‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 171 sur 343 · Voir sa Vie par C. Népos (ch · texte numérisé non relu

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2. L'expression employée par (lalieii (■>; t^ov 'ATTr/.f/.v ivTtYpaçwv k'xSoa::, et non r, 'Attixt, ou 'A-rTixcavr) è'xcoa:;) est en complète harmonie avec cette supposition.

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d'un coté, s'écrie-t il, quel prodige d'aliandoii de 1 autre! Il ne voit pas ou ne veut j)as voir que ce parallèle, si i'rap[)ant (ju'il soit, se retourne par un certain coté contre ses pro[u'es assertions. Les conditions absolunieiit exceptionnelles de la transmission des écrits platoniciens nous garantissent, dit-il. la parfaite exactitude des catalogues alexandrins. Mais ces mêmes conditions, telles qu'il les énumère, ne se rencontrent-elles pas quand il s'agit d'xVristote ?

Platon a fond<' une école : son rival de même. Le premier a eu pour successeurs immédiats à l'Académie deux de ses élèves : le Lycée après la mort de son Fondateur, a été dirigé pendant près d'un demi-siècle [)ar Th('oi)liraste. le plus capable à coup sur et le plus éclairé des disci[des d'Aristote. L'auteur du P/iédrmei du Timee n'a pas dédaigné l'érudition : Aristote a fait plus encore : il lui a enq»runté une partie considfMahle et de sa gloire et de sa science. Les premiers péripatéticiens nous sont représentés comme des hommes de valeur et d*^ mérite fermement attachés aux enseignements de l'école : savants et lettrés autant que philosophes. C'est au Lycée que la biographie et la bibliographie ont pris naissance, et elles n'ont pas cessé d'y être en honneur ^

Eh bien î je le dt'mande, (jnel profit Aristote a-t-iTretiré de toute cette activité littéraire :^ A-t-elle abouti à léguer à la postérité une édition modèle des (euvrcs du maître, édition où se trouve soigneusement distingué ce qu'il a composé lui-même, ce qu'il a simplement él>auché, enfin ce que des faussaires ou des ignorants avaient cherché témérairement à lui attribuer? S'il est probable que des copies de certains traités plutnt exotériques d'Aristote circulèrent d'assez bonne heure dans la Grèce et l'Orient, il est en revanche à peu près établi qu'aucune édition un peu complète ne parut avant la découverte des manuscrits que recelait la cave de Skepsis -, et même, si

1. Au dire de Strabon, Aristote serait même le premier ({iii aurait mis en pratique l'art inconnu jusqu'à lui <lo disposer uiùtliodiqueinent une bibliotiièque.

2. Plutarque [Vie de Sijlla, -20) affirme qu'au temps de ce dictateur les écrits

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l'on en croit certaines traditions, avant la coordination du texte entreprise bien plus tard par Andronicus de Rhodes. Dirat-on (pie c'est l'état d'inachèvement dans lequel Aristote avait laissé ses écrits (|ui a déterminé Tl)éoj)hraste à n'en i)ublier aucun "! L'argument ne vaut que pour un certain nombre, et le désordre actuel du texte aristotélicien tient peut-être uniquement aiix altérations matérielles (ju'avaient subies les manuscrits originaux avant d'arriver aux premiers éditeurs. L'édition d'Apellicon, qu'elle ait compris tous les traités d'Aristote, comme le veut Strabon, ou le i)lus grand nombre seulement, ainsi que nous l'apprend Plutarque S était remplie de fautes et bien peu digne de l'auteur de VOrganon. Qu'attendre en effet de ce que nous appellerions aujourd'hui un fureteur, un amateur de raretés, poussant sa manie jusqu'à dérober dans les temples les originaux des actes publics ? En mettant la main sur les autographes d'Aristote, il dut éprouver quelque chose de cette joie inintelligente qui transportait Verres, lorsque une bonne fortune lui faisait rencontrer un Myron ou un Phidias. Et voilà comment a failli échapper à la postérité, malgré la création A'nm école qui a eu ses heures de gloire, le travail infatigable d'un homme à propos duquel on a pu dire qu' « il y a quelque chose de divin dans la continuité d'austères méditations que supposent tant d'ouvrages -. »

Si donc, et ce sera notre conclusion, Platon n'a pas eu à traverser de semblables vicissitudes, ce privilège doit s'expliquer par d'autres causes que celles sur lesquelles Grote insiste avec tant de complaisance. En tout cas, en ce qui concerne Aristote, elles n'ont pas empêché l'apocryphe de se mêlera 'authentique : de quel droit prétendre que pour Platon elles ont eu infailliblement cette salutaire et inappréciable influence*/

d'Aristote n'étaient encore connus que du petit nombre dans le monde romain 'our:fo TÔ-£ (7a;;à); yvwpi^6|i£va rot- 7:6),)>oi;).

\. La première assertion est d'autant plus invraisemblable que, d'après la t raditioii, Apellicon aurait lui-même transcrit en entier tous les manuscrits dont il était possesseur : tâche presque surhumaine, s'il s'agissait de tout Aristote.

-• !-• ti^f:fger, Essai .sur l'histoire de la crill(jur c/iez les Grecs.

Platon, t. I. -io

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