‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 25 sur 343 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

PLATON APRES LA MORT DE SOCRATE

L SÉJOUR A MÉGAIIK

Inutile de dérouler ici une fois de j)lus le tableau de la niort de Socrate, de cette fin si calme et si héroïque, tant de fois célébrée par r*'loquence des orateurs et des poètes comme parla main du peintre et du sculpteur. Mais qu'allait désormais devenir l'œuvre de cet ('tonnant initiateur? Cent ans auparavant, dans la Grande-Grèce, un soulèvement populaire avait di'truit en quel(iues jours l'association [)ytliagoricienne, jugée hostile aux asjurations de la démocratie; maître et disciples payèrent de la mort ou de l'exil l'éclat de leur gouvernement éphémère. Le {)rocès de Socrate avait-il déchaîné à Athènes une animositi' aussi passionnée'/ A-t-ileu pour cousé(|uence immédiate d'exposer à de semblables rigueurs ceux qui passaient [)our les légi* times dépositaires et héritiers de son enseignement ? Le j.hilosophe, ami de Sparte, était regardé comme peu sympathi(|ue aux institutions nationales: c'est au parti oligarchique qu'appartenaient en assez grand nombre ses amis et ses élèves \

1. Cf. Esthin-e, contre Timarqnc, 71, — Mémorables. I, 2, 3, — Elien, Hist. var., III, 17.

Mais ce que visaient ses ennemis, c'était sa personne plus encore que ses doctrines, et rien dès lors n'autorise à conclure qu'après avoir satisfait leur haine contre le maître les Athéniens aient tourné leur colère contre ses disciples.

Néanmoins il est naturel que les socratiques so soient tous sentis atteints par la sentence des Héliastes et qu'ils aient jugé prudent de s'éloigner au moins momentanément d'Athènes, il n'y a donc aucune raison ^décisive de contester la tradition qui nous les montre, au lendemain de la scène funèbre, quittant d'un commun accord une vilhî si ingrate envers la philosophie, une ville qui venait de condamner Iroidement à mort, comme impie, comme corrupteur de la jeunesse, le sage dont elle aurait du se montrer le j)lus fière.

Deux d'entre eux, Chjombrote et Aristippe, avaient pris les devants et s'étaient retirés à Egine ' : en attendant des temps moins orageux les autres, dit-on, cherchèrent un asile dans la cité voisine de Mégare, j)atrie de Terpsion et d'Euclide. si attaches l'un et l'autre à la personne de Socrate. Le motif allégué pour expliquer cet exotle gém'ral est sans doute inexact ^ et les textes historiques qui s'y rapportent sont peu concluants, car nous n'avons d'autre garant qu'llermodoie et il y a désaccord entre les deux citations que lui emprunte Diogène Laërcel Toutefois le fait en lui-même n'a rien d'invraisemblable.

Platon partagea-t-il cet exil volontaire ou forcé '? Tout le laisse supposer et l'on conçoit même très bien qu'eu cette cir-

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