I-A VIE DE PLATON
RAPPORTS DE PLATON AVEC SES CONTEMPORAINS
Platon n'en garda pas moins à son école pendant près de vingt ans le futnr auteur de la Mrlnphydque^ lequel de ce commerce prolongé devait retirer toute autre chose que l'alfectueuse admiration dont son maître s'était épris autrefois pour Socrate. Ce n^est pas que ses licureuses dispositions poiir l'étude aient été contrariées ou ses talents méconnus. Loin de là : Platon était le premier à rendre hommage aux aptitudes étonnantes de ce nouveau disciple :\\ l'appelait tantnt a le liseur- ., tantôt l'esprit de son auditoire^ », faisant allusion tour à tour à l'ardeur avec laquelle, pour mieux connaître le pass(>, il se plongeait dans les recherches d'érudition, et à sa facilité à s'assimiler les (piestions les plus abstraites. N'est-ce pas cet Aristote qui un jour où Platon au Pirée donnait une lecture publique dti Phédon (d'autres disent du PJnlèhe), était demeuré seul à ses côtés, tandis que se dispersait graduellement le reste de l'auditoire, rebuté par une si savante dialectique*:' Lorsqu'il rapprochait Xénocrate d'Aristote, le maître se plaisait à dire^ que l'intelligence laborieuse, mais lente du premier, avait besoin de réi)eron, tandis qu'un frein était plutôt nécessaire à la nature vive et ouverte du second.
Cependant il y avait dans le disciple plus d'un trait peu fait pour plaire au maître ^ Si l'on tient compte de la distinction
1. Ga lien (//^./. pk\L, 3) : 'Apcaxo.sÀr,; Il>.à.,ov: ^rav. ::o)-ùv -^pivov auvc.ay^- Yovojç leichmuller croit même qu'Aristote a ou sur Platon une iniluence semblable a celle de Hegel sur Schelling : « Er braclite in Platon, n.ochte icli glauben, die dialektische Stren^e und die systematische Richtun.. /um Uebergewicht. » C'est, il nous semble, aller bien loin.