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4. Y, 2 50 : 'Ev ôà xw 'A^io/w uf/pw; *A>.xtotaoô'j v.y.-.ce.xçtiyv. w: oîvoçX-jvo; xal Tispl Ta; àXXoTpiaç yuvatxa; o-Tio'jSâî^ovTo;.
5. Acad. II, 44. — C'est sur la prière de Côme de ^Nlédicis mourant que Ficin composa sa traduction de VAxiochus. On raconte en outre qu'un des griefs élevés contre Etienne Dolet fut qu'il avait rendu ces mots du dialogue ; w; àpà o'jx k'ast par cette expression énergi(iue: «c Après la mort tu ne seras rien du tout. »
^. AUTF.rilS ET COMMENTATEURS DE l'ÈRE GftRETIKXNE
Les auteurs ([u\ se sont appliqu('s à recueillir les témoignages liistoîiqnes relatifs aux «ii.ilogues de Tiiluii sont à peu près uiî animes à passer sous sil<'nce les écrivains de l'ère chrétienne ou (lu moins à ne kur reconnaître dans cette question (ju'unc autorité très inrérieuro. Au premier abord il y a là de quoi étonner, ot la surprise redouble lorsqu'on rétléchit aux destini'es (in [)latoni-me. Compromis j)ar les tentatives dissidentes d'Arcésilas et de Carnéade. engagé dans une lutte j.resque incessante contre le Portique, l'esprit platonicien, conçu au sens du rii.iitr»'. avait subi une sorte d'éclipsé dnraiit l«>s trois derniers siècles de l'ère païenne. Diverses circonstances sur lesquelles il est inutile d'insister ici contribuèrent à sa résurrection dans l'âge suivant. Pendant ({u'Apulée et Maxime de Tvr icndaient po[)ulaire chez les f.alins le nom de l^laton, Piutaripi^ îion coûtent de l'ciiiPeter avec assiduité ses écrits, les mé'dite, les commente, les cite en cent occasions, cbarun' d'en faire passer ainsi la siilislancc dans ses propres traités. Toute une école philosoplii(pie se fonde à Alexandrie avec la |>ré'tention de remonter aux tb-'ories ])latoniciennes primitives, saulà y mêler \e> rêveries de 1*\ ihiigore et j(i ne sais ipid mysticisme oriental. Galien et .Vulu-Tielb^ Elien et Athénée, d'ailleurs avec des sympathies et des préoccupations singulièrement diverses, se plaisent h parler de la vie et des écrits de Platon. D'oii vient ([ue des citations aussi précieuses en apparence laissent h- plus souvent la critiqo'* indifb' rente?
La raison en est simple. Les éloges ou les attarjues de ces divers auteurs offrent, si l'on veut, un réel intérêt pour l'histoire (les idées philosophiques et morales, mais ne nous apprennent rien ou presque rien sur l'objet spécial de nos recherches. Le Musée Alexandrin ou [>lut()t son aréopage d'érudits avait jugé sans appel toutes les productions de l'esprit humain. * Les gramnuiiriens gardèrent avec soin les trésors d'érudi-
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tion acc\imulés par les écoles de Pergame et d'Alexandrie : ils y puisèrent à pleines maiiis, ils ne songèrent pas à y ajouter. Le classement des auteurs et des œuvres demeura tel (piil avait et'' réglé. Quand les Grecs étaient si timides, les Romains ne pouvaient montrer beaucoup de hardiesse : élèves respectueux, ils s'en tinrent à l'opinion de leurs maîtres : ils mirent leur honneur aies répéter fidèlement '. »
Ainsi sur Platon comme sur tous les grands noms de l'antiquité, une tradition s'est formée depuis la période Alexandriiie : universellement acceptée, cette tradition fait loi . nnl ne songe à lui demander ses lettres de créance, moins encore à protester contre ses arrêts. D'ailleurs par (pioi la nunplacer ? où cher(dier,où trouver les éléments dune solution meilleure ? Aussi K. \\ lh>rmann sest-il tromp.' lorsqu'il a proposé de considérer l'absence de toute contestation, de toute contradiction au sujet de tel ou tel dialogue comme une présomption formelle d'authenticité -. Ne faisons pas un crime aux anciens de cette adhésion paresseuse aux décisions des canons alexandrins ■' : car il faudrait «'tendre cette condamnation aux premiers éditeurs de la Renaissance, tous coupables de la même docilité, j'allais dire de la même crédulité.
Toutefois Ihistoire philosophique a le privilège de nous oîfrir uu>' catégorie particulière de témoins : je veux parler des seoliastcs et des commentateurs dont le nombre se multiplie durant les premiers siècles de l'ère chrétienne : car tandis que dans la recensionet l'explication du texte des poètes les conclusions des Zénodote, des Caliimaque et des Aristarquc avaient promptement ae([uis force de loi, jusqu'aux derniers jours du paganisme les écrits des philosophes célèbres ne cesseront pas d'être 1 objet de débats et de travaux fort étendus, sinon tou-
1. E. Jullien. Les professeurs de lUiératiire de Vàncienne Borne, p. 267.
2. Sucl^ow a réfuté avec beaucoup de vivacité cette singulière théorie.
3. u Omnibus antiquorum Tiivaxtov reliquiis, — si librorum tabulas ab ipsis scriptoribus aut discipulis familiarissimis confectas, ut par est, excipias — id proprium est, quod ea tantum, quœ in certis bibliothecis sive Alexandriœ, sive Pergami sivo alibi conlecta orant, rospici soient volumina. » (Usener, Analecla Theophrastea, p. 24.)
LES TÉMOI(;NA(iES HISTORIQUES
jours très éclairés. Des scolies sur Platon nous n'avons pas à nous occuper ici ^ : quant aux commentateurs, ils développent les points de doctrine traités dans les dialoi^^ies beaucoup plus dans le sens de leur propre pensée que dans le sens du niaitre lui-même : d'ailleurs, quelque intérêt qui s'attache à certains égards aux dissertations d'xVlbinus, d'Alcinoiis, d'Atticus, et mème^ malgré réloignement des temps et d'évidentes dissidences doctrinaîes, aux laborieuses études des Proclus et des ()1\ nipiodore, il n'y a rien ou du moins il y a fort peu à y glaner relativement aux questions de chronologie et d'authenticilé. Puur eux, il semble ([uelles n'existerjt pas ou qu'ils n'ont pas à les aborder, moins encore à les a|)prorondir. La tradition liistori([ue ne leur inspire qu'une [u-ol'nnde indillérence : on (lirait qu'ils lui ri'l'useul toute valeur ou môme qu'ils n'en soupçonnent [)as l'importance. Et cependant dans un temps où à la place du génie qui fait défaut l'érudition abonde dans les écoles et dans les bibliotiièques, on s'attendrait à trouvtT dans ces ouvraijfes de seconde et de troisième main un intt'r.H véritable pour la précision des dates, l'exactitude des litres, la multiplicité des documents de toute espèce. Il Hiut constater que notre attente est peu satisfaite, parfois ;\ pou près entièrement trompée. >ialgré tout, ces textes à la fois si did'us et si pauvres sont à lire avec soin. Parce qu'un renseignement très admissible en lui-même ne nous est donné que par un écrivain plus ou moins obscur, ce n'est pas une raison suffisante pour le rejeter : car, selon la remarque très juste de Cousin, <e renseignement peut venir des sources los plus pures, des auteurs les plus surs, par une suite non int(Tr(unpue d'emprunts parfaitement autorisés.
Une distinctioîi s'impose ici entre les commentateurs de Platon et ceux d'Aristote. Ces derniers, plus froids, moins accessibles à r<'nî liousiasme, se posent d'ordinaire ;iu début de chacun de leurs traités un certain nombre de problèmes sur l'objet prin-
1. Ces scolies, publiées par Hulinken, sont une mosaïque d'explications et de compilations d'auteurs et de temps très dilîôrents. — Cf. Colin, Untersuchungen ûber die Quellen der Platonischen scolien (1884).
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cipal et le degré d'authenticit»' du livre qu'ils se proposent d'expliquer, sauf à résoudre ces problèmes par des raisonnements et des conjectures plutôt que par des <locuments précis. « Aux questions qui piipient le plus vivement notre curiosité d'érudits, l'interprète ne répond guère que'par dos considérations d'une généralité peu instructive : rarement il lui arrive d'in-* votpier l'autorité des anciens manuscrits, ou l'opinion motivée soit des bibliographes alexandrins, soit de biographes tels (jue llermippe et Aristoxène '. » Pour s'explifpier une pareille pénurie de témoignages formels et de solutions explicites sous la plume dV'rudits tels qu'Ammonius et Simplicius,il faut admettre (pie les bibliothè(pies déjà fort appauvries offraient peu de ressources à l'avidité scientifique de ces hommes studieux.
Aux commentateurs néo-platoniciens s'appli<iuent au contraire à la lettre les remarques légèrement ironiques de Malebranche- : non-seulement la matièrequ'ils traitent est toujours la plus belle, la plus relevée, celle ([u'il est le plus m'cessaire de savoir : mais à leurs yeux Platon n'est pas un mortel ordinaire, c'est un homme divin, un génie sans rival, digne d'une admiration éternelle. Us se regardent comme ne faisant avec lui qu'une même personne, l'environnent de hnir mieux de clartés et de lumière, le cond)lent de gloire, sachant bien que cette gloire rejaillira sur eux. Veut-on un exemple de ce que j"ap[)ellerais volontiers ce parti-pris de vénération ? Proclus ^ en vient incidemment à parler du Mcnexène. Pounjuoi ce discours est-il si peu philosopl]i(pie / i*arce que Platon voulait ?e mesurer avec l'oraison funèbre, chef-d'œuvre de Thucydide. La chose paraît singulière, mais ce qui est plus surprenant encore, c'est d'a}»prendre que le philosophe a réussi à se montrer « très supérieur et ])ar l'enchaînement des pensées, et |)ar l'originalité des développements, et par la clart(' lumineuse de la diction. » De telles hyperboles laissent devinera (juel diapason se montera l'enthousiasme du commentateur, partout où il