de petits enfants et une femme debout drapée avec élégance. Dans l'encadrement du bas, une colombe avec un rameau d'oli-
L'ITALIE
vier. Devise : Clementia; signum. Au-dessus, un héliotrope incliné vers le soleil avec ces mots : Verlor ut verlitur.
4"' Compartiment, à gauche. — Assompiion. — Dans l'encadrement supérieur, une colonne de feu : Siimma petit.
4"" Compartiment, à droite. — Couronnement de la Vierge. — Le groupe où figure le Père éternel est d'un beau dessin. Le concert des anges et d'une bonne exécution. Dans l'encadrement supérieur, une grenade ouverte. Devise :
Frangitj coronat.
Tous ces bas-reliefs sont entourés de guirlandes de feuillages, de fleurs et do trujts, ornés d'animaux et de seize tètes de jeunes femmes, qui semblent se dégager du feuillage. L'on a voulu y voir, nous ne savons pourquoi, les quatre saisons et les douze mois. Ces encadrements sont d'un beau travail.
Dans le haut, à chaque angle de l'encadrement des deux vantaux, se détachent les armoiries des JMédicis, qui se trouvent ainsi répétées quatre fois.
Au bas de la porte sont deux panneaux oblongs, où sont (igurés, à gauche et à droite, un patriarche étendu entre deux vases remplis de roses et deux statuettes de prophètes dans des niches. En tout : deux patriarches, quatre vases de fleurs et quatre prophètes. Dans l'encadrement inférieur : imc tortue avec la devise ; Tarde sed tiito, et deux chiens qm aboient, avec la devise : Secunis accéda. Ces deux sujets sont répétés à gauche et à droite.
Au milieu de la porte, même disposition : deux panneaux oblongs, deux patriarches étendus, quatre vases remplis de fleui-s et de fruits de limon, quatre statuettes de prophètes dans les niches.
Au haut de la porte, même ordonnance : deux panneaux oblongs, deux patriarches étendus, quatre vases contenant des grenades entr'ouvertes, quatre statuettes de prophètes dans des niches. Dans l'encadrement supérieur : une horloge avec la devise : Lalet virlus, et un foyer et des alambics avec la devise : Flamma innotescunt. Ces sujets sont répétés il gauche et à droite.
Entre ces emblèmes sont enchâssés deux cartouches. On lit cette inscription dans le cartouche de gauche :
TKJIPLUM. HOC. INCEXDIO FERE. CUXSCJIPTL'M
FERDINANDUS, MEDICIS MAGXCS. DUX, ETR. III
Dans le cartouche de droite :
MACNirrCENTIUS. PROPRIIS SUMPTIBUS. PEN'E RE.EDIFICANDUM JUSSTT. ANNO. SAL. MDCII
Les six patriarches sont caractérisés par des barbes majestueuses, symbole de longévité.
Les douze prophètes sont d'une invention originale et d'une exécution parfaite.
Le revers de la porte du milieu, à l'intérieur, est revêtu de quelques ornements, distribués dans l'ordre des compartiments extérieurs : Panneaux oblongs et bas : des rosaces.
Panneaux carrés du bas : cartouches avec l'inscription précitée et la croix de Pise.
Panneaux oblongs du milieu : les armoiries des Médicis. Panneaux oblongs du haut ; croix de Pise, inscription. Panneaux oblongs du haut : des rosaces.
PORTES LATÉRALES : HAUTEUR, 4'°,85 ; LARGEUR, j",66
Six bas-reliefs par porte.
Bas-reliefs inférieurs et supérieurs, hauteur, largeur, o",8o
Bas-reliefs du milieu, carrés : hauteur et largeur, o°',8o.
Les personnages du bas-relief sur le premier plan ont de o"',)9 à o"',4j de haut. Les statuettes ont de o'",28 à o"',29 de haut.
PORTE DE GAL'CHE ; La Vie de Jésus-Christ
Les six bas-reliefs sont d'un très beau style, la dégradation des plans bien observée, les figures du premier plan fortement détachées en relief En commençant par le bas :
I" Compartiment, à gauche. — i. Adoration des Bergers. — Nombreux personnages bien caractérisés et habilement groupés. Dans l'encadrement, en bas, les deux chiens qui aboient et la devise ; Securus accedo. En haut, un soleil levant et la devise : Umbras depellii.
L'ITALIE
1^' Compartiment, à droite. — ■ 2. Adoration des Mages. — Le groupe de la Vierge est noble et gracieux. Celui des rois mages n'a rien de remarquable. Un esclave presque nu, qui porte les présents et qui se détache au premier plan, est un modèle d'anatomie. Dans l'encadrement, en bas, la tortue et sa devise : Tarde sed tuio. En haut, !e soleil dardant ses rayons sur les plantes terrestres et la devise : Flcclentes adorant.
2"'^' Compartiment, à gauche. — 5. Tentation au désert. — Satan prend bien son vol. L'artiste a choisi la maigreur comme type de la laideur, ce qui lui a permis de caractériser le démon sans offrir rien de choquant aux regards, et de donner en même temps une nouvelle preuve de sa connaissance de l'anatomie. Le Christ est noble et calme. Le groupe des anges, qui offrent au Sauveur des corbeilles de fruits, est plein de grâce. Dans l'encadrement supérieur, un serpent qui rampe sur Therbe, avec la devise : Niillum vesiigium.
z"'" Compartiment, à droite. — 4. Baptême du Christ. ~ La figure du Christ manque de naturel. L'attitude de saint Jean-Baptiste est belle. Les anges qui tiennent les vêtements du Seigneur et le groupe des néophytes qui attendent le baptême sont d'tme heureuse composition. Dans l'encadrement supérieur, une licorne s'abreuvant à une fontaine, avec la devise : Sic iinda saluiaris.
j"" Compartiment, à gauche. — 5. Résurrection de Lazare. — C'est le moins réussi des six bas-reliefs. Lazare et ses sœurs n'occupent pas la place qui devrait les mettre en évidence. Dans l'encadrement supérieur, un lion dans le désert et la devise : i'ivificat mugitu.
f-" Compartiment, à droite. — 6. Entrée à Jérusalem. — Le Christ est bien détaché, la foule convenablement groupée. Dans l'encadrement, un aigle tenant un œuf dans ses serres, et la devise ; Feror utfrangar.
Les rinceaux, composés de fleurs et de fruits, mêlés d'animaux, d'oiseaux, d'insectes, etc., sont traités avec une finesse et une légèreté merveilleuse. Ils encadrent, à la hauteur des troisièmes panneaux de droite et de gauche, quatre figures d'anges, et à la hauteur des panneaux du milieu des armoiries des Médicis répétées quatre fois.
Les panneaux oblongs du bas et du haut représentent un rhinocéros, un cerf, un aigle et un cygne, symboles de persévérance, de vigilance, de courage
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et de pureté. Dans les huit niches qui occupent les angles sont des siiuuettes de saints, inférieures à celles des deux autres portes.
PORTE DE DROITE. — La passiou de Jcsus-CJinst
\" Compartiment, à gauche. — i. Prière au jardin des Oliviers. — Composition médiocre, attribuée àGregorio Pagani. Dans l'encadrement, les deux chiens et leur devise. En haut, un arbre d'où découle le baume, et la devise : Emitiit spontc.
I " Compartiment, à droite. — 2 . Baiser de Judas. — Bien composé, beaucoup de relief. Dans l'encadrement, en bas, la tortue et sa devise ; en haut, un arbre entouré d'un lierre, et la devise : Cingit, non strïngit.
2'"' Compartiment, à gauche. — j. Couronnement d épines. — Médiocre. Dans l'encadrement, en haut, une tige de rosier en lleurs sur un buisson d'épineSj et la devise : Ilîesus.
2''-" Compartiment, à droite. — 4, FlageUalion. — Les mouvements des personnages sont exagérés, les têtes n'ont pas de caractère. Ce bas-reliel et le précédent, attribués à Grcgorio Pagani, auraient été imités des bas-reliefs de Bertoldo, qui ornent la chaire de San-Lorenzo. Dans l'encadrement, en haut, une enclume et la devise ; Non frangor.
j"'" Compartiment, à gauche. — 5. Portement de croix.
j"" Compartiment, à droite. — 6. Crucifiement. ■ — Dans cette belle composition on reconnaît la main du maître. La douleur et toutes les impressions de l'âme sont peintes sur les visages, reproduites dans les gestes; style excellent, beaucoup de relief, exécution parfaite. Dans les encadrements supérieurs, à gauche, un phénix qui tient dans ses serres une branche de bois sec, et La devise : Biistunnjue partumqite. A droite, un cierge allumé, et la devise : Ut îuceat omnibus
Les rinceaux ont la même valeur que ceux de la porte de gauche; ils encadrent également quatre anges et les armoiries quatre fois répétées des Médicis.
Les panneaux oblongs du bas et du haut représentent un bélier, un bouc, un taurcauj un bœuf.
Les huit statuettes, dont quatre représentent les ÉvangéHstes, sont de petits chefs-d'œuvre.
L'ITALIE
Les revers des portes latérales de l'intérieur, du côté de l'église, portent une décoration plus simple.
Les panneaux oblongs du bas et du haut portent des trophées d'armes.
Les grands panneaux inférieurs et supérieurs portent la croix de Pise.
Enfin les panneaux carrés du milieu portent les armoiries des Médicis.
D'après cette description fidèle, on peut se faire une idée de l'importance et du mérite de l'œuvre, et de l'énorme travail qu'elle a dû coiiter. Quand il la termina Jean Bologne avait soixante-dix-huit ans.
2°. — L'intcrieiir de la cathédrale
A. — STATLETTES D L' CHRIST ET DE SAINT J EAN-B Al' T I S T E EN BRONZE. - - l6o2 (Hauteur o"\S5 ')
Ces Statuettes surmontent les bénitiers on marbre blanc, placés à l'entrée de la cathédrale. Elles ont été fondues avec succès par Palma de Massa Carrara sur les modèles de Jean Bologne. Peut-être ces deux figures, d'un travail achevé, manquent-elles un peu de naturel. L'anatomie, fortement accusée, est irréprochable. Les draperies sont d'une grande souplesse et d'une remarquable légèreté; on reconnaît dans l'exécution les quahtés du maître.
B. — LE CRUCIFIX EN BRONZE DU M A I T R E- A U T EL . — 1603 (Hauteur
La tête du Christ est penchée vers la droite sur la poitrine ; les yeux sont fermés, le corps aftiiissé sous son propre poids. C'est le dernier moment de l'agonie, mais on sent que c'est l'agonie d'un Dieu. Nulle contraction des muscles, nulle trace de convulsions. L'impression qui domine est celle du calme et de la résignation. Ce crucifix, si souvent reproduit, est digne de l'admiration dont il a été l'objet.
1. Voy. Grassi, Deicri^ionc slorica c arlisika di Fiai, t. II, p. 78. Baldinucci, etc.
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C. — LES DEUX ANGES POR TE-C AN D '.LABRES EN BRONZE (Hauteur 1^,39)
Ces deux anges sont placés aux deux extrémités de la balustrade qui sépare le chœur de la nef. I!s sont loin d'avoir la valeur du crucifix qu'ils accompagnent. Les têtes sont petites, les plis des vêtements trop multipliés, les ailes lourdes, les boucles des cheveux trop frisées. 11 faut ajouter que la pureté des lignes des visages est irréprochable, et que les détails sont traités avec talent.
g II. — LES STATUES DE COSME i" ET DE FERDlNArND i"'. 159*^
1° La alaiîie de Cosme /"
Cosme I" avait fondé l'Ordre de Saint-Étienne, dont il avait été le premier grand maître. Les chevaliers de l'Ordre !ui firent élever, au pied de l'escalier extérieur de leur palais (pia7^:^a de' Cavalieri), une statue, exécutée par Pierre Franqucvillc, sur le dessin et d'après le modèle de son maître Jean Bologne.
Cette statue, en marbre blanc, a j'",4j de hauteur. Elle est élevée sur un piédestal en marbre de 2"", 47 de haut. Au-devant est une fontaine en forme de conque, supportée par un monstre chimérique. Qiiant à la figure de mauvais goût qui, accroupie sur la vasque, semble verser l'eau, nous nous refusons à la reconnaître comme l'œuvre de notre artiste ou de son éminent élève.
Le prince a la tête nue, il est revêtu de sa cuirasse, sur laquelle se détache une large croix de Saint-Étienne. 11 porte au cou le collier de la Toison d'Or, et de la main droite il tient le bâton de grand maître ; son pied repose sur un dauphin, emblème adopté par l'Ordre, dont la mission était de détruire les pirates de la Méditerranée.
I. Les grands-ducs Cosme I" et Ferdinand l" méritaient d'avoir leurs statues érigées à Pise, car ils avaient été les bienfaiteurs de cette cité. Voy. Appendice M.
ï deux anges sont placés aux deux extrémités de la balustrade qui 'vuur (ie la nef. Ils sont loin ' du crucifix qu'ils
têtes sont petites, le^ trop multipliés.
Cosme ' premier graiii.
Vscalicr extérieur
■ ■ V. sur ic djjssiji et d ilprc-s le modelé Ue sou uiain
nous nous relu-
de son éniincni
" laquelle se ollier de la maître ; son
L'ITALIE
La composition est large dans sa simplicité ; Texccution un peu froide.
Le piédestal en marbre blanc, sans ornements^ est posé sur un soubassement en marbre gris foncé, dit BardigUo . Sur la face de devant, les armoiries des Médicis, portant en chef la croix du Saint-Éticnne.
Sur la face latérale gauche, cette inscription ;
FERDI^TANDO. IJED.
MAC. DUCE. ETR. ET ORD. MAG. MAGiST.