Par exemple 393 E, 305 E, 398 B
5. Lucien (Parasite, 32) dit d'Escliine: '0 to-j: aaxoo-j: xal iTxzio'j; ôiaXôyo'j; rpâ'I/a;. La première de ces épitliètes, sinon la seconde, s'a^'uliquerail très mal à VEn/Jcias.
6. Diogène Laërce, et Atliénée. — Tandis qu'Yxem, dans son Aôyo; tloo- TpsTTTixoç, attribue liardiment V Alcyon à Platon. Ilermann l'appelle u das elendeste Machwerk eines vcrungllicklcn Sokralikers. »
L'ŒTVRF DE i'f.ATON
premier est un résumt' fort iniiahili3 de deux thèses soutenues dans le Protarjoras, à savoir que la justice est une science, et que personne n'est volontairement méchant : le second est un abrégé deïEu^hf//jhrone[ surtout du Mcnnu : mêmes théories, souvent mêmes expressions. Précisément pour ce motif Socher a cru pouvoir revendiquer pour ce dernier opuscule la main de Platon '.
Sisyphe et Dé.modocus. Com[)ositions médiocres, dont l'auteur cherche à broder çà et là sur un fond absolument insignifiant (juelijues tours empruntées à la conversation deSocrate. T.a seconde, (^om[)Osée de quatre anijilifications sophistiques, où l'on serait lenti' «h- reconnaître les surprises captieuses des dialecticiens de Mé'i^are, est visiblement un travail d'école, un exercice diale(ti(pje ■-. (Ui y agite des (juestions telles que les suivantes : i< Vaut-il mieux demander la vérité à ceux ({ui nous aiment, bien qu'ils rii^norent, qu'à des inconnus ([ui la })Ossèdeutî^ — CîMomont rhoiimie incertain sur la conduite qu'il doit tenir jecoiinaîtra-t-il qu'il faut suivre tel cons'ul et négliger tel autre? >^ Le Sisyplu;, centon de phrases platoniciennes alignées parfois avec un certain art, développe la |)remière thèse discutéi^ dans le Drmodocus. « A (juoi bon (b'iihérer? Sur ce {[ue l'on sait, la chose est inutile; sur ce que l'on ne sait pas, stérile et même impossible. L'avenir, objet de la délibération, n'existe pas ; comment l'atteindre? n A coup sur il ny a ri:^n là de platonicien ^
AxiocHL's ^. N'ûici le plus inq)ortant et le plus remarquable saus contredit des dialogues jcjetés par les anciens. Socrate, appelé auprès d'Axiochus mourant, lui parle de la vie terrestre
l. Bœckli, s'appuyant sur une phrase assez étrange d'une des Lettres aitribuées à Platon, suppose que ces deux ébauches ont vu le jour au touips de Socrate et sont l'œuvre du cordonnier Simon. — Isidore de Péluse (IV, ép. 91) non seulement en admet l'authenticité, mais encore aflirmeque plusieurs résumés de ce genre avaient été composés par Platon.
i\ Cf. 388 D.
3. Le StTTAao-taTixo: zov xu6o'j, mentionné 388 E, trahit une date postérieure. Cf. Plutarque {De Ei apud Delphos, 6).
4. Dans quelques manuscrits, ce dialogue est intitulé Clinias, du nom d'un autre personnage.
LES TKMon.WC 1-:^ inSTcRIQUES
et du monde à venir avec une élévation plus apprêtée, mais pres(|ue aussi touchante ([ue celle du P/irâon. « Dans un langage d'une beauté éloquente, il lui démontre (jue la vie n'est qu'un voyage, et qu'il faut la quitter avec des chants de joie. L'homme n'est (ju'uneàme (jui a soif, désir c4 reu^ret de l'étlier dont elle partage la nature iminnrt(d!e, et il doit aspirer à mourir pour revivre dans les chœurs célestes. La vie corporelle n'est qu'iine succession de maux et de soullrances, d'autant plus pénible ([u'elle se prolonge plus longtemps. Tardez-vous à payer votre dette à la nature:^ comme un<' prêteuse à la petite semaine elle vous redemand-'. ce «pi'elle vous a prêté d'organes et de sens '. Ce nVst i)as à la. mort qite nous mène la mort, c'est h l'immortalité -. »
Ce qui pourrait nous di'tfairr.er (]o reconnaître ici în main de Platon, ce n'est pas à coup sûr cette teinte mystique, ce mépris à peine déguisé de la vie présente et de ses misères, ni môme la préoccupation visible de l'auteur d'abaisser le mérite de Prodicus pour exaher d'autant celui de Socrate. Dirons-nous avec un critifjue que VA.rior/ias est aux vrais dialogues ce ({u'est un nmrmure à une voix puissante et sonore :^ Ce jugement nous i)arait bien sévère. Dautres objections n'ont pas une beaucoui) plus grande valeur. On croyait autrefois que les jeunes Athéniens n'avaient pas été soumis avant le ni« siècle à la surveillance de l'Aréopage, expressément mentionnée dans notre dialogue ' : certaines iiiscriptions récemment découvertes montrent que la linute cour athénienne, si bon nous permet cette expression, était investie en ce r[ui touche les TTziâoTGiÇy.i d'un droit dinspection r^dativement très ancien. Le Lycée et l'Aciub'un'e sont cités en ténmignage de la discipline sévère imposée à la jeunesse : mais pour en connaître et pour en prendre le chemin, les Athéniens n'avaient certainement
1. 367 j;. (Jue l'on rapproclie le passage do l'oraison funèbre du P. de Bourgoing, où Bossuet compare la nature à un bienfaiteur avare «[ui nous reprend l'un après l'autre tous ses dons.
2. Analyse empruntée à M. Chaignet {La vie et Ifs œuvres de Platon, p. 1 !8).
L'ŒUVp, K DE PÎ.ATn^
pas aUeudu que Platon et Anslole se fissent chefs d'école *, et d'ailleurs la fréquentation des philosophes n'a jamais figuré parmi les contraintes do l'éducation.
Ce qui est peut-être plus significatif, c'est le commentaire ([ue nous rencontrons d'une pensée célèbre d'Epicure : <( 0 mort, si je suis, lu n'es j)as : si tn es, je ne suis pas - : » puis la mention d'un bon démon, la(|uelle implique à peu près nécessairement la distinction entre bons et mauvais démons, aussi familière aux successeurs de Platon* qu'inconnue au maître lui-môme ^ : enfin une imitation au moins apparente soit d'un fragment de Télés, contemporain d'Antigone Gonatas, fragment rapporté par Stobée % soit de quelques vers fameux de Lucrèce. Ces mots ; •' Ou sont ces fiers discours, ces perpétuels éloges de la vertu, ce courage inébranlable ? Comme un lâche athlète, après avoir f.iii preuve de bravoure dans les Cfvmnases, tu refuses de com]»attreî » font sonii^er .uix maximes stoïciennes et notnmment aux adieux de Sénèffue mourant dans Tacite. Prise dans son ensemble, l'argumentation est faible, et le mythe de Gol)ryas bien au dessous des aîJ('gories analogues d(^ Platon. Au lieu d'une simplicité' éb'gante, nous sommes en présence de cotle rhétoii jue superficielle propre aux âges de d('cadence. Les néologismes y abondent \
Aussi quelles profondes divergences dans l'appréciation des critiques, depuis Cobet ({ui déclare qïi'un abîme sépare le genre de notre dialogue de celui de Platon, jusqu'à P)œckli (jui y découvre au contraire « plura prorsus divina et Platone haudijua-
1. Oui ne se souvient notamment des beaux vers d'Aristophane dans les Nuées ?
2. Diogène Laërce, X, 125. Mais est-il démontré qu'Epicure n'ait a1)solurnent rien emprunté à Platon ?
3. Voir le long chapitre intitulé Dœmonenlehre dans l'étude que M. R. Heinze vient de consacrer à Xénocrate.