LES DIALOGUES AUTHENTIQUES
Tout d'abord, hâtons nous de le proclamer, il y a un certain nombre de dialogues qui sont hors detoutdébat, [)uisque jamais dans la cause, si l'on nous permet cette nouvelle expression
CONCLUSIONS
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j!iridique, ils n'ont figuré au rôle, sinon en qualité de ti'moins parlant avec autorité et écoulés avec déférence. Leurs titres de possession, confirmés pour la plupart par le témoignage exprès d'Aristote, ont été solcnnelhmicnt et dt'finilivement reconnus depuis raiiti(iuit*' jusqu'à nos jours. \on seulement ces écrits contiennent la sul)stance et la moelle de la doctrine platonicienne, telle que nous la révèlent les appn'ciations et les commentaires des anciens : mais ils portent d'une façon indiscutable le caeliet du maître, élévation de la pensée, raison solide, imagination brillmite, grâces de l'expression, liberté d'esprit (pii se joue avec une souplesse merveilleuse à travers des problèmes encore dans toute leur fraîcheur. Aussi qu'il s'agisse de céh'brer les médites de l'écrivain ou d'exposer les vues préférées du philosophe, ils s'oifrent d'eux-mêmes à la mémoire : c'est à eux que l'on recourt comni!' d'iiîstinct,ce sont leurs textes (|ue l'on cite et leurs conclusions (jue l'on invoque. Pour suspecter la tradition unanime ([ui consacre leur origine, à })lus forte raison pour s'inscrire en faux contre cette tradition même, il n'existe absolument aucun motif : nous ne leur ferons [»as l'injure de prendre en main leur défense contre des objections supposées ou contre des adversaires imaginaires. Néanmoins, en raison niême tant de cette situation privih'giée que de leur extrême importance, on nous reprocherait à bon droit de ne pas nous y arrêter un instant, ne fut-ce ([u'afin de leur demander une définition authentique du platonisme, et des points de repère assez fixes, assez précis pour éclairer notre sulfiage et nous aider à discerner ensuite avec plus do sûreté dans le reste de l'héritage de Platon ce qui est vraiment platonicien et ce (]ui ne l'est pas.
Ces huit dialogues, restés en dehors et au-dessus de toute attaque au milieu des vives et audacieuses controverses qui se poursuivent sur ce terrain de[)uis un siècle, sont Asl Bépublifjuc et le Tiinre ', le Gorgias et le P/irdon, le Protagorax et le Théé- /é/e, le Phèdre Qi le Banquet.
1. Faut-il avouer qu'il s'est trouvé des érudits pour déclarer (jue Platou
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Quelle philosophie renferment-ils?
A cette question nous allons essayer de repondre, d'ahord en écartant expressément les opinions de tous les commentateurs pour ne nous attacher qu'aux textes mûmes du grand philosophe,ensuite en ramenant le platonisme à sa hase fondamentale, la théorie des Idées, sans en passer en revue les innombrables applications. Il ne sera donc question dans cette rapide analyse ni de la logique du Théélète, ni de la cosmologie du Timce, ni de l'esthétique du BanqueL ni de la politique de la République, ni de la morale de ce dernier dialogue et du (jorgias.
Comment Platon fut-il conduit à croire aux Idées? Rappelonsde en quelques mots. Kn enseignant le llux et le reflux incessants des êtres sensibles, II('raclite avait du mcme coup prouvé qu'il fallait chercher ailleurs pour la science un fondement solide. Gho^e romanfuahle, la même conclusion se dégage, quoique sous une forme un peu différente, de trois autres philosophies non moins caractéristiques de la Grèce du ve siècle. D'mocriîe, lui au>si, ne reconnaissait de caractère scientiO pie qu'aux atomes et au vide, conçus par la seule raison : dans l'école éléatique rien de [)Ius nettement aflinn.Mjue l'incertitude radicale de tout ce cpii tombe dans le domaine de l'opinion: enfin c'est au travail de l'esprit que Socrate déjà demandait les notions qui définissent l'essence des ehoses : mais chercher ces notions dans le fonds comnmu des discours
n'est pas l'auteur du T/mee? C'est notamment ce qu'a soutenu le célèbre pliilosopheSchellin-,ne sachant comment concilier avec le pur intellectualisme de la République ces doctrines toutes traditionnelles, cette part faite à la nécessite aveugle dans laconstitution de l'univers, ces métempsvcoses bizarres et ces théories anatomiques où les hypothèses s'enchaînent aux hvpothèsesvisiblement il n'avait réllôchi ni au tour d'esprit particulier d. Platon ni aux méprises inséparables d'une science encore au berceau. Il était réservé a un Français, longtemps professeur de philosophie à la Faculté des Lettres de Bordeaux, M. Ladevi-Roche, de développer magistralement cette thé^e singulière. Dans son ouvrage (déjà cité à la page 489 de notre premier v.>lume) : Le vrai et le faux Platon ou Le Timée démontré apocryphe, il s'appuie sur une opposition prétendue entre le Timée et les Lois pour exi-er que le premier de ces dialogues soit refusé à Platon. Est-il besoin de faire remarquer que le désaccord visé ne porte que sur un ou deux points seulement et a importance secondaire ?
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CONCLUSIONS
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et des actions des hommes, n'était-ce pas leur refuser implicitement toute réalité supérieure?
Partout au contraire Platon insiste sur la nécessité aljsolue, pour qui ne veut pas enlever à rintelligence toute sécurité ohj(x:tive,de constituer en qualité d'êtres à part des formes primitives, éterneiies, inimuahles, [)ures de tout mélange terrestre, formes que la pensée seule est appelée à connaitre. A ses yeux la vérité absolue a pour signes distinctifs la fixité et l'inaltérahiiité.
l.orsque dans le Phrdre il entrevoit (pour la première fois, dirait-on) les spl(3ndeurs de cette sphère idéale, lenthousiasme qu'il ressent ne le dissuade pas pour autant de s'intéresser aux choses d'Athènes et de la vie. Quand il écrit le Phiklon et la République, ce monde supi'ricur réi)louit et le captive au point de rabaisser tout le reste à n'être plus qu'une cavei neoii passent des ombres, où s'agitent des fantômes : l'àme n"a pas de plus grande noblesse que de s'arraehera la servitude ducoips pour vivre dans le commerce et la contemplation continuelle des Idées. \\V voici que plus tard dans le Timée le monde visible, les réalités sensibles retrouvent au regard du savant une valeur et un intérêt que le philosophe semblait leur avoir à jamais refusés.
L'œuvre par excellence de Platon a été de dégager ainsi et de séparer l'être du devenir, le mêmedu divers, ce qui est ])ermanent et identique de ce qui nait, grandit et meurt. Ainsi se trouve satisfait le besoin d'unité et d'absolu qui tourmente les plus hautes intelligences. Seulement tandis ({ue la science moderne rêve de lois immuables, la pensée platonicienne, moins positive, plus mystique, rêvait d'idées immortelles. De part et d'autre c'est la résolution de ne pas s'arrêter à ce qui passe, de s''élever au-dessus du Ilot mobile des phénomènes : mais les Idées platoniciennes ne sont pas un résultat de l'expérience qui les tirerait des choses par voie d'induction ou d'abstraction : elles sont à la lettre tombées du ciel dans lesprit humain, auquel, unes par essence, elles apparaissent multiples à la suite du nombre et de la variété des êtres qui y participent.
La liépublif/iie nous pn'seiite les Idées comme des créations de Dieu : le Phédoii. comme des causes ordonnatrices de Tunivers, à l'exemple du voOç d'Anaxagore; le Tlmf'c, comme des substances ayant part à l'éternité et à la periection divines. Partout nous sommes avertis de chercher en elles les causes exemplaires des êtres, sortis du chaos le jour où la divinité en Ht autant d'images des Idées. Le soleil qui illumine le monde intellectuel, c'est l'idée du Bien à laquelle toutes les autres Idée? doivent non seulement leur existence, mais leur vérité: aussi Platon élèvc-t-il cette Idée éminente même au-dessus del'idée d'être, pour en faire le point culminant de sa doctrine et r()l»jet de la plus noble des sciences.
Maintenant at-il admis de^ Idées non seulement pour les êtres naturels, mais encore pour les créations de l'art, bien plus, pour des notions de simple relation "! — a-t-il conçu ses Idées comme transcendantes ou immanentes? comme indépendantes de Dieu, 0:1 au contraire comme faisant partie de rintellii^^ence divine-/ — de (pi. die faroa s'expliquait-il la présence do l'Idée dans les choses/ — Les dialon^ues dont nous nous occupons en ce moment autorisent des réponses assez diverses à cq^ diil'érentes questions : un seul et même ouvrage, la Hrpuhl'Hiuc, reflète à travers ses dix livres plus d'une ébauche de solution.' La doctrine de Platon est une pensée vivante qui se traduit par des formules successives : nul n'a traité ses propres théories avec une plus étonnante liberté. Ac le blâmons pas trop sévèrement soft d'avoir m'-ligé certaines i.réocciq)alions toutes modernes, soit de n'avoir pas renc mtré du premior coup la mesure précise et la clarté parfaite, alors que le premier entre les Grecs il se jmsait dans toute leur com{)lexité des problèmes entre tous délicats et obscurs, dont les difHcultés ne lui ont pas écliap[)é. On a dit très justement, et ce ju,-ement suffit à son éloge, (paesi sur tel ou tel point ses conclusions sont hésitantesou imparfaitcs.il \\\i\x a pas moins triomphalement ouvert la voie où se sont engagés à sa suite les plus célèbres penseurs. Quant au langage qu'il a dû se créer, si les mots employés sont vagues, aucun d'eux ne mérite le reproche d'être vide.^
CONCLUSIONS
Platon a d'ailleurs ce privilège de se garder sagement de toute opinion extrême. (Juelque idéaliste qu'il soit, il hésite aussi bien adonner aux Idées tous les attriliuts de l'Etre absolu, qu'à dépouiller définitivement les choses sensibles de toute r("alité. il exalte la science, mais il fait à ce qu'il appelle c< 1 opinion droite )> une part de plus en plus considérable. Tandis qu'une sorte de lumière venue d'en haut éclaire tous ses raisonnements, c'est aux scènes variées de la vie terrestre et quotidienne que ses dialogues empruntent leur plus grand charme et leur parure habituelle. Il unit, chose rare, la rigueur du logicien, la finesse de rol)servateur et l'élan du poète.
\ oilà, en f[uelques mots, le portrait intellectuel du philosophe d'après ses monuments les [)lus irréfi'agables : s'il y a t('mérité manifeste à suspecter au milieu d'autres écrits ri'putés platoniciens les données qui le complètent ou le modifient, il paraîtra logique d'exclure ce qui visildenient le contredit.
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JL. Li:s DIALiKiUES INJUSTEMENT CONTESTE^
A Coté, quoique un peu au-dessous des oeuvres magistrales que nous venons d'énumérer prennent place imm('diatenicnt six dialogues d'étendue et d'importance fort inégales, attestés pour la plupart directement ou indirectement par Aristote, acceptés sans conteste comme authentiques par la grande majorité des éditeurs, et néanmoins refusés obstinément à Platon par Certains critiques, appuyés sur des arguments spécieux en apparence, insoutenables en réalité. C'est ({n'en effet, soit qu'on s'attache au fond, soit qu'on envisage la forme, l'empreintedu maître est ici encore aisément reconnaissable. Alors même qu'il serait possible de mettre ces ('crits à l'écart sans briser du même coup les lignes fondamentales du platonisme, et sans altérer la notion essentielle que nous devons nous former de l'ensemble du système, ce serait tout au moins, nous le verrons, s'interdire des complémentsprécieux et sur certains points, d'un
L'ŒUVRE DK PL \T0.\-
intérêtetd'uneimportanceégalemenlindiseutables.Sil'imprévu de telle ou telle conclusion cause de prime abord à rintorprète un embarras dont une étude plus approfou.lic lui permet d ailleurs de triom;,lier sans trop do peine, on ne saurait nier que la m.itbode, la façon babiluelle de penser et d'écrire soient platoniciennes, si bien que Tinspiration dominante de ebamno de ces compositions crée un H.mi manifeste entre elle et ceux desdialo-ues reconnus autlionliques dont selon toute apparence elle fut contemporaine. Nous voulons parler des Lois, du Phileùc, du Ménon.dn Crahjle, de VEia/n/dèmeel du Critias. Sans doute sauf pour les Lois, et en partie pour le Ménon, aucune citation .1 Aiislote ne constitue ici de témoignage décisif • néanmoins, nous n'bésitons pas à l'affirmer, et on pourra s'en convaincre par les pages qui vont suivre, ces six rlialogues ont été injustement et arbitrairement contestés à Platon.
Au moment d'aborder cotte longue suite de controverses qui constituent unep.rtie capitale et peut-être l'élément le plus ori-iniddu présent travail, uous devonsà nos lecteurs une sorlo de déclaration préalable, En effet, dans les discussions de ce genre, quelque parti que Ton embrasse, que l'on se range parmi les adversaires ou au contraiie parmi les défenseurs de l'autbentieité. la tbèse à établir ser.i une œuvre de patience, qui devra se dégager lentement (rui, vaste ensemble de rapproebcmont, et de comparaisons. Impossil,le dès lors de faire porter successivement l'attaque et la dé.fenso sur tous les points vulnérables ou controversés, de la première page du texte à la dernière, sans s'imposer une tàclic presque elfravante par ses seules proportions: pour la con.luirc lieureusement et complètement à terme, il ne faut rien moins qu'une série de mono-rapbies spéciales dont quelques-unes atteignent ou dépasseraient même sans peine les dimensions d'un ju>te volume.
Uans les cas les plus importants, ce qui est en jeu c'est l'enseignement même de Platon considéré tantôt dans son esprit constitutif, tantôt sous un aspect spécial, et parfois dans ce qu'il a de plus abstrait, de plus enveloppé, de moins aisé-
CONCLUSIONS
ment accessible : avec cette difficulté de plus, que dans chaque cas particulier la démonstration que l'on a en vue, pour s'adapter exactement au point en litige, doit être précisée, complétée, remaniée et pour tout dire, recommencée sur nouveaux frais. S'agit-il au contraire de quelque com})osition secondaire et de . ce que l'on appelle communément a Jes petits dialogues», il est rare que les principes mômes du système soient impliqués dans la discussion. La tactique change: il faut descendre de ces hauteurs :au\ discussions doctrinales se substituent des observations de détail en nombre presque inlini : autour de chaque développement, presque de chaque phrase et de chaque expression se livrent des escarmouches fuyantes et sans cesse renouvelées.
C'est ce qui explique comment et jmurquoi en Allemagne, sur cette terre classique des i)oléniiques érudiles toujours assurées d'attirer un public de curieux spectateurs, seuls ou presque seuls les écrivains (|ui à rexomple de Schleiermaclier, d'Ast, d'Hcrmaiiu et de Steiuhart se sont faits traducteurs ou éditeurs de Platon ont eu dans les Introductions ou les Commen- /«?;y'.s dont ils ont accom[)agné chaque dialogueroccasion de justilier avec quehpie précision leur sentiment favorable ou contraire à son authenticité. Après avoir constaté l'état de la question, au double point de vue des faits ac(iuis à la cause et des jugements portés par leurs devanciers, la plupart ou avec Uberweg s'abstiennent de prendre sur chaque point j)articulier des conclusions personnelles, ou avec Stein et Ilibbing se contentent de déposer leur vote sans considérants à Taj-pui.
Mais, quel que fut notre désir de ne reculer devant aucune des exigences du sujet, ne fùt-cc (jue pour nous assurer, s'il était possible, une part de nouveauté dans une matière déjà tant de fois explorée, il ne pouvait être question d'introduire ici mémo dans toute leur extension les vingt-cinq ou trente dissertations particulières iprexigeraient les nombreux dialogues platoniciens justement ou injustement contestés par la critique: pareille entreprise eut donné à notre travail des proportions absolumentimportunes.il fallait nous restreindre. D'autre
L'ŒUVRE DE i'I.ATON
part, comment écarter ou clader ce (lui < .t ]a raison d'être et robjct direct de ces deux vnlnmes, ce dont les pages qui précèdent ne sont (juc la préparation éloignée ou imnK'diato, je veux dire la discussion et ladi'lernjination des droits de chaque dialogno à rautlienticité ? Ce second parti était encore moins acceptable que le premier.
ileureuscment entre un r«'sumé trop bref r\ îrr.p succinct qui n'ofl'rirait guère que des conclusions au sens juridi(|ue et restreint de ce terme, et les monographies complètes, étendues, détaillées, que nous avons depuis longtemps résolu de consacrer aux divers écrits que l'antiquitf' nous a transmis sous le nom de Platon ', il y avait évidomnieiil uii milipu h garder. C'est le but qu'ont visé nos ellorts.
Ainsi dans les pages ([ni vont suivro (.n n«' trouvera ni uur analyse entière et minutieuse de chaque dialogue, ni une ('tude spéciale des personnages, de la mise en scène ou des incidents que traverse ia discussion, ni do- rapprochements savants entre les points de doctrine aflirniés et les théories analo-ues ou opposées d'autres philosophes. Aotre uni([ue ainhition estd'initier ^ur chaque point nos lecteurs à l'état actuel de la (piestinii, en marquant avec soin les arguments essentiels présentés de part et d'autre, ain^i ([ne la r.Tntation dont ils ont été ou dont ils peuvent être l'objet. Il faut qu un coup (Tuil rapide jeté sur cet ouvrage permette à chacun de se faire une idée suffisamment exacte delà controverse pour (pi'il puisse, à son tour, si les circonstances l'y amènent, prendre en pleine connaissance de cause position dans le débat.
Lc.b Lois
Les Lois^ cet OEdipe à Colone à\\\\ nouveau Sophocle, a ce
1. Parmi ces monographies, les unes ontd.'jà paru (on en trouvera l'indication au commencement du premier volume), les autres sont en préparation ou ont déjà fait l'objet d'articles de Revues ou de communications à l'Académie des sciences morales.
CONCLUSlOiNS
délicieux ouvra-e de la vieillesse de Platon, tranf[uille et doux comme une helle soirée^ », ont été de tout temps conMdérées comme un des monuments les plus importants du platonisme.
L'antiipiitétouientièreacruàhcir authenticité, historiquement établie d'ailleurs pir un ensemble imposant de témoignages-, au premier rang d.^squels se placent ceux d'Aristote ^^în''passagedcla Polifirjne ' conHrmG en outre ce qui S(^ dégage à première vue do la simple lecture, à savoir que la comp'osi'tion des Lois; est postérieure à celle de la Républirjue : anciens et moflernes sont d accord pour y voir une des dernières productions du grand i.hilosophe et même, s'il faut s'en rapporter h un récit conservé par Diogène Laërce et Suidas, à la mort de Platon l'œuvre n'était encore (pi-;i Tétat d'ébauche sur ses tablettes \ Ce serait un de ses |discipies, Philippe dOpunte, qui l'aurait publiée soit telle qu'elle était tombée entre ses mains, soit après l'avoir soumise à une sorte de révision préalable K