‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 228 sur 343 · lillANDIS, ZELLEll, STEINilAllï · texte numérisé non relu

lillANDIS, ZELLEll, STEINilAllï

Dès l'apparition de l'œuvre dllermann, ceux-là mêmes qui étaient disposés à faire le meilleur accueil à son principe refusèrent de souscrire au plus grand nombre de ses conclusions. Brandis ^ notamment soutint qu'à l'école de Socrate les méditations de Platon et de ses condisciples n'avaient pas été systématiquement concentrées dans la pratique et que si les premiers dialogues de Platon ne font que bien rarement allusion aux écoles antérieures, rien n'autorise à interpréter ce silence comme un aveu explicite d'ignorance. Est-ce qu'Euclide, malgré son profond attachement pour Socrate, n'a pas de bonne heure suivi le courant qui l'entraînait vers les probli'mes les plus épineux de la dialectique ? Attaché comme Ililtcr à l'hypothèse de Schleiermacher, Brandis pose en principe qu'un vrai philosophe débute par une conception d'ensemble, non [;ar des vues de détail: mais si Platon de bonne heure a arrêté les bases de son édilice, il n'en a entrevu (ju'asseztard le plan définitif. Brandis a eu d'ailleurs le double mérite

1. Né à Hildcslieim en 1790, Brandis s'occupa de bonne lieure de la philosophie ancienne, comme l'aUestent ses Commentationes eleaticœ qui parurent à Copenhague en 1812. Il lut Platon avec Cousin à Paris : mais c'est à Aristote surtout qu'il a élevé un monument par la publication des Scholia in Arislolelem (Berlin, 1836). Dans son Manuel de Vliisloire delà philosophie grecque et romaine (1835 et 18GG) il juge sévèrement Ast et prend ouvertement parti pour Sciileiermacher. Brandis mourut à Bonn en 1867.

LES CUITIQUES MODERNES

d'abord de rattacher plus étroitement qu'aucun de ses devanciers Platon à Socrate, ensuite d'étudier Platon non seulement dans Platon lui-même, mais dans son illustre disciple Aristote. Ses deux dissertations De deperditis Aristotelis libris de Idcis cl ae bono ^ — Vberdie Zahlenlehre der Pijtharjoreer undPlaioniker -, attestent une étonnante habileté à se servir de quelques phrases du Stagirite pour reconstituer les parties les plus obscures de la théorie des Idées.

1/historien par excellence de la philosophie grecque en Allemagne, Zeller \ ne s'est inféodé en ce qui touche Platon ni à Schleiermacher ni à llermann. Au premier il roproclic avec raison d'avoir trop pou tenu compfe du développement naturel du philosoplK' athénien . au second, d'avoir cherché uniquement dans des causes extérieures et pour ainsi dire |)urement mécaniques l'explication des phases traversées par la pensée platonicienne. D'après Zeller, nous devrions dans tout dialogue authentifjue retrouver tout au moins une trace, un écho des théories fondamentales de Platon ^ : tel est sans doute le motif qui lui avait fait d'abord rejeter la plupart des écrits (pialifiés ordinairement de « socratiques. » Poussant plus loin la iiardiesse, il avait même, à l'exemple de Ast, tenté dans ses Etudes platoniciennes^ de prouver que les Lois étaient une composition apocryphe. Plus tard, après mure réllexion, il ii'a pas hésit' à revenir sur ces jugements trop précipités ^

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