Nuits attiques, XIV
2. (( Non abfuisse ah eis motus quosdam tacitos et occultos simultatis et aemulationis mutuLC. »
LA VIS DE PLATON
HAPPOJrrS DE PLATON AVEC SES CONTEMPORAINS
voici. La parité des talents, l'égalité du mérite, même en l'absence de toute rivalité, créent cependant une apparence d'émulation. Imi ell'et, aussitôt ([ue deux génies ou davantage s'illustrent dans le même art et acquièrent une réputation égale ou à peu près, leurs partisans les comparent et rivalisent pour les exalter. Voilà comment Platon et Xénophon, ces deux flambeaux de la philosopliie socratique, ont ])aru rivaux. C'étaient les autres qui disputaient de leur supériorité. »
Après Aulu-Gelle, il est à remanjuer que Diogène Laërce ^ essaie de tciiir ia balance égale entre les deux prévenus, si même il ne préfère pas mettre cette ru[)ture au compte de Xénophon : Athénée - au contraire, fidèle à sa tactique hal)ituelle, en accuse formellement Platon, et quelle autorité invoque-t-il ? D'alx)rd Ilégésandre, sans doute aussi empressé à propager la calomnie qu'incapable de l'inventer, ensuite Théopompe, de tous les historiens anciens celui dont Platon et les socratiques en général ont eu le plus à souffrir ^; tout porte à croire (]ue nous n'avons pas à chercher ailleurs l'auteur responsable de cette malveillante insinuation.
Il existe bien une lettre de Xénophon à Eschiue, lettre plus ou moins injurieuse à l'endroit de son prétendu rival, auquel il reproche sa vénération pour les mystères de l'Egypte et l'illuminisme de Pythagoro -*; mais un document si visiblement apocryphe ne mérite aucune créance, quoiipie Dacier s'en soit servi pour faire ressortir la haute vertu du philosophe ainsi outragé ^
1. m, 34 ; "Eo'.xE Sa v.y.\ j:.£voçôov irpo; aCiTov e/eiv oùv. e'j[lzvu)Z. — Cf. Ilimorius, Yiii, (>.
2. XI, 504 C et suiv. Ajoutons toutefois qu'au commencement du chap. 112, il emprunte à Favorinus pour excuser les doux disciples de Socrate la réflexion mémo que nous venons de lire dans Aulu-delle.
3. Bœckh l'appelle « omnium et liominum et civitatum calumniatorem maledicentissimum ».
4. A'.Y'JTCTo-j fipaTOr, y.a\ xr,; n-jOayopO'j tepartocou; cro^îaç, wv to TiepiTTov xal To [Xï) [xôvtfxov i7z\ StoxpaTE'. YjXeylEv Ëpojç TUpavv:oo; xal àvft Xitt,; 6iaÎTr,ç SixE- XiwTi; yaa-rpb; àtxÉTpo-j xpaTiE^a. On sait que le séjour de Platon en Sicile lui a valu plus d'une épigramme de la part do ses contemporains.
5. « Platon, écrit Dacier, ne répond point à ces invectives, et ne dit pas un seul mot de Xénophon, en quoi on ne saurait trop louer sa modestie,