‹ La vie et l'uvre de Platon [microform]Chapitre 261 sur 343 · Livre III, cli. 0, W et clu · texte numérisé non relu

Livre III, cli. 0, W et clu

2. La similitude des expressions est surtout frappante en ce qui touche Ir relatif [Charmlde, 108 B-G et Catcgorles, 5), le sens moral [Charmkle, loO A-B et Analy ligues post. ch. 33 — Cf. KUiique à Nicomar/ue, X, 9 à la lin) et les ir.opix'. dont la discussion approfondie doit précéder toute démonstration positive {Channkle in<) A et M^tap/n/s. II, !, 'JÎJo^ i^i).

lî. Xéno[>hon ne connaît encore (pie les deux verl)es Txé'I/aaôa: et o-xotts-v.

4. Un écrivain contemporain, M. Troost, est allé jusqu'à attribuer le C/tartnide à un stoïcien du m" siècle.

5. (( Wir miissten. wenn wir bloss das Logischo zum Critérium nfUmien, dcn Cliarmides zwisclien Xenoplion und Aristotelcs set/en. Die i^'oisivollr, leicht spielende Art, wie aucli die loî^nsciien Elemente im Charmidcs zur Geltung gebracîit werden, lasst uns unwiUlviirlicli an Platon als Verfasser denken » (Olise).

Le Lysis

Ce petit dialogue a eu auprès des critiques moderries des fortunes très diverses. Schleiermacher en avait fait une sorte d'a])pendice naturel du Phèdre, thèse éminemment j-eu vraisiunblable, comme l'a montn' lleimann, à ce point (jue toiit récemment Kitter, ameu'- ])ar des considérations de linguisti- (jue à maintenir la priorité du Phèdre^ découvrit dans ce fait une obj(^ction grave contre l'authenticité du Lysis. Ast et Soclier déjà l'avaient condamné : pour le premier ce n'est (pi'uiie accumulation de soi)hismes puérils nés du double sens du mot oiAo:, appli [Ut' tour à tour aux pfu^sonnes et aux choses, et pris par consé({uent dans un sens tantôt actif et tantôt passif : pour le second, c'est un long délilé de contradictions sans but

et sans terme.

D'autres au contraire, comn.ie All)erti et Stein \ ont été tentés d'en exagérer le mérite et parce que la distinction entre le bien relatif et le bien absolu y est nettement aflirmée, parce (pie l'affiniti' intrinsèque et essentielle du l)ien avec notre àme y est expressément mise en lumière, ils ont soutenu (pie le dialogue n'avait pu être écrit que par Platon en pleine possession de sa théorie des Idées -.

D'autres enfin ont pensé que le sujet n'avait ici qu'une importance secondaire : donner un exemple de discussion philoso[)hi(pie, voilà le principal, sinon l'unifiue but de Platon. - Si cet essai dialecti(pie est encore un [mmi rude, écrit Cousin, il est d'autant plus curieux et plu< aisé d'('tudier l'artiiice fonda-

1. Au dire de cet érudit, le Lysis serait a ein walires Cabinetstûck plato • nischer Kunst und Philosophie ... die kiinsUerisch vor;i'efasste Anscliauunu' des wisseuschaftlichen Systems. »

2, « L'uuiour, qui est un soupir vers le bien, est à la fois le sentiment d'une lacune, de l'absence du bien que nous désirons, et en même temps le sentiment de sa présence puisque nous l'aimons déjà, doctrine que nous retrouvons développée dans le Banquet et les Lois » (Chaignet). Il est vrai qu'après avoir exposé celte th«'orie l'auteur du Lysis ne se gène nullement pour la mettre en doute.

I/ŒUVUE DI-: PLATON

mental de sa composition : c'est un combat, un combat à outrance, et lieu de plus. » En eiï'et comme dans le Charmidc Socrate termine rentretien par Taveu presque triomphant ^ qu'il n'a sur le suj-t aucune vue arrêtée.

Le stylo du Lijsis ivà du reste rien que de platonicien, en dépit des ell'orts de Schaarscbmi:lt pour railler certaines expressions ([u'il taxe « d'exagérations ridicules. »

Il est à remar([uer que Zeller, après avoir d'abord déclaré le dialogue apocryplie, est revenu plus tard de cette opinion : toutefois au jugtunent de plusieurs critiipies rantbenlicité du Lysis est plus douteuse que celle du Chrirmîdc l.es traités de morale (pac nous avons sous le nom d'Aristote et où la oO:rx iNjette à Tarrière plan l'^i: platonicien Cjuticnncnt sans doute plus d'une allusion directe ou indirecte aux théories ici développées : mais le dialogue lui-même n'est nommé nulle part, et ces coïncidences entre les deux aiit; urs pei;vcnt c!re le simple résultat de préoccupations communes, si même on ne s'en sert pas avec Schaarschmidt [)Our expliquer la tentation (jui a fait le faussaire.

L Euthypliron

VEuthyphron, « onirl mais excelle .t dialogue -, » n'a pas provoqué des jugements moins contradictoires. Ceux-ci ont trouvé parfaitement ridicule le caractère prêté à cet interlocuteur de Socrate, moitié |)oète, moitié tîjcologien : ceux-là ont admiré la peinture vivante de ce Tartufe païen assez aveugle sur les clioses morales pour faire violence à ses sentiments et devenir impie à force de piété. Les uns soupçonnent ici im écrit de circonstance, composé [»ar Platon au lendemain de Taccusation portée contre vSocrate, soit [)0 ir combattre un parti nombreux foncièrement hostile à son maître, soit [)our met-

'2. M. Janet.

CONCLUSIONS

tre au grand jour l'inanité d'attaques a{tpuyées sur une interprétation étroite et superlicielle des croyances populaires K Mais un plaidoyer aussi agressif, aussi éloigui' du calme suprême que respire toute VA/)o/of/ie, n'eiit-il pas infailliblement exaspi'ré les juges mêmes (bsnt il s'agissait de ramener les sullrages? Les autres, frappi's de voir combien certaines parties de YEuthijphroii rem[)ortent en hardiesse et même à quel- (jues ('gards en profondeur sur les idées courantes de Soi-rate -, ont reculé la rédaction de ce dialogue à une période ultérieure, le considérant comme u!ie protestation tardive de Platon contre des pn'jugés dont il n\avait pas mesuré d'abord tout Lo lieux. Faudra-t-il renoncer à cette opinion par luniipie considération de la différence, d'ailleurs manifeste, entre le ton ironi(pie et b'ger de V Eulhi/pltron et le ton tour à tour sévère et inditrné du (ioroi^is'! mais sans conipter que les grands écrivains aiment et excellent à varier leurs discours, est-ce (juc les circonstances rhangeantes où nous prenons la plume n'exercent pas une intlueijce (b'cisive sur le tour ipic nous donno !i s à nos idées ?

Les objections de Ast ont plus d'im[)ortance '\ 11 reproche à LautcMir de rejeter successivement toutes les définitions proposées de la pit't('. ([ui est cependant l'objet direct de l'entretien, et de n'offrir à ses lecteurs aucune grande vérité spéculative. Mais sans aller jusqu'à proclamer ce dialogue avec Cousin « le [)remier manifeste d'indépendance de la raison, la première discussion où le sentim<^nt moral ait osé se df'gager des

1. C'est ce (lui SLMuhle rosiiUir do ce 4iron lit à lii lia (15 L).

2. irest ainsi ([ne nous suiiunes en présence d'une théorie qui est hiun celle d'>s idées : 'i'v.civo aoro to îtoor. ^> xx-Z-x -.x oT'.a OTia Z77:V s-^r.T'Ja 70:0 T.ryj \i.'.x \lix -X 'i àvÔTia àvô'T'.a ûvx'.. v.x'. xx oTia un:x (<'» i^). U est vrai que l'opptjrfition établie entre oOcria et TzâOo; (11 A) et remploi des mois ôiaxp-J^r, (2 AV. Tiapaostvfxa (6 E) et OttÔOit'.: (11 C) ont incliné un érudit tri qu'Uberweg à so'up^.'onner un faussaire, comme l'avait fuit avant lui Schaarschmidt.

3. 0 Das selzt cinen starkon :\Iang;d sittlichen Tactes auch Ixd dem Verfasser voraus, dessen der Verfasser dos so erust und so ^v^trdig gehaltenen Phaido sich niemals schuldig nromacht lt;itl<". >» (Schaarschmidt. p. 303).

4. Je ne parle pas d'observations sans valeur, comme la conclusion tirée de cette simple pluase : o'i 'AOrvalo-. y.a/.o-:'!'. (2 A) laquelle démontre à elle seule, dit Ast, que l'auteur n'est pas Athénien.

L'ŒL; Vil !, Di: 1' LA TON

tlONC I. r S IONS

OO j

formes roli^neiise? qui le corrompaient, » n'est-ce pas le bien mal comprendre que de n'y pas lire cette conclusion voiii'e, mais certaine : la sainteté est éternelle, absolue, indi'pendantc de la volonté et des caprices des dieux ^ :' Si Ton y prend garde, pareille aHirmation ne va à rien moins qu'à la condamnation et à la ruine de la plus grande })arti(' de la mythologit^ païenne. Il ser.iil ih u'' dilnri!" d'en exag('rcr la jw^lée, drs (ju'on se replace dans le milieu où vécut Platon.

]\assons sui' les analogies qui ont ('té relevées eutro notre dialogue d'une part, et ]c Mcjiofi, la lU'publifjue et le Thrétètc de l'autre : aussi l)ieu elles ont été iuvo(|uées tantiU pour démontrer, tant<U jtour inlirmer son aii!li'"n{i('it('. Enfin '^i ;lii fond on passe à la forme, Y Kut/iijphron. (l('daign(' pai- A-l comme d'une exéculion essentiellemont inliabile. par Scbaarschmidt comme dépourvu de tout enchaineuKMit logiqms médiocrement appr('cié par Scblciermacber, loué assez timidement d'ailleurs [«a!' S'einliait et Susemihl, a méi-jté de la parî dautres critiqu('s des éloges sans réserve -. « Dans ce dialogue comme dans VEuthijdèmc, ('crit M. .]a,u('t,on {)i'ut voirdecharm ints pam[)lilels et pour ainsi dire (( les Petites Lettres » du [ihilosopbe athénien. »

Le premier Mcibinde

Parmi les dialogues au sujet desquels la criti pie moderne s"est montrée le plus bi'sitante, figure le Premier Alcihiadc qui cependant est loin d'être sans mi'rite. Si l'on n'en r(drve aucune mention avant le cataloij:ue de Thra-vlle, «ni revanche dans hi période suivante il est l'objet d'uno sortt> d'adnnralion. Albinus dans son K'Txycoy/-, le considère comuif le chemin le plus couri et w [)lus sur pour arriver à la connaissance de soi-

1. Platon a insistô à plusieurs re[.rises sur ceUe notion capitale : ain^i dans hi népuhlupir ( I I, ;ï7i, A) ot les Lois fX, 90o E).

1*. Citons le jugement (I'AiiimM : .. Dièses kunstreicii angelegl-:^ und durchgefiihrte lîesprucli. »

même et à la vertu qui en di'coule. Piench('rissant encore sur cet élo2:e. les n('0-r)latoniciens v trouvent les bases non seulement de leui- pr<»()re docirine, mais eneoiedc toute [diilosophie : Jaud)li(jue le place en tête des dix dialogues oii se concentrait selon lui la [>ure essence du platonisme : Proclus le commente, non sans prévenir ses ieeteurs qu'il a ('té devancé par lout«^ une lignée d'éminents interjirètes ; Olym[)iodore le compare aux Pro[)ylées qui donntuit accès aux tem[)les de l'Acrojiole. (.)n le voit, si les xVlexandrins faisaient autorité en ces matières, rien ne nKin(|ucrait, ou à peu près, à la renommée et au prèstiiT^e du Premier Alcibiade.

Au reste, que Platon, comme plusieurs des socratiques, ait été tenté de mettre vMi scène V' jeune ambitieux en (pii Fi^thènes des S(q)liistes avait trouvé sa «plus brillante incarnation, nul n'a le droit de s'en étonner. La rumeur pid)lique n'avart-elle pas exploiti' dans les sen^^ les plus divers la familiarité réelle ou supposée des relations de Socrate avec ce singulier disciple? Il est fait allusion à cette intimité dès les premières lignes du Prolayoras: et ([ue lit-on dau< le discours si curieux [)ar où s'achève le Banquet? « Socrate me force à avouer (^c'est Alcibiade qui parle) que malgré tout ce (jui me man([ue je n'ai qu'insouciance à l'égard de moi-n"iéme, alors que je m'occupe des affaires de la cité. » N'est-ce pas là. comme on l'a maintes fois insinu(', le résumé de notre dialogue '! ou serait-ce au contraire le programme quuii lecteur de Platon aurait plus tard développé à sa façon, avec un assez médiocre souci de l'exactitude historique ?

Socrate en ell'et commcn(H3 par ilatter son jeune interlocuteur dans ses projets ambitieux qu'il semble approuver, dans ses espérances qu'il feint de t)artager : puis soudain aux éloges succèdent leçons et reproches accei)tés par Alcibiade avec une docilité, une humilité (ju'on est surpris de lui voir attribuer par uncontem[)orain. Mais l'infidélité au moins apparente du tableau peut être excusée ou par rimmeur extrêmement mobile du présomptueux Athénien, ou par le secret dessein de mettre ainsi en pleine Unuière l'ascendant exercé' par Socrate sur les

L'ŒUVRE DE PI. VTON

nataresles plus rebelles. Lu outre, comment le maître peut-il blàincr si sévèremeiil de s'être jeté sans préparation dans la mêlée politique celui dont lidil à l'iieure il vantait la riciiesse, l'éducation Jes alliances puissantes et la haute position sociale? Un écrivain de marque eut certainement évité de semblables disparates.

Glierche-t-on maintenant àdéfinir l'objet propre du dialogue? Les avis sont très partagés, indice manifeste d'inexpérience <-u d'obscurité à mettre au compte de raulcur. Les uns y voient un écrit de circonstance, soit une apologie de Socratc sur qui xVthènes faisait retomber les étranglas et scandaleux écarts d'Alcibiade et sa conduite si hautaine à l'égard de sa patrie, soit un sa[)réme elTort tenté en vue de ramener au bien une âme aussi libéralement douée que foncièrement pervertie. Les autres estiment qu'il s'agissait avant tout de montrer à l'œuvre les procédés de Socrate dans la discussion phili)sophi<|uo, ou mieux encore de montrer en quoi consiste et comment s'obtient la connaissance de sui-m nie. Maintenant est-illégitime d'arguer (le cette incertitude pour rejeter rauthenticité du Premier Mcibhtdc? Pour cela il faudrait ne pas connaître le procéd<' ii.ibituei de Platon qui dans sa première période touf au moins paraît préférer se jouer i^i Pentour des questions phit.U que de ies traiter avec méthode et de les résoudre avec ri- STueur.

Il est d'ailleurs incontestable, selon la remar([ue très juste de M. Janet, que l'on renrontr^' <lans ce dialogue quehpies-unes des plus belles formules (jue le spiritualisn^.e ait inventées pour n.ettre e;i lumière la su[;erioriLé de notre nature morale: <( Lhomme qui se sert de son corps est autre chose ([uece corps au({uel il commande. — Xous ne saurions rien trouver en nous qui soit plus nous qu.^ notre àme. — Au lieu de s'arrêter à détinir des êtres particuliers, il faut aller à Pessence des choses; or, eu se riq)liant sur lui-même, l'homme découvre en soi un élément divin. — La seule chose nécessaire à la prospérité des Etats, c'est la vertu. >» Autant de pensées, dit-on, (fui trahissent une conc;^ption platonicienne, et les admirateurs anciens et

CONCLUSIONS

modernes du Premier Alcibiadc n'ont pas manqué d'v insister. On pourrait objecter qu'on ne rencontre ici ni la théorie des Idées ni celle de la réminiscence, toutes deux cependant si étroitement lii'es chez Platon à l'explication rationnelle delà science : m.ii^exigera-t-on d'un philosophe, même du plus illustre, que semblable aux personnages de la tragédie classi([ue il se montre tel dès l'abord qu'il sera à la fin, une fois en possession de toutes les parties de sa doctrine ? Une autre observation bien plus importante^ c'est que, la précision de la forme mise à paît, ces assertions si justement vantées font partie au fond de renseignement de Socrate, renvoyant, lui aussi, chacun de nous à sa propre pensée tt affirmant la communauté d'essence de Pâme humaine, distincte du corps dont elle est la maîtresse, avec l'intelligence et la nature divines. De plus, soit ([ue Platon ait le premier découvert ces formules, soit qu'il n'ait fai que les reproduire, comment un génie tel que le sien n'en aurait-il pas mesuré et la portée et les conséquences? et s'il l'a fait, pounpioi s'est-il borné à une indication aussi rapide, s'interdisant des (h'veloppements presque indispensables, en tout cas très naturels et surtout en parfaite harmonie avec le problème psychologi(pie en discussion ?

11 resterait à relever le manijuc ('vident de proportion entre les diverses parties du développement, car l'auteur après d'interminables détours n'arrive au point essentiel que pour l'effleurer en passant et se jeter tout aussitôt dans les conséquences pratiques : il resterait enfin à expliquer les d('tails très circonstanciés dans les(|uels entre ici Socrate à propos d'institutions exclusivement projires à la Perse et la mention expresse de Zoroastre. nom inconnu à Hérodote et à Thucydide. Ainsi, que l'on accepte ou (pie l'on rejette l'authenticité du Premier A Icibiade, les vraiseml)lances ne manqueront à l'appui ni de l'une ni de l'autre opinion.

L'Ion

La donnée fondamentale de ce dialomie se retrouve d'une

L'ŒUVRK DE PLATON

part dans le Phèdre où l'inspiration poétique est décrite en teimes si eiilhousiastes, de l'autre daus le Ménon ([ui fait remontera la ninnificence (iivine (Ocia aotca) les dons les plus précieux du caractère et «lu -<'-ni •. Platon n'a pas cessé de distinguer entre l'œuvre inconsciente du poète et l'œuvre réfléchie du philosopbe,cntre les élans de l'imagination d'où naît la séduction du premier et les vues fermes et suivies qui font la force ri a second.

Avant lui Socrate, au témoignage de Xénoplion, n'avait eu que dédai!i pour ces rapsodes qui s'en allaient parcourant la Grèce et réclamant orgueilleusement le monopole de l'éducation sociale. Ainsi, bien que la morale proprement dite n'apparaisse dans Vînn qu'à l'arrière-plan, alors qu'elle tient tant de place dans tous les autres dialogues appelés « socratiques », il serait injuste de prétendre avec Ast que le sujet était indigne d'attirer l'attention de Platon. « C'est une scène de la lutte entreprise parle philosophe contre tout savoir qui n'a que l'apparence, contre toute iniiiience et toute autorité qui n'est pas fondée sur la raison \ »

En revanche l'exécution est très imparfaite, le but mal défini ; le développement n'est exempt ni de confusion ni iVv(]mvoque. Quelques passages sont remarquables : telle la définition du poète. Il célèbre comparaison entre Taimant qiii communique sa vertu au fer et l'enthousiasme qui passe de la Muse au poète et du poète à ses plus lointains interprètes. Le reste est médiocre, comme écrit au hasard. Quant nu style, il est celui de Platon ou tout an moins d'un habile imitateur. Cousin nous paraît donc avoir assez heureusement résumé les perplexités de la critii[ue dans les lignes suivantes : « Si l'on met à put une page brillante, il n'y a pas un passage qui rappelle la manière de Platon : peu de variété et d'abondance dans les idées : des citations longues et accumulées : un ton presque dogmatique substitué quelquefois à la modestie habituelle de Socrate : enfin l'absence de toute dialecti([ue, voilà bien des

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