lîl, p
LES CRITIQUES MODERNES
siasme de V Apologie et du Phédoji, mais esquive habilement tout ce qui de près ou de loin aurait un air de métaphysique. En somme, étant donné son auditoire, la leçon qu'il consacre à Platon n'est pas sans mérite, ne fut-ce qu'en raison de la liberté avec laquelle il relève et critique ses défauts.
En 18()î) paraissait un ouvrage dont le titre était plein de promesses ^ etqui renfernn.een réalité beaucoupde détails intéressants sur la vie de Platon, ses vertus, et ses rapports avec les personnages les plus célèbres de son temps : mallieureusement ces deux volumes sont écrits dans le style tendu et déclamatoire de répoque,et cachent sous le couvert du grand nom de Platon une déclaration de guerre au christianisme.
S'inspirant de cette remarque de Laharpe : « L'on ne peut recueillir de Platon que des idées partielles et des vérités détachées », deux écrivains d'inégale réputation, Le Clerc - et Pillon \ publièrent l'un et l'autre des extraits de notre philosophe. Le premier lit suivre la biographie de Platon de notes e'minemment instructives et de la traduction de bon nombre de passages où, selon ses propres expressions, il ne s'est proposé aucune autre ambition que d'être éloquent comme son modèle : le second dans sa Préface déplore en termes lé^-èrement emphatiques que « l'image de Platon n'apparaisse plus que comme une ombre vague à travers les siècles, effacée par les imitations de ses admirateurs. >>
Platon était ainsi le premier à recueillir en France le bénéfice du mouvement fécond qui dans la première moitié de ce siècle redoima une vie nouvelle à l'étude du passé : à aucune époque depuis la Renaissance la littérature grecque n'a été cultivée, approfondie, goûtée comme elle le fut de 1815 à 1830, sous l'impulsion des Daunou et des Naudet, des Burnouf et des Letronne. xMais si remarquables qu'ils fussent, les travaux de ces célèbres érudits n'eussent point suffi à provoquer une
1. Essai historique sur Platon et coup d'œil rapide sur l'histoire du platonisme depuis Platon Jusqu'à ?ious, par Gombes-Doiinous. Paris, 1809, 2 voL in- 12.
2. Pensées de Plato7i, Ire édition, Paris, 1819, 2»^ édition, Pans, 1823.