Lois, XII, 9G3 B
I expressions ! 135 b 23, 8Gt
RAPPORTS DE PLATON AVEC SES CONTEMPORAINS 325
saisir et ex[)li(juer aux autres en quoi réside l'unité essentielle de la beauté et du bien comme de la vertu. « Quicon(|ne n'aura pas assez de talents pour joindre ces connaissances aux vertus civiles ne sera jamais diime de commander en qualité de magistral et sera bon tout au pins à exécuter les ordres d'autrni K »
Sur la notion même de la vertu, pareil désaccord ; inutile d'ailleurs d'entrer dans le di'tail de toutes les controverses qu'atteste entre le maître et le disci[)lece seul traité d'Aristote. Mais uneobservation générale de Teichmidier m('rite tout particulièrement notre attention : autant, dit-il. Platon dans cette dispute déploie tout à la fois de finesse et de courtoisie, autant Aristote se plaît, en parlant de son aflversaire, à se servir d'expressions t(dles (jue les suivantes: « Semblable théorie est ridicule, illogi(pie, insensée-. »
Toutes ces remarques sont à coup sûr fort intéressantes : malheureusement si du côté d'Aristote élites reposent sur des textes précis et formels, il n'en est pas de même du cùté de Platon. Toute la thèse de Teichmidler a j)Our base une hypothèse fort |)eu vraisemblable, malgré les nombreuses conjectures par lesquelles il essaie de la défendre : elle suppose, en effet, (jue la Morale n Sicomaqirc^ un des ouvrages les plus achevés dWristote, a été composée par ce dernier presque au début de sa carrière philosophi jue, de telle sorte que Platon ait sai^i avec em[)ressement l'occasion d"y réjunidre dans les derniers livres des Loi^. De prémisses aussi incertaines, [)Our ne pas dire si peu [)robal)les ^ il faut renoncer à tirer une conclusion solide.
Uu'Aristote ait contredit son maître, cela m3 fait aucun doute: