‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 160 sur 343 · Il) . TX · texte numérisé non relu

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i. Ad AUic, XIII. 8. — iiien de plus fréquent dans les lettres de Gicéron que l'expression descrihere aliquid ah aliquo, emprunter un texte pour le copier. Les librarii qui à Rouie sont chargés de transcrire ses œuvres reçoivent la défense expresse d'en disposer sans son autorisation formelle et celle d'Atticus. « E;i tune foras dari, quum utriquo nostrum videbitur », écrit-il à sou ami au sujet des Académiques {ad Atlic, XIII. 22).

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CllAPITPiK II

DE iVLATON

Chose étrange, Platon, ce morlèle des écrivains, n'eut jamais dû écrire s'il t^ùt voulu demeurer consé([uent avec lui-même. il met une véritable coquetterie d'artiste à se montrer plein de dédain pour ces dialogues auxquels depuis deux mille ans sa gloire est attachée.

« Les meilleurs écrits, lisons-nous dans le Phèdre \ ne servent qu'à réveiller le souvenir de ceux qui sont déjà instruits : les discours dialectiques, véritablement écrits dans les âmes des auditeurs et consacrés au juste, au beau et au bien, réunissent seuls la clarté, la solidité et le sérieux : seuls ils peuvent passer ajuste titre pour les enfants légitimes de leur auteur ; les autres ne sont dignes d'aucune attention... Celui qui n'a rien de plus précieux que ce qu'il a composé et écrit tout à loisir, en tourmentant sa pensée, en y ajoutant et en retranchant sans cesse, nous lui laissons les noms de poète, de discoureur et de [jubliciste. » Platon ne chante-t-il pas la palinodie dans telle page des Lois oii il proclame bien haut Pinfluence légitime de ia littérature sur le mouvement des esprits? nous

J/ŒUVlii, I»E PLATu.\

n'agiterons pas la question : il nous suffit d'avoir constat»^ que le fondateur de l'Acadrmie eut peu goûté ce mot d'un de nos académiciens ; « La science est dans les livres. Le livre est le plus complaisant des guides : c'est le maître dos maîtres. »

Lt cependant, bien (pie Platon éprouvât [)lus do fierté à voir la jeunesse alhénieniK^ aflluer à ses leçons qu'à supputer le nombre de Ifcleiir? (pi.' hn réservait l'avenir, on peut ariirmer (juà bexemple des plus grands d'entre ses contem[)oraiiis, et notamment de Tliu;ydide^ il a songé à la postérité ^ S'il avait voubi seulement se })arler à lui-même, selon un mot de Gotiie, ou laisser à ses interlocuieurs un sommaire ipielcoiupie des entretiens qui avaient auimé la solitude de l'Académie, il n'eût certainement pas pris aussi au sérieux sa tache d'écrivain -.

On a dit. il est vrai, que <^ les Grecs, ces artistes jiar excellence, n'ont pie-que jamais retouché leurs ouvrages et que du premier coup ils ont atteint à la perfection \ » Se nous en persuadr.'us pas trop aisément. Leur heureux naturel n'a jamais mé|)ris.' ni exclu le secours de l'art. Oui ignore que les poètes dramati(|ues du siècle de Périclès, instruits par la critiifue, n'ont pas hésité à refondre plusieurs de leurs pièces, et qu'Isocrate a consacré la moitié de sa vie à remanier et à polir son Pam'gyrique 1 hr même rhéteur n'avoue-t-il pas ^ qu'une des considérations qui le détournent de détruire s(hi Panat/iéna'ic/ne, c'est la peine qu'il lui a coûtée? Phanias n'était a[)paremnient pas seul de son temps à trouver que certaines harangues de Démosthi'ue (( sentaient l'huile >: .

i. iJiogène Laërce (III, 3S) rapporte de lui un trait qui fait son.i^^er à une phrase bien connue de La Bruyère. On agitait devant le philosophe la question de savoir si on le citerait plus tard comme ses prédécesseurs. 11 répondit : aFaisons-nous un nom d'abord, et ensuite les citations se multiplieront d'elles-mêmes ».

1*. Longin (Voir la Vie de Plotln par Porphyre, ch. i20) no»n me quelques philosophes de son temps qui, après avoir iiiitié personnellement à leurs Tues le petit groupe de leurs élèves, s'étaient fort peu préoccupés de la valeur de leurs écrits, Tiapcpyov Tr, ToiaOtr, -/priTdcfXîvo'. o-Ttouoyj v.al ixti Tzpor^^o'j- {X£vr,v T.tpl Toj Ypis-tv op(.ir,v >.af:iovTc;. — Personne ne prêtera une pareille résolution à l'auteur de la République et du Timée.

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