‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 260 sur 343 · L'objection se nncontro déjà chez Atliéiit'e, V, 187 E · texte numérisé non relu

L'objection se nncontro déjà chez Atliéiit'e, V, 187 E

les objections qui viennent d'être résumées. Si le débat est conduit avec moins de logique que de finesse ^, si le résultat n'a pas toute la netteté désirable, c'est qu'il s'agit avant tout pour Platon de faire voir combien sont insuffisantes les notions dbnt se contentent autour de lui les esprits même les plus cultivés ^ Le Cliarmide serait ainsi, selon Cousin, une leçon de dialectique et de modestie, rien de plu^ : la subtilité qui s'y étale n'a rien d'étrange chez un Grec et un disciple de Socrate. Dans ce dialogue trop dédaigné des philosophes de profession, on découvrirait sans trop de peine la première ébauchi^ de [dus d'une démonstration importantedans ledouble domaine de la psychologie et de la morale : et si la form;% en dépit de ce qu'elle a de pifpiant et d'animé, n'est [)as exenqUe de méprises et d'imperfections, il sera toujours permis de conclure avec A. Saisset : « Est-ce à dire (jue le Channide ?>o\i indigne de Platon, ne soit pas de Platon •? Xullement. L'aigle ue plane pas toujours dans la nue: quelijuefois il se repose à la cime d'un rociier : quelquefois il descend dans la })laiue. Toutes les œuvres d'un maître ne sont pas née 'ssairement des œuvres mai^istrales, et je ne vois paspounpioi Platon un jour eu se jouant n'aurait pas écrit avec moins de force un dialogue de moindre \)V\\ '. »

Scliaars^dimidt fjui rejette l'authenticité du Charmide et Teichmidler (jui l'admet croient également que l'auteur a eu

1. Ast (et S/hiar.-^climidt après Inii lo qualifie sans ménagement d" « eri-tisches (ilesc!i\vr».tz. »

2. (. Oîi )iourr;iit dire que Plifon se propose ici moins do détruire des erreurs que de montrer comment on emploie fréquemment sur les points les plus ^'raves des mots d'un sens vague et équivoque, qu'on est dans l'impossibilité do déterminer avec précision : comment des opinions justes et des sentiments vrais sont renversés au moindre souflle, ipiand ils ne sont pas fondés sur dos principes scientifujucs » ((^haigne!).

3. Cf. Apolt (Hivli/irr Pliilnl. Wor/irnschrift, :\ avril 1800) : >, Das allmahlige Sanoneln dei- Mcrkmaltî des /ur Erortcrung gestellten BegrilTes, dns Ilervorkeîir.^n /maclist der melir ausserlichen, den Kern nicld trefTenden Seiten der S udir. die daran sich kniipfende, gleiclifalls etwas fiusserliche Widerlegioig, die scliliessiich erreichte Vollstandigkeit der Bestimmungen, (Uidlic'.i die so rerht er/iidierische, weil die Denkfaullieit liokampfcndo Zumutioig ai den Léser, sich das Ergebnis selb^t znsamm.en/uset/on, ailes «lies erinnert aii bekaiinte EigeDthiimlichkeitcn der Platonisclion Schriftsfellerei. »

l/'EUVUE 1»K PL \TON

SOUS les yeux certains passages des MnnoralAcs ^ où ce mrnfie jeune Athénien nous est présenté sous des traits en somme Fort honorables. Mais (hins l'hypothèse la \)\y\< l'avorafile à l<'ur opinion, cette assertio:i toute prohh"niati(iu<' ahoutirail à reculer jusqu'aux [iremières années du iv^ siècle un dialogue où qualités et (h'I'auts trahissent une œuvre de Jeu!îess(\ Récipro(piement, à lire plus d'un passage du discours Contre /es Sophistes, on pourrait ima^iuei' (prisocra'e s'est inspiré du i^Icinnide : le fait l'ùt-il certain, il serait d'autant moins décisif que dans ces divers passages le nuiu de Platon n'est nulle part prononcé, l.a même remarque s'a|q)]ique à un certain nombre de textes d\Vristote ({ue d'indiscutables ;inaiogies raj)proclient de ce (pron lit dans notre di(dogue -. il \' e>t (pieslion d'ailleurs de notions logi({ues assez élémentaires jiour ([ue deux })hilosoplies aient pu les concevoir sans [)eine diacun de son coté. Deux termes qui joueront plus tard un rôle capital dar^s le pyrrhonisme, T/.-'^i: ^ et 3-3/317 [ir.v/r) reviennent très Iréfpiemment dans le Charmidc: nous nous garderons d'en coiîcluie ([ue l'ouvrage est postérieur aux premiers sceptiipies '. bien [)lus précis ([ue Xénophon dans son vocabulaire logique, l'autinr ne connaît pas encore ce qu'on appelle couramment en Allemagne le « schématisme » d'Aristote : dès lors n'est-il i)as naturel de penser que c'est Platon ■'?

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