‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 118 sur 343 · VT, 7:]r · texte numérisé non relu

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3. TX, 48. La plupart des traducteurs avaient rendu inexpliniftis par ircondilae doctinnœ. Quicherat, en s'appuyant sur deux passages d'Horace {Satires, II. 125 ; Odes, III, 29, 16) a rétabli le vrai sens de cotte épiihèto.

Platon, t. 1

LA VIE DE PLATON

change à la poslérité sur lorgueil accablant qu'il affectait à l'égard de ses contemporains?

Sur ce dernier point, il faut l'avouer, nous sommes en présence d'accusations formelles \ et toute l'antiquité s'étonne de ne retrouver parmi les amis de Platon, Euclide excepté, le nom d'aucun des disciples les plus connus de Socrate. Oue l'auteur du /if/nquei eide \di République ait exprimé tout haut son peu de sympathie pour le rigorisme grossier d'Anlisthène ou les théories si relâchées d'Aristippe, c'était son droit : s'il est allé plus loin et s'il a dirigé contre le premier de ces philosophes des attaques toutes personnelles -, on ne doit pas oublier qu'Antisthène, fondateur d'une école rivale de l'Académie, en avait donné le signal ou du moius les rendit avec usure : parmi ses écrits les plus populaires figurait un dialogue intitulé ^î^xOoç, véritable pamphlet dirigé contre Platon ^

Ou'[:schine, arrivant à la cour de Denys de Syracuse dans le plus modeste équipage, ait été l'objet de quelques quolibets de la part de Platon, traité par le tyran en grand seigneur, Pauecdote n'a rien d'invraisemblable, quoique à l'assertion de Diogène Laërce on puisse opposer celle de Plutarque \ Idoménée de Lampsaque prétendait que Platon avait injustement attribué à Criton, au détriment d'Eschiue, l'honneur d'avoir tout préparé pour faciliter l'évasion de Socrate : je préfère croire que les deux disciples, et sans doute plus d'un autre avec eux, s'étaient chargés en commun de ce rôle de dévouement, et que

1. Voyez Denys d'IIalicnrnasse, VI, 755 et Athénée, XI, 50G ; To xaÔoXou Trâfft Tot; SwxpaTO'j; {xaOr,Tat; ÈTrsqi'jxs: {xr,Tp'Jca; £-/wv ôiâôcdiv. Cette accusation se retrouve sous la plume des Pères de l'Eglise ; c'est ainsi que Platon nous est représenté par saint Jean Chrysostôme comme Cv.orjzw; upoç

2. Sans parler du Sophiste (251 C), c'est Antistiiène que l'on croit désigné dans VEiithydème (301 A).

3. Diogène Laërce (IIL 34 et VI, 7), et Athénée (V, 220 et XI, 507) mentionnent des traits plus ou moins satiriques échangés entre ces deux adversaires.

4. Diog. Laërce, III, 36 ; Plutarque, De adid. et amko, 26. Cette page de Plutarque est une des plus fines et des plus ingénieuses du moraliste grec, dont le témoignage est confirmé par la 23<= lettre socratique (29* dans OreUi).

LES JUGEMENTS DES ANCIENS SUR PLMON 275

parmi tant de généreux complices l'auteur du Crilon, moraliste et philosophe et non historien, a librement choisi celui dont le caractère présentait avec la pensée si élevée de Socrate le contraste le plus propre à la mettre en lumière.

Ennii, la longue polémique de Platon contre Lysias, rapprochée surtout de ses sympathies pour Isocratc. ne doit-elle pas être interprétée dans le sens d'une profonde animosité politique? Xouvea:. grief aux yeux de ceux qui voient dans Lysias le type du v.'ritable patriote, dans Isocrate au contraire un esprit faible, llottant au gré des événements et accessible à toutes les séductions.

Philosophe, homme d'Etat ou poète, l'homme de génie qui a conscience de sa valeur aiïecte même involontairement certains airs dominateurs : l'histoire entière est une justification de ce mot de Tacite : « Gupido dominandi cunctis alfectibus llagrantior „ '. Celui qui a réussi à grouper autour de sa personne tant de disciples divers, et qui se faisait un plaisir d'inviter à sa table amicalement hospitalière des Athéniens de distinction en deliors du cercle de ses auditeurs ordinaires \ devait être aussi sensible aux marques de déférence et de respect qu'aux tentatives d'indépendance et aux paroles de mépris: dès lors, si nous ne nous trompons, l'abbé Barthélémy a apprécié Platon sans tlatterie comme sans partialité quand il nous le représente « difficile et réservé pour ceux qui courent la môme carrière .pie lui, ouvert et facile pour ceux qu'il y conduit luimême ». Tel sera sur ce point notre propre jugement.

Quoique suffisamment instructives par elles-mêmes, les réflexions générales .[ui précèdent nous donnent-elles une idée précise de la place que tenait Platon dans le monde pensant de son époque, du rôle qu'il a cru devoir jouer à l'égard dos plus

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