livre de la République
?u C'est nn sujet de controverse entre les l»iograplies anciens et modernes du Platon que la question de savoir s'il a porté les armes. Les uns l'aftirment en alléguant que xVthènes, pendant les ilix dernières années du v^ siècle, a couru d'assez redoutables dangers pour avoir dû ordonner l'enrôlement de toute la jeunesse. Les autres le nient, en invoquant soit des textes positifs (Elien, III, 24, Lucien, Parasite, 4;i), soit l'erreur manifeste de ceux qui le font combattre en même temps que Socrate, de quarante ans plus âgé, aux batailles de Tanagre et de Délium, ou sous les murs de Corinthe en :V.)i>. Le débat nous parait trop stérile pour qu'il soit opportun de nous y arrêter
davantage.
4. Qu'on relise notamment dans les Mémoires de Socrate (TU, 7) soit la page où Socrate reproche à Gharmide son indifférence et son abstention, soit celle où il rappelle à la modestie lo jeune Cdaucon qui, sans études spéciales et sans expérience, se croyait déjà homme d'Etat.
la sagesse et de la science helléniques. Cotte cité où tant d'idées s'échangeaient et se heurtaient librement chaque jour ouvrait ses portes à toute doctrine, à tout homme célèbre avec une facilite peut-être imprudente, en tout cas en complet contraste avec l'esprit étroit el exclusif de Sparte. Kcartons pour un instant la personnalité si vivante, si originale de Socrate. Un spiritualisme encore hésitant y avait rlv prêché par Anaxagore, justement lier décompter Périclès parmi ses disrijiles: Empédocle y avait enseigné: la destruction de l'association pytliagoririenne en Italie avait conlraiiit Lysis, Simmias et Cébès à demander un asile à la Grèce; Parménide ])eut-ètre, Zenon certainement était venu dans cette même Atliènes planter le drapeau de Péléatisme en face des derniers représentants de l'école ionienne : enfin les sopliisles, avides de recueillir des richesses et des applaudissements, avaient fait de cette brillante capitale du monde grec leur (juartier général, convaincus que h\ seulement ils [.ouvaient trouver un fructueu.x emploi de leurs multiples talents.
Kst-il téuK'raire dès lors de se représenter le goût de la philosophi<3 aussi répandu au sein des classes éclairées de TAthènes d'alors qu'il a pn Pètre dans notre Paris au xiii^ siècle à Page cPor des ancieimes universités /
Ici se pose d'elle-même la ({uestinn suivante : De quels philosophes, de quelle école Platon fut-il d'abord l'élève ?
A considérer les fruits étonnants que fit gernu^r on lui VoU" seignement de Socrate, à voir le (lisci[)le recevant avec avidité les doctrines du tnaitre pour les développer à son tour, on s-^rait tenté de croire qu'il lui apportait une intelligence df'jà nnnae par dos études et des controverses antérieures. Les premiers penseurs grecs, du moins à on juger par ses dialogues, ne paraissent l'avoir que médiocrement attiré. Il ne nomme nulle part ni Auaximène, ni xVnaximandre, ni Diogène d'Apollonie. Il connaît les théories d'Anaxagore, mentionne en passant quelques assertions plus ou moins curieuses d'Empédocle, <'t place Thaïes parmi les hommes que leurs habiles inventions ont rendus célèl)res. xMais quels furent en ces matières