I, 9, 091b 3. - Cf. XIII, o. 1080a 2, et Phédon 100 B
Phédon que les idées sont cause et de l'être et du devenir. » La même pensée est reproduite ailleurs ^ comme enseignée par Socrate dans le Phédon. Enfin dans la Météorologie - Aristote s'inscrit en faux contre « ce que le Phédon renferme au sujet des fleuves et de la mer. » Gomment supposer un seul instant qu'Aristote a considéré un platonicien quelconque, et non Platon lui-même, comme Fauteur de ce dialogue?
Il est certain également qu'Aristote avait lu le Banquet, bien qu'il se serve en en parlant d'une désignation plus vague '\ au lieu du titre précis qui lui a été donné depuis. « Pour nous, écrit-il dans sa Politique ', le bien suprême de PEtat, c'est la sympathie entre ses membres, puisqu'elle prévient toute dissension civile... A^ous savons qu'Aristoi)hane dans la discussion sur l'amour dit précisément que la passion, quand elle est violente, nous donne le désir de fondre notre existence dans celle de l'objet aimé et de ne faire qu'un seul et même être avec lui... Or la communauté, dans l'Etat où elle prévaudra, éteindra toute bienveillance réciproque. » Qu'il y ait ici une allusion manifeste au discours d'Aristophane dans le Banquet, c'est chose évidente : et il est incontestable, selon la remarque d'Uberweg, que pour conserver quelque force et n'être pas un trait d'esprit absolument déplacé, ce rapprochement a dû être emprunté par Aristote à Platon lui-même. A ses yeux le Banquet était donc un écrit platonicien. Mais, qu'on veuille bien le remarquer en passant, à quoi sommes-nous redevables de cette citation? à l'unedes graves et belles questions philosophiques discutées dans ce dialogue? non ; c'est à une particularité en elle-même insignifiante qui avait par hasard frappé l'attention de l'auteur de la Politique.