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0. Voir Ilermippe dans Dio,?. Laërce (III. 2), Cicéron {De Senectute, V, 13) Soneque (/.e//r. 58), Lucien {De la longue vie, 20), S. Augustin, De Civitate Dei, \ III, 2), Gensorinus {De die natali, XV), sans parler de plusieurs autres autorUos qu'il serait trop long de citer.
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LA VIE DE I' LA TON
D'où venait à Pl'iton son nom^ Il ne parait [la^ l'avnir tenu de sa famille; car alors selon les usages liellt'iii(|iies 'lest probable ({u'il se (ut appelé Aristoclès, à l'exemple de son aïeul. Ce n'est pas d'ailleurs ([ue ce nom fut inconnu à Alhcnes * : sans parler de quelques autres pbllosophes demeurés plus ou moins obscurs, nous rencontrons dans riiistoirc liltéiaire un Platon poète comique qui llorissait précisément à la même époque. Pour expliquer ce surnom auquel, comme à celui de Cicéron, devait s'attacher tant de gloire, limagination des anciens déjà s'était donné carrière. La phqiart lattribuent à la robuste complexiou physique du jeune Athénien, et particulièrement à la largeur de sa poitrine et de ses épaules - : il est vrai que ranli([uité parle volontiers de la bello et mâle prestance du fondateur de l'Académie : si l'auteur du PJiédon a médit à ce point de « la prison du corps », on voit que de sa part c'était alfaire de conscience, non de icnqiérament. Dautres supposent que ce nom t'tait destiné à caractériser l'abondance de son éloquence, et si l'on me passe cette expression tout à fait moderne, la large envergure de son vol d'écrivain et de penseur-^; en ce cas riionneur de cette qualilication ne lui aurait été décerné qu'assez tard, car chez l'adolescent le mieux doué ces admirables (pialités ne sont et ne peuvent être qu'une espérance: ainsi le successeur d'Aristote s'appela sans doute longtemps Tyrtame avant de s'entendre saluer de l'épithete de Théophraste, c'est-à-dire « parleur divin ». Des conjectures plus ou moins plausibles, voilà donc àquoi nous sommes réduits en cette matière, et la diverg*Mice des traditions ferait même
1. Nous voyons par le lexique d'IL'îzycliius que le mot faisait ]i;niie de la langue commune. On y lit en effet : nxâxwv • yaAxw[jLâti6v xt, w tov ôpbv àvT>.oûcrtv, 0T£ yâ).a a"JU.7:r,'7'70'jG-cv.
2. Cf. Séneque, Lettre 58 : « Nomen illi lalitudo pectoris fecerat. »
3. Olympiodoreet l'anonyme rapportent, sans se prononcer, l'une et l'autre tradition. Voici le texte de ce dernier : Auto: ô' iy.a).cÏTo 'Ap'.frroxAr,?, si; ovotxa ToO lauTO'j TràuTTO-j * {xst£xXr,6r, Zï llXâTwv r^ 5'.à tb TiXaTU xoO GTÉpvou, r, ô'.à xb eùpu TO"J [XôToiuou r,, ÔTcp xat àAT/Js; ûrzzXv, ô-.à xb TC/aTU xal àva7tîuxâ[J.îvov xf,ç çpâ- (Tcw;. — Stésicliore, d'abord appelé Tisias, nous offre un autre exemple remarquable de la substitution dùlinitive d'une épitliôte au nom patronymique.
PLATON JUSQU'A LA MORT DK SUCUATE
croire que nous avons simplement alfaire à des inventions de biographes. On sait ({ue chez les Latins le co/jnomcn ou Vayiwnioi s'ajoutait d'ordinaire purement et sinqjlement au nom de famille, sans exclure ce dernier : ainsi Isibius Pictor, Licinius Macer; le grec, au moins à répO![ue classique, ne paraît pas s'être [)rêté à cette juxtaposition.
Avant de pousser plus loin notre travail, qu'il nous soit permis de [)lacer ici une remar([ue ([ui n'est pas sans intérêt.
l'our nous modernes, ({ui voyons tout en savants plut<U(pi"en poètes, le chêne est di'jà tout entier dans le gland, l'arbre s'explique parle rejeton d'où il est sorti. C'est ainsi que l'enfance et la jeunesse de nos grands hommes non seulement n'échap{)en{ [las à imtre curiosité, mais senddent même avoir pour elle mi attrait particulier. A peine un biographe est-il entré en matière (ju'il rencontre sur ses |)as ou se forge à plaisir ([uantité do problèmes devant lesquels, de très bonne foi, il se croit tenu de s'arrêter. Gém^alogie, naissance, milieu social, parents et amis, jeux d'enfance, instruction, éducation première, occupations préiérées, goûts naturels, aptitudes spéciales, tout cela nous intéresse et nous ca})tive : ne us ne consentons à aller jilus loin (praprès avoir [)arcouru en tous sens, jus({u'à 1 épuiser, ce vaste ensemble de préliminaires. Parmi tant de questions il y en a d'obscures, de mal délinies? les documents nécessaires font défaut:' Aous ne nous di'courageons pas: l'observation et l'induction, l'analogie et l'hypothèse aideront à sup[)léer au silence de l'histoire. Et comme nous ne faisons grâce d'aucune rc'llexion à nos lecteurs, ce qui méritait une ligne devient la matière d'une page, la page tourne insensiblement au chapitre, et le chapitre se subdivisera, s'il le faut, pour atteindre aux pro|)orîions d'un petit volume. Les anciens, plus avisés ou moins généreux, passent sur ce noviciat préjiaratoire avec une rapidité qui nous étonne: il leur tarde de voir leur héros en scène, alors (pi'il est parvenu à l'époque féconde de sa maturité : tout ce qui précède, ils l'ignorent et ne font aucun cas de le savoir. Sauf de rares exceptions, ils ne vont guère au delà d'une indication laconique sur la patrie et la famille
LA VIE DE PLATON
d'où descend le personnage dont ils ont entrepris de raconter la vie; quand il y a des raisons sérieuses, ils ajoutent le nom du maître ou des maîtres à l'école desquels il s'est forilié. Toutes les autres influences (jui ont pu déterminer sa carrière ou décider de sa vie, ils les passent sous silence, et en cela ils se conforment à la pratique commune.
Tout autour contemporain qui croit devoir au public sesCoïifessiom parle avec une prédilection marquée de ses jeunes années: chez les anciens il en est autrement ; on dirait qu'à leurs yeux riionmiejuS(|uVi quinze ans appartient à sa famille, jusqu'à trente à ses maîtres et à ses amis '.
Ne soyons donc pas surpris si r.antiquité ne nous a transmis sur les premières années de Piaton que des notices fort incomplètes, et daiLS lesquelles la fictio;) ontro pour une large part. C'est ([n'en effet Platon, lui aii<si. comme Pytliairor»» auparavant, comme Alexandre plus tard, a eu sah'gende, li'gende pleine d'étranges fantaisies. De même ({ue pour rendre hommage à l'étendue de son uénie, on lui fera parcourir les contr<'es les |»lus lointaines, oii le mettra en rapport imm('diat ou éloigné avec toutes les célébrités du tenifis, de même, afin de mieux justifier son surnom de divin, on [)réta un caractère merveilleux à sa naissance et à sa première éducation. !1 faut en accuser beaucoup moins l'imagination populaire (^notons en eifet
1. .lo lis dans les Poètes latins de la décadence, par D. Xisard (I, ].. 3lo) : <( A i)oinu trouve-t-on gà et là chez les poètes anciens quelques traces des souvenirs de la première jeunesse : encore ces souvenirs se rattachent-ils toujours à un ordre de pensées viriles et philos.^phiques. Quelle est la principale raison de cette dillerence? (J'cst que la vie pour los anciens ne commenç'iit que du jour où elle devenait publique. »