Porpliyre, Vie de Plotin, 20 et
4. Plusieurs auteurs se sont demana.' en effet si Thrasvlle le platonicion devait se confondre avec l'astrolorrue. Gobet le conteste Vormellemont. On peut consulter sur ce sujet deux dissertations : Tune de l'abbé Sévin dans la première série des Mémoires de V Académie des Inscriptions et Belles- Lettres, (tome Xi : l'antre du savant K. F. Hermann {Disputalio de Jhrasnllo Orammattco et mathematico, Gottin:fuo. lSo2). - La mention faite par Plutarque de deux autres Thrasylle a fourni à Th. II. Martin la matière d'une let re a I5uoncompnoni sous ce titre : Sur quatre personnaqes appelés Thrasylle. L Académie des inscriptions en 18;i9 en a entendu quel.pies fragments '
5. Pourquoi en efT.t considérer les Lettres comme un seul et'unique ouvrage, alors que sans raisons apparentes on partage la Uépubliqueen 10 livres et les Lois en 12 ?
6. Trois siècles plus tard Porphyre répartira de même en six Ennéades les œuvres de Plotin son maitre à cause de la perfection {zavJ.,r,,) du nom- Dre 0.
7. Mullach (/••m.v... />/,;/. ryn-^c, 111, p. 01) conclut ainsi son appréciation: « Tantum ab.st ut qui'cunqne comparent in Thrasvlli catalooo e.m
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Mais afin que le lecteur puisse juger en connaissance de cause cet ordre tout de fantaisie, sans caractère philosophique, sans valeur litéraire, et prohablement sans autorité historique, on nous permettra de transcrire ici littéralement la page curieuse que lui consacre Diogène Laèrce. (( Thrasylle prétend qu'à l'exemple des tragiques, Platon avait publié ses dialogues par tétralogies... Ses dialogues authentiques, dit-il, sont' en tout au nombre de cinquan'e-six. La 7?67;?^/>//"^?^e... étant divisée en dix livres, et les Lois en formant douze, il n'y a en somme que neuf tétralogies : car la Rrpublique et les Lois ne comptent chacune que pour un ouvrage. Les dialogues qui composent la première tétralogie ont, suivant Thrasylle, un sujet commun, l'auteur s'ell'orcant d'y établir quelle doit être la vie du philosophe. Chacun de ces ouvrages porte deux titres, tirés,* l'un du nom du principal personnage, l'autre du sujet du dialogue. A la tète de cette première tétralogie il place un dialogue expérimental S Eutiu/phron ou de la Sainteté, puis trois dialogues moraux, V Apologie de Socrate : Cnton ou du Devoir : Phédon ou de l'Ame. — 2« tétralogie : CraUjle ou de la Justesse des noms .dialogue logique): Théétcle ou de la Science (expérimental) : le Sophiste ou de l'Etre (logique) : le PoliWjne ou de la Royauté (logique). — 3« t.'tralogie : Parménide ou des hh'es (logique) : Philèbe ou de la Volupté (moral) : \^ Banquet ou du Bien (moral) : Phèdre ou de l'Amour (moral). — i^ tétralogie : Alcibiade ou de la nature de Thomme (maïeutique) : le second Alcibiade, ou de la Prière (même genre) : Hipparque ou de l'Amour du gain (moral): les Rivaux on de la Philosophie (moral). — :;e tétralogie : Théagès ou de la Philosophie (maïeu^ tique), Channide ou de la Tempéraiîce (expérimental) : Lâches ou du Courage (maïeutique) : Lysis ou de l'Amitié (maïeutique). - G^ tétralogie : EutJvjdènie ou de la Dispute (destruetif; : Pro-
obreni Renuina Platonis scripta esse dicam, nî hominem nulla re minus quam crilica facultate valuisse existimeni. »
1. 11 est fâcheux que ce mot a expérimental ^> qui, par son étvmologie repond assez bien au grec Tictpa^T-.xô;, ait pris dans notre langue" un sens très différent.
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tagoras ou les Sophistes (déinonstralif) : Gorgias ou de la Rhélorique (destructif) : Ménon ou de k \ eiLa (expérimental). — 7^ tétraloi^^ie : Les Deux Hipplas, le premier sur rilonnète et le second sur le Mensonge (tous deux du genre destructif) : Ion ou de riliade (^expérimental) : Mrnexànc ou l'Eloge Funèbre (moral). — 8*" tétralogie : Clitoj^hon ou Exhortation i moral) : la République uu du Juste (politique) : Timée ou de la AaLure (physique) : Critias ou l'Atlantide (moral). — î)« tétralogie : Mi}ws ou de la Eoi (politique) : les Lol^ ou de la Législation (politique : VEpinnmis, intitulé encore Entretien? nocturnes ou le Philosophe i^poiitiique) : enfin treize lettres morales. Ces lettres portent pour inscription honnêteté, tandis que dans celles d'F.picure on trouve le mot bonheur, et dans Cléon salut. Une de ces lettres est adressée à Arislodème, deux à Archytas, quatre à Denys,'une à Ilermias, Erastusct Coriscus, une à Laodamus, une à Dion, une à IN-rdiccas, deux aux amis de Dion. Telle est la classification de Thrasylle, ado[)té'e par ([ucl([ues auteurs.
Que penser de ce système de classification visiblement imité des tétralogies attiibuées avec ])lus ou moins de raison aux anciens [«oètes tragi(|ues,au nombre desquels dans la pensée de Thrasylle figurait Platdu lui-méme?G'est en vain qu'on se mettrait en quête d'une justification, d'une explication rationnelle. Ce n'est même pas de la forme dramati([ue des dialogues platoniciens <[ue Thra<yll(' a dû s'inspirer, puisqu'il passe pour avoir disposé sur le même plan les écrits de Démocrite, d'un tour tout didactique. Je ne vois à ce procédé d'autre avantage que celui de se prêter sans la moindre contrainte à toutes les cond)inaisons imaginables ; en elîétdès (juc l'on réunit dans un mémo groupe des dialogues aussi dissemblables que h' Haiiquel et le Parmé/iide, ou le Premier Aleibiade et XUipparque, tous les rapprochements deviennent également possibles. L'emploi des trilogies trouvait à la rigueur une certaine justification dans la pratique de Platon lui-même : ici cette excuse fait entièrement défaut : tout au plus peut-on dire avec M. Chaignet que le tort ou le mérite de ThrasvUe a été
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d'étendre à tous les ouvrages de Platon sans distinction une distribution symétrique dont on aperçoit dans l'un ou Pau- Ire passage de ce pliilosophc les très vagues linéaments \ Où trouver d'ailleurs le moindre effort pour placer à la fin de chaque tétralogie l'équivalent du drame satyri(|ue / En tout cas il eut été utile et nécessaire d'établir un lien entre une tétralogie et la suivante, et de grouper dans chacune d'elles d'une lacon intelligente et d'après une suite raisonnée et facile à saisir les quatre dialogues qui la composent : on eut ainsi atténué l'erreur impardonnable commise « en emprisonnant dans des compartiments artificiels le libre génie d'un artiste inspiré tel <|ue Platon. » Or cette préoccupation, si élémentaire ({u'elle fut, est restée étrangère à l'espi'it à coup sur peu philosophique de Thrasylle, et ses plus chauds partisans ont été obligés d'en convenir.
Voyez K. F. llermann ([ui après avoir adopté très fidèlement cette division dans son édition a cherché à établir qu'elle était en harmonie non seulement avec l'esprit de l'antiquité, mais encore avec les sujets traités et la succession chronologique des divers dialogues, de telle sorte qu'en faisant la part de l'apocryphe et en transposant la troisième tétralogie après la S(q')tième, on obtiendrait à ptMi de chose près l'ordre qui passe aujourd'hui pour le plus rationnel : il a jugé lui-même sa propre démonstration si peu satisfaisante qu'il la termine par cet aveu: « Mira saue ratio (|ua(}ue hodie vix quemquam usurum esse certum est -. » Ajoutons que pour s'aliéner jusqu'au bout notre confiance, Thrasylle osait affirmer (|ue cet ordre remontait à Platon lui-même qui l'avait, disait-il, suivi intégralement dans la publication de ses ouvrages ^.
i. En ce sens que ïllcrmogc/te devait servir ;i compléter la trilogie réelle Bépi(})lif/(ff>, Timéc, Critias, et le Philosophe la trilogie présumée Thcéléle, SopJiiste, Politique.
2. Suckow l'appellera plus tard « ein folgewidriges uriJ zweckloses Verfahren. »
3. Diogène Laërce, 111, o6 : ^paa-j/Ào; li <if^n: -/ai y.XTà tt;/ TpaY-z.r.v TSTpa- Àoyîav Èxoo-jvai aùtov toù; Sia)-oyo-j:. TVinvraiseiiihlance de celte assertion aurait dû frapper davantage un érudit tel que MuUacii. Zévort, sans doute
Une page plus haut =. Diogènc Laëroe rapporte un autre modèle de division des dialogues, d'^iprès le but poursuivi el ki méthode adoptée dans chacun d'eux : c'est à coup sûr le type déclassement le plus louique qu'ait imaginé ranti«{uit('. 11ermann, Grote et d'autres modernes- en font également iionneur à Thra^ylle, comme aussi du mérite d'avoir substitué aux titres vulgaires (d- toO r>r:[X7.To:) d'autres désignations tirées du fond des choses (^7:0 tou T.zayLy.zo;) : sur ce sccoufl point peut-être ont-ils raison^ : quant au premier, je cherche en vain les textes rju'ils pourraient invoquer, sans parler de Tespèce de versatih't!' (jii'ils imposent à leur client, obligé ainsi de prendre au même titre sous son patronage deux classifications reposant sur des principes opposés, presque contradictoires.
J"ai dit précédemment que l'icuvre de Thrasvlle était non seulement sans valeur i)lulosophique, ce que chacun accordera sans beaurou]) de peine, mais encore sans autorité historique : il importe d'insister sur ce point.
Remarquons tout d'abord qu'en ce qui concerne la division en trilogies, Diogène Laërce ne l'attribue pas à Aristophane de Dyzancc seul, mais à un groupe de critiques dont ce célèbre grammairien faisait partie; ici au contraire c'est bien à Thrasyjle qu'il fait remonter cette répartition en tétralogies, tout en insinuant, ce que démontrent d'ailleurs nos maluiscrits. qu'il avait trouvé des imitateurs \ Albinus, il est vrai, joint an nom de Tlîrasylle celui d'un commentateur absolument inconnu à Diogène et dont la date est des plus incer-
pour décharger Thrasyno ou son liistorien d'une lourde invraisemblance, traduit èxSo-jva', par : « avait groupe. ■> 1. III, /0-5i.
^ 2. Voir notamment une curieuso dissertation dTxem dirigée contre Sclileiermacher (Ein Aoyo; TiporpsTîtixo;, Berlin, 1841), où l'ombre de Thrasvlle est évoquée du fond de la tombe pour confondre avec une mordante ironie les prétentions du célèbre platonicien.
3. Faisons da moin.s une exception pour le Phédon, ainsi désigné dans la 1^^ Tusculane (ch. 11) : «^ Evolve Platonis eum librum, qui est de animo. »
4. Diogène Laërce, III, 57 : EWi toÎvuv, çr.acv, olTravTsç a-^TÔi yvt^jatot ÔtàXoyoi î\ xac TTSvrr.xovTa, et plus loin (61) : vS: o-j-o; |j.£v ouxw StaipsT xa\ tiveç.
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laines : Dercyllidas, lequel avait écrit sur la philosopbie de Platon un ouvrage assez étendu, puisf[ue Simplicius en cite le oîizième livre ^ ; et il ajoute que ces deux auteurs crurent devoir proc/'der dans leur classement d'après les rapports des personnages et des événements -. Ce principe est en ellet appliqué, et d'une façon en somme assez lieureuse, dansla [)remière tétralogie, où la personnalité de Socrate considéré coinme le modèle du pbilosoplie est manifestement en évidence ■' : mais dans les suivantes il est difficile ou plut.U imj)ossible de le reconnaître : on y marcbe à l'aventure, dès que font défaut les analogies extérieures.
L'n texte de N'arron ', sur lequel on croyait pouvoir s'appuyer pour établir (pie la division de Tlîrasylle était di'jà en honneur au premier siècle avant notre ère, n'offre qu'une ÎKise fragile et mimie absolument ruineuse, s'il faut en croire les plus récents éditeurs.
Ainsi rien n'autorise à conclui^e que ce platonicien d'occasion, comme on l'a appelé, ait emprunté à l'opinion régnante ou aux catalogues des grandes bibliothèques autre chose que la
1. Ad Arist.phys. 54. M. Ghaignet traite cet ouvrage de peu loyal, sans doute pour ce seul motif qu'il traduit para altérer», au lieu de « transcrire » le mot Trapavpa^civ dansla plirase de Simplicius : tov Aôpx-jAAÎôrjV... 'Epp-oowpo-j ToO nXa70)vû; Itat'pou AÉ;iv Tiapaypa^s'.v ix rr,; 7:ep\ llXâtwvo; aÙToO iruy- Ypa:pr,-. Il s'agit de ridontilication que Platon avait, dit-on, établie entre les divers termes : fjiya xal {jitxpov, àôpt(7Tov, aTiscpov, uXr,.
2. Ch. VI : Aoxo-JTi ôf [xo', Tipoo-oSuot:; xal [îîwv TcspiTTaTcTcv f,6£>.r,xÉvai -raçiv ÈTitOciva-. : tentative qu'Albinus déclare à son point de vue al)solument stérile.
3. On pourrait appeler cette tétralogie « socratique », tandis que la première trilogie d'Aristophane est au plus haut point platonicienne. Voir d'ailleurs l'explication qu'en donne Albinus d'après Thrasylle : « La première tétralogie comprend d'abord VEulhyphron, parce que c'est là que l'assignation est donnée à Socrate; en second lieu VApolotjie,. qm ne pouvait précéder l'assignation: le Criton, parce que les faits qui s'y passent ont suivi les débats et la condamnation; enfin le Phédon, qui est nécessairement le dernier acte do la tragédie. » {Introduction, ch. 4.)
4. On lisait en effet autrefois dans le traité De Ungua latina, II, 8o : « Plato, in quarto, de iluminibus >) ce qui semblait indiquer que pour désigner un dialogue (ici le Phédon), il suffi.^ait de rappeler son numéro d'ordre dans la collection: mais, sauf Mullach, la plupart des modernes ont adopté la correction d'O. Millier : « Plato in quatuor Iluminibus ».
Platon, t. I. 30
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liste pure et simple des écrits qui passaient alors pour avoir été composés par le grand philosophe; tout le reste, classitication, distribution en tétralogies, distinction entre l'authentique et l'apocryphe, pourrait fort bien être ou son œuvre propre ou l'œuvre de quelqu'un de ses devanciers immédiats. C'est en tout cas une hypothèse éminemment gratuite de supposer que pour mieux assurer le succès de son entreprise il avait vu et consulté à l'Académie ou au Plolemœum la précieuse collection (alors dispersée depuis longtemps sans doute) des autograpfies de Platon. Il est trop évident, étant donné d'un côté son tempérament iiitrllectuel, si l'on peut ainsi parler, et de l'autre les détails de sa biographie, qu'il n'a pris luimême l'initiative d'aucune recherche historique ou critique. Ce qui est également certain, c'est qu'il n'a pas dii recourir au critérium interne avec la même libert(' que certains critiques allemands ni comparer chaque dialogue en particulier à iw type i)latonicien fixé à l'avance d'une façon plus ou moins arbitriire; nous en avons la preuve dans la variété presque infinie des écrits auxquels il a fnit une place dans son catalogue, depuis le Clitophon et le J/?/ir)5 jusqu'au Parménide et au Timce. KnQn il est si peu assuré d<" la véracité de ses assertions qu'en ce qui touche les Ri cou i il était le premier, nous rapporte Diogène Laërce \ à émettre des doutes sérieux sur leur authenticité.
On dit : les dialogues que l'antiipjiti' a rejetés d'une voix unanime nian([iipnt dans le catalogue de Thrasylle : donc ce catalogue a joui d'une autorité décisive: donc il remontait auxbil)lio- Lhèques d'Alexandrie. — Pour tourner cette difficulté, il suffirait d'admettre que ces apocryphes sontd'une date postérieure : mais cela même n'est pas nécessaire. Dans quel temps, pour quels motifs, ou grâce à quelles circonstances l'origine mensongère de ces dialogues avait-elle été démasquée? nous n'avons })as
1. IX, 37. C'est tout à fait occasionntUeiTient, à propos de Démocrite, que Diogène nous instruit de ce détail. Il est donc bien permis de supposer que des doutes analogues ont pu être exprimés sur d'autres compositions semblables, sans qu'aucun texte ne nous en ait conservé le souvenir.
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à le rechercher ici, et d'ailleurs cette'enquête demeurerait sans résultat : mais tirer de ce fait, que Thrasylle ne devait pas ignorer, un brevet pour ainsi dire officiel d'authenticité pour tous lesécritscontenusdanssacollection, c'estallerplus loin que ne le permet la logique. Au .reste qu'on veuille bien le remarquer : les deux catalogues d'Aristophane et de Thrasylle sont trop dissemblables et par le nombre et par la distribution des écrits qui y figurent pour dériver de la même source : si donc, ce qui est vraisemblable, le premier est conforme aux canons alexandrins, il esta peu près certain que le second s'en sépare, (irolc et M. Waddington pensent que Diogène n'a été si sobre de détails sur la classification d'Aristophane (jue ]>arce qu'elle renfermait exactement les mêmes dialogues ([ue celle de Thrasylle, ([u'il préférait comme moins forcée et plus naturelle et sur la([uelle il venait de s'étendre : pourquoi sup])oser que sur trente-six dialogues, Aristophane malgré tous ses efforts n'a réussi à en cataloguer que quinze, et que pendant les deux siècles qui le si'parent du règne d'Auguste, siècles exploités au (li\i:ré (pie l'on sait par la mauvaise foi des éditeurs, la collection [>latoni(ienne a été victorieusement garantie contre toute invasiou * 1
Mais on insiste, et pour établir le parfait accord entre le ca> talogue dressé })ar Thrasylle et lopinion générale i\(i^ lettrés d'alois, on'allegue ce fait que les copistes s'y sont universellement et docilemeut conformés-, — Je n'examine même pas la question de savoir dans ([uelle mesure la symboliqueappliquée
1. Cf. Uborweg (p. 106): « Es ist nicht wahrscheinliclj, da?s das V^orzeichniss, Avelclies Thiasylliis vorfinden moclite, nocii voliig mit demjeîiigen iibereinslimmte, an welches Aristophanes sich gehaUen halte: os liatten seitdem doch wohl nocii andere Dialoge, soi es als echte oder als zweifelhafto, Aufnahme gefunJen.da einigevon den vorhandenen wohl eine spiitere Entstehungszoit verralhen. »
±. Dans le célèbre manuscrit de Platon connu sous le nom de Clarkia?ius, les titres mêmes dos dialogues semblent avoir été emprunti's directement au catalogue de Thrasylle. Un tableau dressé par M. Schanz (p, 14-17 de ses Sfiidien zur Geschichte des Phitonischen Textes) permet de se rendre compte à première vue des ressemblances ou dos dissidences entre ce catalogue et 68 des principaux manuscrits.
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à ce problème d'érudition par l'astrologue de Tibère a pu, en un temps de crédulité superstitieuse, contribuer à la popularité de sa tentative. Comme tous les manuscrits actuels de Platon dérivent de deux ou trois arch('types, on voit que le hasard a pu ne pas être étranger à la ressemblance (pie l'on signale, et({u'il ne faut pas exagérer. Tantnt en effet l'ordre marqué par Tlirasylle est suivi do point en point, comme dans le manuscrit Z, tantôt seulement ^n partie; il est même assez fréquent que maint dialogue soit déplacé, mainte tétralogie su[)prin^iée. Les Irois dernières surtout n'ont été ([uc bien rarement respectées.
Uu'on veuille bien d'ailleurs le remarquer : les commentateurs et iiitorpn'tes de Idaton ont conservé en face de cette classification la plus entière indépendance. All»inus et Diogène Laérce nous apprennent l'un et l'autre l'étrange confusion d'idées qui régnait au sujet de l'ordre clans lequel il convenait de faire étudier les dialogues aux futurs disciples du platiniisme. En somme, le double exein[)le d'Arislophane et de Tiirasylle montre seulement combien i'''rudition romaine ou alexandrine était mal [)réparée à résoudre délinitivement de tels problèmes \ de UKune t{ue Diogène Laërce trahit son peu de profondeur en s'intéressant bien moins à la doctrine même de Platon qu'aux hypothèses des grammairiens sur l'ordre et la division de ses dialogues.
Enfin c'est un fait irrécusable que dès l'antiquité des doutes se sont édevés sur [)lus d'un dialogue inséré au canon de Thrasylle. Celui-ci, nous r;ivons vu, constatait lui-même- que l'origine platonicienne des Rivaux était lout au moins sus-
1. On connaît le^ termes dédair^meiix qu'emploie Aulii-( lelle en i)arlant des catalogues des comédies de Plante {Nuits attiques, III, 3) : « Vei-um esse comporior quod quosdam bene litleratos homincs dicere audivi, ((ui plerasque Plauti coniœdias curios.' atque contento lectitaveruut, non iudicibus .Elii, nec SeJigiti, nec Glaudii, nec Aurelii, nec Attii, nec Alanilii super lis fabulis <iuto dicuntur ambigua3 credituros, sed ipsi Planto mori busqué ingt'nii atque linguie ejus, llac quoque judicii norma Varronem quoquo usuui esse vidcmus. »
2. Diogène Laërce, IX, 37 : EiTCcp ol 'AvTEpaTTal IDatr-ivoî £'.<t:v. Yxem a sans doute tenté d'interprôter ces par«des dans le sens d'une confirmation
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pecte : VEpiiiomis était généralement attribuée à Philippe d'Opunte \ et le Second Alcibiade à Xénophon ^ Tout porte à croire que si alors la crédulité eut été moins commune, l'érudition plus sérieuse, la critique plus en éveil, ces doutes se seraient étendus bien plus loin. D'ailleurs n'est-il pas possible, probable même que l'authenticité de tel ou tel dialogue a été mise en question sans que cette incertitude ait laissé de traces dans l'histoire littéraire ou philosophique?
Il est temps de clore ce débat. Le catalogue de Thrasylle peut être considéré comme la réponse la |)lus complète (ju'ait faite ranli([uité à ce problème : « Quels sont les écrits authentiques de Platon / » Mais })our que nous lui reconnaissions une autorité incontestée et incontestable, supérieure à toutes les objections du sens personnel, trois conditions, Grote l'a impartialement proclanK', sont absolument requises : la première, c'est ipi'une tradition ininterromp-ue. entourée de toutes les garanties désirables, ait porté d'Athènes à Alexandrie la connaissance précise et certaine de ce qui ('tait sorti de la ])lume de Platon : la seconde, c'est ([ue les bibliothécaires tant des Allalides (pie des Ptolémées aient été en situation de discerner et de démasquer les erreurs d'attribution et les tentatives de fraude (pti ont été provo(}uées parla création des grandes collections dont ils avaient la surveillance : la troisième, c'est que la liste dressée par Thrasylle, au lieu d'être en tout ou en partie l'œuvre de ce platonicien o!)SCur, soitla co|ue pure et simple, sans addition étrangère, du Jugement définitif |)orté par les critiques alexandrins.
Or, si nous ne nous faisons illusion, les pages ({ui précèdent ('tablissent (ju'aucune de C' s conditions n'a été intégralement remplie. Au lecteur de conclure.
nouveiie do raullioiiLicitJ du dial);-;ue: mais il est clair qu'elles ne s'y prêtent en aucune façon. — (^f. Galien (XV, p. 160, éd. Kuhn.)