Article inséré dans le Rheinlsches Muséum
3. Né en 1814 à Kleinbottwar dans le ^Vultemberg, Zeller entra à dix-sept ans à l'Université de Tubingue où il fut élève de Baur et de Strauss. Dès 1844 paraissait la 1" partie de sa Philosophie des Grecs, dont le quatrième et dernier volume fut imprimé en 1852. Successivement professeur à Berne, à Marbourg, à Ileidelberg et à Berlin, où sa robuste et infatigable vieillesse est entourée de la sympathie et de l'admiration publiques.
4. (( Fruhzeitig sind aus Sokratisclier Lehre die Grundliiiien des durchihn zu bildenden Systems in Plato's schopferischem Geiste mit Deutlichkeit und Byfcjtimmlheit hervorgelretea und liaben durch die ihncn innewohnende Kraft sich allmahlig angemessener, naturgemjisser AVeise entwickelt. »
6. Ainsi dans un article publié par la Zeitschrlft fur die Allerthumswis-
Sur la question de la succession chronologique, Zeller a déployé une subtilité infinie à découvrir les rapports intrinsèques qui peuvent exister entre ies divers dialogues.
Pendant de longues années, on s'était habitué en x\llemagne à considérer l'exposé de la philosophie platonicienne dans le grand ouvrage de Zeller comme le plus exact et le plus fidèle, sinon le plus complet et le plus étendu que l'on put citer. Récemment un de ses compatriotes, Teichmiïller s'est inscrit en faux contre l'opinion générale ^ : tout en rendant hommage au savoir et à l'érudition de Zeller, il lui reproche d'avoir confondu le mythe poétique et la démonstration rationnelle, l'image et le sens caché qu'elle recouvre, et d'avoir ainsi laissé sciemment subsister des contradictions grossières dans le tableau qu'il trace du platonisme. Ce n'est point ici le lieu d'analyser et de discuter l'un après l'autre les arguments employés dans cette polémique d'ailleurs assez confuse -. Il semble au reste que sur plus d'un point Zeller soit en droit de rejeter sur Platon lui-même le blâme qu'on lui adresse: ainsi, quoique Teichmuller demande si à l'aide du vide, (les rapports mathématiques et des Idées on peut se vanter de donner une explication sérieuse du monde sensible
senschaft (18ol, p. 250), il admet l'authonticité du Lâches, du Lysls, môme du Petit Il/ppias, du Charmide et de VEuthi/p/won, et déclare inutile et superllue toute réfutation des athétèsus prononcées par Socher {Philosophie der Griechen. II, 1, p. 322, note 2).
1. Voir en particulier sa brochure i\\V\[\x\(iQ Plalonische Frage, eine Sendschrift an Zeller.
2. Qu'on en juge par une citation : « Wo es sich um philosophisclic Auffassung handelt, ist Zeller doch imr soweit beachtenswerth als noch bei iiini die von Hegel gewonnene Bildung nachklilngt... Zeller ist uiiberiihrt gel)lieben von der streugen Zuclit des Platunischon Denkens : wir kunnen bei ihm auch kaum oinc Ahnung von Plato's Geist und Philosophie gewinnen... Seine rationalisirende platonischo Doguiatik bat mit Plato's Begriffen ein Puppentheaterspiel aufgefiihrt... Zeller ist zu sehr in die mythologische Aufiassung Plato's hineingeratheii dass er in diesem dichten Buschwerk vor lauter Marchengestalten die klaren und einfachen Grundlinien der Platonischen Begriflo gar niciit mehr erkonnt und aile frein Aussicht verliert. Er stellt mit chronikenhafter Treuo die verschiedencn Ausspriichc Platon 's nebeneinander ohne uns in die DialcKtik einzufiihren, und reiht Bild und Sinn des Bildos, Orthodoxie und dialektische Erkenntniss unterschiedslos aneinander » {Lllcrarische Fehdui, ii^ 5).
LES CRITIQUES MODERNES
avec le mouvement et la vie qui y éclatent de toutes paris, on ne voit pas qu'il y ait une autre solution exposée ou môme annoncée dans le Timrc.
Si Brandis et Zeller inclinent en somme plutôt du coté de Schleiermachor, Hermann a trouvé des partisans convaincus dans la personne de Deuschle, Schwegler et Steinliart. Le premier, enlevé par une mort prématurée à la science qu'il honorait par ses travaux, voudrait que les événements extérieurs intervinssent dans l'étude du platonisme beaucoup moins comme base unique d'examen que comme moyen de contrôle. Contrairement à Cousin, c'est sur le fond et non sur la forme, sur l'ensendjle des théories exposées et non sur le degré d'habileté de cette exposition même qu'il s'ap[)uie pour retrouver l'ordre des dialogues K Le second distingue nettement dans la rie de Platon trois périodes : son éducation intellectuelle à l'école de Socrate, ses voyages, son enseignement à l'Académie ^ Le troisième ^ a eu le mérite de faire rentrer dans la discussion l'élément philosoplii([ue que Hermann en avait à peu près banni. Chargé de rédiger les Introductions aux divers dialogues traduits et publiés par C. Muller, il s'est acquitté de cette tâche avec un succès comparable à celui qu'avaient eu en France les Arguments de Cousin. Il s'agissait, nous dit-il ki-mème, de lutter efficacement contre les théories désolantes de Feuerbach qui gagnaient alors la jeunesse : aussi bien ces Introductions, fruit d'nno érudition ronsidérablo, mais portée plus légèrement que ce n'est le cas d'ordinaire en Allemagne, écrites d'ailleurs avec une chaleur comnnmicative dans un style plein d'éclat, sont-elles très propres à faire admirer et aimer le noble idéalisme de Platon.
1. Voir les Sem Jahvbïicher fiir Philoloç/ie iind Pœdagogik, vol. LXXXI, p. 576 et suiv.