‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 117 sur 343 · Diogène Laëixe, VI, 7 et · texte numérisé non relu

Diogène Laëixe, VI, 7 et

<i^2^s^^".!Tr '""''' ''".' ''''' ^'^^''""^^^ p^^^^ p^^ -^ -"^'^ d-

Hte^ es hn^P I ^^^^"^'^t^^^»e prinuim est, ut ll.lem atque auctori-

^lai^Zr^' ""^^^ testimoniorum inter se consensus,

nsli ,t ,^ V H '"^' '"'^"' Perpondamus ; deinceps priori hoc examine aHo u n :,^! / "' '" ^'^'^'^^''^ ^^^^^'^^^ ^n causa dubia, tum silentio

rttellatui. » (Luzac, Lcciiones atticœ, 22.)

LES JUGEMENTS DES ANCIENS SUR PLATON

damnations du vice répandues à toutes les pages des dialogues de Platon ne seraient là que pour nous donner le change, et cehii qui savait si bien convertir les autres avait lui-même une vie di'S plus coupables! il y aurait chez lui, comme chez Salluste, du faux honnête homme, dissimulant son inconduite sous un sévère étalage de moralité? Mais autre chose est un court préambule placé avec préméditation en tète d'une composition historique, autre chose un corps de doctrines qui est Tàme de tout un enseignement et qui brille du plus vif éclat dans une longue suite d'ouvrages, dont le plus ancien date des jours enthousiastes de la jeunesse, et le plus récent des dernières années d'une longue carrière. Un système conçu avec une telle largeur et professé avec une telle constance équivaut à un sûr indice du caractère : impossible que la pensée et la vie, que la théorie et la pratique passent aussi longtemps à coté l'une de l'autre sans se coudoyer et même sans se voir. Le fds du célèbre Fichte nous apprend avec quelle joie son [père, ayant achevé sa théorie philosophique, y trouva la satisfaction des aspirations les plus intimes de son âme : une jouissance semblable, n'en doutons pas, a été goûtée par Platon.

Est-ce à dire que notre philosophe ait été absolument exempt détentes les imperfections de l'humaine nature? Telle n'est pas notre pensée. 11 arrive même aux hommes illustres que plus ils ont de vertus, moins on tolère leurs faiblesses : un écrivain aura d'autant plus de peine à se faire pardonner quelques taches que dans son style brille un plus grand nombre de beautés.

Ainsi le lecteur chrétien et moderne qui vient de parcourir certaines pages du Charmide^ du Ujsis, du Phèdre et du Banquet éprouve malgré lui une sorte de nausée morale. Il en veut à Platon non pas sans doute d'avoir loué le vice impur qui déshonora l'antiquité grecque, mais de ne pas l'avoir ilétri avec une vigoureuse énergie et tout en essayant sincèrement de Pennoblir, d'en avoir parlé et môme de l'avoir peint avec une indiscutable complaisance. Mais si le philosophe n'est arrivé qu'au déclin de l'âge à condamner comme elle le mérite celte

^A VIE DE PLATON

Jamentahle aberration ', si au lieu de briser cet lastiumnil VI îieux, il s'est trop longtemps (latté, selon l'expression d'un critique, d'en tirer des airs célestes, n'oublions pas combien il est difficile même aux esprits les plus fermes, môme aux caract..res les plus indépendants d'échapper enliùrcment à linfluence dominante de leur temps et de leur milieu. Ils voudraient résister; le courant les entraîne,

Atque illos prono pr.Tceps rapit alveus amni.

Dans un domaine voisin, comment un génie tel que Platon a-t-il pu eu venir n inscrire au nomlire de ses do;,'mes politiques la promiscuité des sexes et l'infanticide légal? Sans doute il N'avait jamais coiiiui ni l^s douceurs de la vie de famille ni les attraits du foyer \ Mais à vouloir sur ces dmx points instruire en toute éipiiié le procès du grand philosophe il ne faudrait rien moins que vp.ettre en discussion son svstème de politique et de morale presque entier. Pareille controverse n'est point ici à sa place : il nous suffira d'affirmer qu'en dépit do ces incroyables égarements il n'avait pas fermé son cœur aux plus forts m aux plus touchants sentiments delà nature celui qui a ivprouvé avec une indigiialion éloquente l'enfant capable d oublier sa m.re . qu'il chérit depuis si longtemps et que des liens SI sacrés lui uoissont „ et son vieux père, « le plus ancien et le plus nécessaire de ses amis \ »

Nous sommes évidemment mal placés pour nous prononcer sur d autres griefs beaucoup plus personnels dont les anciens se sont montrés assez vivement touchés. Ils ont repris chez le •Jisciple de Socrate son air habituellement sévère et morose •

LES JUGEMENTS DES ANCIENS SUR PLATON

?or;:ofr.r^co"a:z;:::.^ -^ '- '-'- '-'■ --).-ouveue et

tio'; 'foZ'n '' '"''7 ''f f f''^'ï"«'""'«'". l'homme ici était en contradic- V -MO Pl"losopUe, Que lisons-noas en effet dans les il

X «tt^î^trir^TrË! '' '' '''''' -'-'^^'--nt de c^t avant'^r:

après Amphis, poète comique que cite Diogène Laërce \ après Dciiysd'llalicariiassc-, Martial gouniiaude avec peu de respect

Deinocritos, Zenonas, inexplicilosque Platonas, Quidquid et hirsutis Sfiualet imaginibus 3.

Jl est assez probabl-e, en elfet, que Platon devint en vieillissant d'humeur concentrée plutôt qu'expansive, et que même dans ses heures (rabandon ses discij)les trouvaient en lui un maître, non un familier. Sans remonter plus haut dans l'histoire, de nos jours on en a dit autant des (Juizot et des Royer- Gollard, lesquels, il est vrai, s'estimaient honores plus encore que blessés par cette critique,

Platon s'est entendu ensuite reprocher son amour du luxe et sa vanité. A coup sur nous ne trouvons |)as en lui un philosophe de carrefour, se raillant de toutes les distinctions sociales: aux yeux de qui faisait son i.léal de limpudent Diogène ou des allures toutes populaires de Socrate, l'élégance de Platon et des siens ne pouvait manquer d'être un objet de scandale. Mais combien de cyniques auxquels le fondateur de l'Académie était en droit d'appliquer sa répli(fue mordante à leur chef: « Je vois l'orgueil qui perce à travers les trous de ta guenille » ! Que si par vanité on entend la vanité d'auteur, quel intervalle entre la suflisance d'un Cicéron qui redoute sans cesse de ne pas occuper assez l'attention, et relTacement volontaire de Platon reportant à Socrate son maître tout riionneur de ses découvertes! (le que ses ennemis ont pris pour une morgue blâmable, n'était-ce pas plut»U dignité de caractère et fierté légitime? Ou bien ce désintéressement si remarquable de l'écrivain ne serait-il ([u'un habile artifice destiné à donner le

Page 1