III
2. Voici la phrase textuelle de Galien : Aurr, [iev f, âçrjr.a:; [xot YÉybvs xatà TYjv Trôv 'ATTiyoiv àvTiypâcpwv r/.5ocr:v. — On sait que le mot àvxtypa^ov (Athénée II, "jS D ef VI, 2G6 E, - Plutar(|ue. Vie de Sylla,2Q) désigne toute reporduction, aussi bien celle d'une œuvre d'art que d'un texte original.
.^ lunée, 11 C : A-.à -h -?,; £;ol> lauToO xtvr,a£a); âo-TsprjO-Oat.
4. Cousin a tiré des rares exemples cités la preuve que leur exégèse, comparée à celle des Alexandrins, se recommandait par plus de naturel et moins de subtilité (Voir le dernier chapitre de ses Fragments de philosophie nclenne).
L'ŒLVRK DE J'LATuN
le seul défaut à reprendre dans ies iiidications d Olympiùiore, c'est leur extrême briùveté qui excite la curiosité au lieu de la satisfaire, il faut reuoacer à trouver ahez ce néo-platonicien une explication de la phrase de Galien.
lui rcvanciie nu aiitre rapprochement peut et doit avoir ici son prix. On possédait é-aloment dans l'anti,|uité des « copies attiques » de iléinostliène, et le fameux manuscrit 1^ de notre bibliothèque nationale se termine par celte mention : A'.(ofOtoT7.'. à-ô rîuo \\TTi/.txv(l,v. .N-est-il pas Ionique de penser que dans un cas comme dans l'autre nous sommes en pr.'sence d'cxenq.jaires provenant delà même source et tenus eu assez haute estime pour servir désormais de modèles/ Mai^ k qui les attrihuer? i'uisiju'il ne s'aqit pas exclusivbaient de Platon, il e^t difficile ou pour mieux dire impossible de soni^er au platonicien Aîlicus. laborieux commentateur • outomporain de Marc- Aurèle,dont Eusèbeet l'roclus nous ont conservé de si curieux extraits, le premier dans sa Préparation éraii'jvluiue, le second dans son étude sur le rimée K Lucien mentionne comme deux « copistes 0 un Cailinuset un Atticus, vantant la remarquable calligraphie de lim et Ja scrupuleuse exactitude de l'autre ^ Pourquoi ne pas identilier cet Atticus avec lami de Cicéron auquel il sert tout à la fois d'Aristnrque, d'éditeur et de commissionnaire en libralrie^?Xous savons que c'était un bibliophile des plus distin,qués, passionné pour toute la littérature tant grecrpie ([ue latine, ayant sous ses ordres une série d'esclaves instruits, choisis avec soin et également dressés à dicter
1. Ces éditions d'Atticus, sur lesq,iell.;s M. Christ a lu à l'Académie des sciences de Munich en 1S82 un mémoire plein de savantes conjectures, étaient sur papyrus, non sur parchemin. Chaque ligne comptait on moyenne 3o lettres et des repères placùs en marge servaient à diviser l'ensemble en trac^tnenls égaux. - Cf. Ilarpocration, 12 et 22.
2. Adr. indoct., 2i : "Iva os ao: oro a-^rà èxsTva xsxpcyiva-., o^a ô KaÀ/rvo- -c-
de nos scolios du Tiniée mentionne expressément une annotation (^Trtaraa'vEcQat) d'Atticus.
3. Cette i.lentification, proposée d'abord par Schneid.îwin, a été acceptée par Useuer {Nouvelles de la Société royale de>^ sciences et de tUniversUé de Gœttuigue, I8'J2) et par M w.qi (^.Journal des Savaiifs, oct. 1892}
et à écrire les textes qu'il faisait reproduire pour répondre aux commandes des lettrés du temps'. Reste à expli(juer'de quelle minière xVtticus s'y est pris pour publier, comme nous en possédons la preuve tout au moins en ce ({ui touche Platon et Démosthène, des éditions dont l'autorité était égale sinon supérieure à celle des éditions d'Alexandrie. Voici l'hypothèse en somme assez plausible imaginée récemment par la critique en réponse à ce problème.
On sait ({n'eu matière de littératuie latine Atticus avait trouvé un conseiller et un auxi!iair(^ singulièrement précieux dans la personne de Varron et de Cornélius Népos. Kn iuatière de littérature grec(pie, 'J^yrannion paraît lui avoir reiidu des services analogues. ()r ce grammairien avait eu à sa disj)Osition la bibliothèque d'Aristote,conliv(|uée par Sylla et transportée à Home aj)rès la [irise d'Athènes. Accrue dans rintervalle de celle de Tliéophraste, elle contenait sans doute une copie, d'autant plus exacte (pi'elle était plus ancienne, de l'œuvre entière de Platon et de Démosthène; c'est cette copie qui aurait servi de modèle à Tyrannion pour la dictée ou la correction des exemplaires mis en vente j)ar Atticus, et dont la supériorité se trouverait ainsi justifiée-.
Ouant aux traductions de Platon en langue étrangère et notamment en latin, il en sera parlé dans une autre partie de cet (mvrage. A Rome Cicéron parait être le premier qui ait songé à mettre ([uelques dialogues au moins du grand philosophe à la portée de ses concitoyens.
L'n des arguments invoqués par Grote à l'appui de sa thèse nous oblige pour ainsi dire à terminer ce chapitre par une apparente digression. Aux heureuses destinées des manuscrits de Platon 1(^ critique anglais oppose triomphalement le sort déplorable de ceux d'Aristote. Quelle merveille de conservation